Funérailles républicaines et laïques


Une nouvelle loi permettant d’organiser dans les mairies des funérailles républicaines et laïques, doit être discutée devant le sénat.

En effet, si depuis la fin du XIXè siècle, il est reconnu en France le droit de ne pas organiser les obsèques dans des lieux destinés aux cultes religieux, il n’est pas pour
autant proposé de lieux symboliques où il puisse être pratiqué un rituel. Or, les rites sont destinés à maîtriser collectivement les situations où apparaissent le chagrin et l’angoisse ; ils doivent permettre de réassurer le groupe face à l’incertitude. Même laïques, les rituels portent une charge symbolique en ce qu’ils relient autour d’un lieu collectivement reconnu, comme une mairie, la garantie de la reconnaissance sociale de la vie et de la mort des disparus. Ils relient et retissent les liens et rappellent la vie collective à ceux qui voient leur existence bouleversée par la perte d’un être cher.

On peut aussi être croyant et, pour autant, ne pas se reconnaître dans une religion et, pour ceux-là, aucun lieu n’est prévu, sauf à se retrouver dans une salle
privée, sans la moindre charge symbolique, avec des employés des pompes funèbres pour officier ; ce qui renforce la charge émotionnelle face à la solitude devant la mort. Si l’on ne peut discuter la qualité des prestations de ces professionnels rigoureux, on peut regretter que la République, qui sait symboliser les naissances et les unions, ne sache pas donner à ses morts la décence d’une cérémonie funèbre digne de ce nom. La dignité n’est pas seulement une capacité à respecter chacun en ce qu’il est, quel que soit son état, elle est aussi garante d’une forme aboutie de civilisation qui considère chacun comme faisant partie d’un tout, qu’il soit religieux ou laïque.

Eugénie PORET