Le salut n'est pas à vendre

 

Le fil conducteur de ce numéro est un écho au thème du dernier week-end vécu dans notre paroisse dans le cadre des 500 ans de la Réforme de Luther : « Le Salut n’est pas à vendre ».

Spontanément, cette expression peut à la fois choquer et rebuter : 

. Choquer parce qu’elle met en parallèle deux notions dont la cohabitation est impensable : le Salut (sous-entendu gratuit) et le mercantilisme souvent, hélas, moteur de notre société ;


· Rebuter car pour définir le Salut pour l’homme d’aujourd’hui, les mots
manquent parfois ; mais n’en est-il pas ainsi du domaine de la foi !

Paul écrit : C’est sans crainte que j’annonce la Bonne Nouvelle : elle est en effet la force dont Dieu se sert pour sauver tous ceux qui croient, les Juifs d’abord, mais aussi les non-Juifs. En effet, la Bonne Nouvelle révèle comment Dieu rend les humains justes devant lui : c’est par la foi seule, du commencement à la fin, comme l’affirme l’Ecriture : « Celui qui est juste par la foi, vivra. » (RM 1, 16-17).

Cette Bonne Nouvelle, c’est tout le sens de la vie du Christ : Dieu veut le Salut de tous les hommes. C’est pourquoi il a envoyé son Fils comme Sauveur du monde ; alors se sont manifestés la grâce et l’amour de Dieu. Et c’est d’abord par des actes significatifs que Jésus se révèle comme sauveur. Il sauve les malades en les guérissant ; il sauve Pierre et les disciples pris dans la tempête. A chaque fois, l’essentiel est de croire en lui. Quant à Jésus, le Salut est le but de sa vie : il est ici-bas pour sauver le monde et non le condamner (JN 3, 17). Il est la Porte : qui entre par Lui, sera sauvé (JN 10,9).

La période estivale commence et pour beaucoup, il s’agit d’une « pause », un temps où il est possible de rompre avec le quotidien, la routine, pour poser son regard vers un ailleurs : autres lieux, autres visages, autres activités. Même la paroisse se met au diapason : pas de catéchisme, pas d’étude biblique, moins de permanences et j’en passe.
500 ans après l’affichage des thèses de Luther, pourquoi ne pas profiter de ce temps pour tourner nos yeux vers cette Porte qu’est le Christ et scruter notre place dans ce monde pour prendre ou reprendre ce chemin qui nous est offert. Le Salut est don de Dieu. Il s’agit bien là de don, d’Amour avec un « A » majuscule, cette force capable de déplacer les certitudes ou les doutes pour détruire peurs et obstacles et construire, avec l’autre, notre voisin, notre frère, un monde de joie et de paix.

Pour prendre la route, je vous propose ces quelques mots de Sylvie Reff-Stern : « A quoi bon croire que la foi se laisse conquérir alors que nous ne pouvons que nous laisser saisir comme on aime comme on marche comme on respire, qu’il suffit de s’ouvrir pour ne plus craindre … »

Bon été à tous.

Fabienne Barranger, prédicatrice laïque.