Prier ensemble le Notre-Père

 

Le synode national de notre Église, réuni à Nancy pendant le week-end de l'Ascension, a été saisi de la question de la traduction liturgique du Notre Père. Cette question se pose suite à la décision prise par les épiscopats catholiques francophones d'une modification de cette traduction qui devrait entrer en vigueur lors du premier dimanche de l'Avent.


En effet, beaucoup ont été surpris d'apprendre, il y a quelques mois, que l’Église catholique allait modifier la formulation de la 6ème demande du Notre-Père : « ne nous soumets pas à la tentation » deviendra « ne nous laisse pas entrer en tentation ».


La formulation dont nous avons l'habitude date de 1966, date à laquelle les Églises chrétiennes francophones avaient adopté une traduction commune, permettant ainsi aux chrétiens de confessions différentes de dire ensemble, dans les mêmes termes, la prière du Christ.


Pourtant, dès son adoption, cette traduction a fait débat : Dieu est-il celui qui nous tente ou celui qui peut nous préserver de la tentation ? Quelle est l'image de Dieu que nous véhiculons à travers notre manière de prier ?


C'est suite à ces débats que les épiscopats catholiques francophones ont décidé de retravailler la traduction du Notre Père, et de concerter à cette fin les autres Églises francophones. La Fédération Protestante de France, dont est membre notre Eglise, avait déjà répondu favorablement à la demande des catholiques.


Dans leur rapport et lors des échanges en synode, Agnès Von Kirchbach et Christian Grappe, rapporteurs sur ce thème, ont bien souligné la complexité de toute entreprise de traduction, et particulièrement de cette phrase du Notre Père pour laquelle il n'y a pas d'équivalent clair en français du verbe grec utilisé. Ainsi, le synode « considère qu'il est impossible de décider d'une traduction univoque concernant certaines expressions de la prière du Notre Père ».


Si la discussion en synode a aussi porté sur ces choix de traduction et sur la conception de Dieu qu'ils véhiculent, il a surtout semblé important de tenir compte de la dimension communautaire de cette prière. Le souhait de pouvoir continuer à prier ensemble le Notre-Père, avec les mêmes mots, en famille et dans nos communautés, a été plusieurs fois exprimé.


Sa réflexion a amené le synode national à recommander « aux paroisses et Églises locales d'utiliser pour la 6ème demande, la version « ne nous laisse pas entrer en tentation » retenue pour les Églises catholiques francophones », tout en encourageant « l'ensemble de notre Église à approfondir sa compréhension du Notre-Père ».

 

Vous trouverez ici la décision votée en synode, une interview des rapporteurs et le numéro de Ressources consacré au Notre Père.