Cycle 2021-2021 : Introduction

Les origines juives du christianisme

Rapports entre christianisme et judaïsme dans les premiers siècles et jusqu’à nos jours

Jésus est né juif, et mort juif, ayant vécu quelque trente années en Israël, pense-t-on, car seules les trois dernières années de sa vie sont évoquées par les écrits bibliques. Bien sûr, sa naissance et les événements de son enfance sont abordés par deux des évangiles, mais beaucoup s’accordent à les considérer comme des compositions théologiques et non des narrations de faits historiques. Le christianisme n’est pas né du vivant de Jésus. Bien après la mort de Jésus, il s’est démarqué, non sans difficulté, du judaïsme, durant les deux premiers siècles. Ce judaïsme lui-même n’était pas monolithique et se présentait sous forme de courants divers. Et le christianisme ne se construisit pas de manière uniforme, homogène. D’autre part, le judaïsme et le christianisme des deux premiers siècles ont vécu dans un contexte culturel et politique d’occupation romaine, faisant suite à trois siècles d'imprégnation culturelle grecque.

Pierluigi Piovanelli, le samedi 20 novembre 2021, abordera les rapports entre juifs et chrétiens dans les premiers siècles de notre ère.

Le christianisme fut donc une religion en quête d’identité s’affranchissant du judaïsme. Jésus, pas plus que l’un de ceux qui le suivaient n’ont fondé le christianisme. Issu d’une secte du judaïsme, le christianisme au cœur des événements de l’histoire des premiers siècles s’est transformé jusqu’à devenir religion instituée. Cette lente construction conduisit-elle à une chrétienté plurielle selon les diverses situations locales ? Pierluigi Piovanelli abordera cette question le samedi 11 décembre 2021.

Jésus était juif et semblait connaître - donc avoir peut-être étudié - les rouleaux des textes de la loi, des prophètes et des écrits de sagesse de la Tora. Mais ses disciples, à mesure que le christianisme naissant se détachait du judaïsme, eurent à cœur d’écrire son histoire. Quels textes garder alors parmi la multitude des écrits communs ? Quelle place faire à la Tora ? Les canons des écrits tant juifs que chrétiens se sont formés sur plusieurs siècles, s’interpellant l’un l’autre. Anna Van Den Kerchove, le samedi 8 janvier 2022, nous montrera que, là encore, ce fut bien difficile et long.

Au moment de l’émergence du premier christianisme, le judaïsme est pluriel. Grâce à Flavius Josèphe et d’autres sources, dont le Nouveau Testament, nous connaissons l’existence des Pharisiens, Sadducéens, Esséniens, Hérodiens, Zélotes, etc. La quatrième conférence fera le point sur ces différents courants, leur idéologie, leurs pratiques, leurs conflits et les rapports qu’a pu entretenir le christianisme naissant avec chacun d’eux. Katell Berthelot, le samedi 22 janvier 2022, présentera les différents courants du judaïsme, leur développement, leurs conflits et leur place dans le judaïsme et le christianisme des premiers siècles.

Que serait le christianisme sans la vie et l’œuvre de Paul ? Comment situer Paul dans le judaïsme de son temps. Était-il un missionnaire, désirant prêcher Christ au monde entier ? Était-il simplement attaché à transmettre le message de Christ aux populations juives de la diaspora ? Roselyne Dupont-Roc, le samedi 12 mars 2022, nous aidera à comprendre qui était Paul et la vision qu'il avait de sa mission.

De ces premiers siècles à maintenant, bien des évolutions, ruptures (orthodoxie), surgissements (mouvements issus de la Réforme) se produisirent dans le christianisme, mais aussi dans le judaïsme. Les relations entre judaïsme et christianisme furent longtemps tendues, souvent violentes, mais maintenant plus apaisées. Pour achever ce cycle, le samedi 26 mars 2022, Jeanne Chaillet reviendra sur ces relations. Elle nous ouvrira aux possibles espérances quant à un travail partagé, grâce et autour des écrits bibliques.