Ah qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble !


Après avoir voyagé pendant un an dans les textes bibliques pour y rencontrer différents témoins de la foi, nous allons cheminer cette année avec un autre thème : celui de la fraternité.

« Ah qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble » chantaient les pèlerins qui montaient vers Jérusalem (Psaume 133). Ah qu’il est doux de grandir entourés de frères, de soeurs : que de joies, de rires, de larmes, de jeux, de confidences et de tendresse sont ainsi partagés ! Pourtant, vivre ensemble, frères et soeurs d’une même famille ou frères et soeurs dans la foi, ce n’est pas toujours simple. La Bible se fait largement écho de ces difficultés, décrivant avec justesse ce que nous expérimentons tous : la jalousie, la colère, les différences qui peuvent être causes de différents, l’incapacité à se comprendre mutuellement. Pensons par exemple aux histoires de Cain et Abel, de Jacob et Esaü, de Joseph et de ses frères ou encore de Marthe et Marie. Mais à travers ces histoires de fratrie, la Bible nous raconte aussi le pardon toujours possible, la réconciliation à laquelle Dieu nous convie et vers laquelle il nous conduit, la solidarité qui se tisse entre êtres humains.

Etre frères et soeurs, c’est vivre ensemble alors même qu’on ne s’est pas choisi. C’est se recevoir, s’accueillir mutuellement, se faire de la place au sein d’une même famille. C’est faire l’expérience que  nous sommes liés malgré tout ce qui peut parfois nous séparer. C’est partager une même histoire, et pourtant rester unique. C’est pouvoir tout se dire avec confiance, mais accepter de ne pas toujours comprendre l’autre et de ne pas toujours être compris. Etre enfants de Dieu, c’est aussi se reconnaître frères et soeurs. C’est affirmer que nous avons tous la même source et que de ce fait nous sommes aussi liés les uns aux autres. Pas seulement entre chrétiens ou entre membres d’une même communauté. La fraternité vécue par les enfants de Dieu est d’un autre ordre : elle fait de tous les humains nos frères et nos soeurs, ceux que nous connaissons comme ceux que nous ne connaissons pas, ce que nous aimons comme ceux que nous ignorons. C’est en cela qu’elle diffère d’autres formes de fraternité parfois revendiquées : elle ne peut pas servir à exclure, à distinguer le « dedans » du « dehors ». 

C’est vers toutes ces réflexions, et sans doute vers beaucoup d’autres encore, que nous conduira cette année. La thématique de la fraternité sera déclinée, comme l’an passé, dans différents lieux de vie de notre Eglise : lors des cultes pour tous, en catéchèse ou à l’occasion des déjeunes bibliques. Ensemble, nous essayerons de découvrir ce qui fait de l’autre un frère ou une soeur, de vivre cette fraternité les uns avec les autres !

Marion Heyl, pasteur.