Rien de nouveau sous le soleil !

 

Il est habituel, au seuil d’une nouvelle année de penser que tout va changer, que « rien ne sera plus comme avant ». En 2017 notre environnement politique changera : les Français auront sans doute au mois de mai un nouveau Président… qui sera peut-être…une Présidente. Parmi les pays qui nous sont les plus proches, l’Allemagne élira elle aussi en février un nouveau Président (fonction actuellement occupée par le pasteur Joachim Glauk) puis les élections législatives auront lieu en août et en octobre, pouvant aboutir au départ de Mme Merkel (elle-même fille de pasteur), accusée d’avoir été « trop accueillante » aux étrangers. L’Angleterre quittera l’Union Européenne, en principe à partir de mars. Un choix motivé en grande partie par le rejet des étrangers et des réfugiés qui affluent sur son sol. Toutes les démocraties européennes en effet, que ce soit celles de l’Ouest ou celle de l’Est sont soumises au vent de la contestation : la remise en cause des systèmes de gouvernement démocratique, des alliances supranationales, le rejet de tout ce qui est étranger, la xénophobie, le nationalisme… Aux États-Unis, les Américains ont choisi comme Président un homme qui proclame son intention (mais le fera-t-il ?) de fermer les frontières, de renvoyer « chez eux » 2 à 3 millions de « Latinos », de soutenir le lobby des armes, de dénoncer les accords climatiques, de casser la protection sociale mise en place laborieusement par son prédécesseur. Ils ont ainsi montré qu’ils entendaient mettre un terme à l’ère « vertueuse » de la présidence Obama, dont ils estiment qu’elle n’a pas tenu les espérances qu’elle avait fait naître. C’était ainsi que M. Trump, élu grâce, entre autres, au soutien des églises évangéliques américaines, issues comme nous de la Réforme, prêtera serment sur la Bible au mois de janvier prochain.

Des changements radicaux ? Peut-être, mais… dans la continuité : certains s’en réjouiront, d’autres les jugeront incompatibles avec l’idéal de fraternité et d’amour qui est censé caractériser notre civilisation « chrétienne ». Faut-il être raisonnablement et uniquement pessimiste ?

2017 verra peut-être un début de paix (ne parlons pas de réconciliation) en Syrie ou en Irak. Prions pour que ce soit le cas : le pire n’est pas toujours certain. Les Eglises, les hommes et les femmes de bonne volonté continueront de lutter pour défendre « nos » valeurs. Partout en France comme dans le monde de petits gestes, accomplis parfois dans la plus grande discrétion, continueront de témoigner de la volonté de certains de ne pas abdiquer face aux forces du mal. En 2017 les Havrais fêteront les 500 ans de leur ville. En 2017 les Protestants Unis de France fêteront le 500ème anniversaire de la Réforme, et adopteront, on peut l’espérer, une Déclaration de Foi lors de leur synode national. Cette « Déclaration de Foi de Lille » , sera l’un des éléments que les protestants de France apporteront aux débats théologiques, philosophiques, sociaux, culturels, et, en fin de comptes, politiques, qui agitent tellement notre société.

En 2017, tout va changer… mais rien ne sera vraiment différent.
2017 sera, comme toutes les années passées, et toutes les années à venir, pleine de dangers et, peut-être, riche d’un peu d’espoir. Rien de nouveau sous le soleil

Jacques Beurier