Le culte et la Sainte Cène expliqué

 

En janvier 2020, la communauté protestante était invitée à participer à une célébration orthodoxe expliquée et à une messe catholique « messe pour les curieux ». Voici à notre tour l’invitation à un culte expliqué qui s’est déroulé le premier mars 2020 au temple de Marly-le-Roi.

Auteurs des textes:

introduction liturgique 1, 3, 5 : Philippe Westercamp

introduction liturgique 2, 4, 6 :  Franck Dremaux

prédication : Christina Weinhold

 

* Cloche  * Musique  *  Recueillement

 

Introduction Liturgie 1: Proclamation de la grâce et louange

Quelques mots donc sur ce 1er temps liturgique par lequel nous commençons le culte : nous entendons la proclamation de la grâce et répondons par la louange.

En effet, l’Esprit du Seigneur nous a invités à venir au temple et nous sommes là. Comme nous le savons c’est toujours Dieu qui fait le 1er pas vers nous ; et nous avons saisi son invitation.

Nous sommes là, arrivant « des 4 coins de l’horizon » comme dit un de nos cantiques, pour écouter et la 1ère parole que nous entendons est une affirmation que la grâce de Dieu nous est donnée. Notre réaction est alors de dire « Merci » et de le dire tous ensemble en chantant notre reconnaissance.

Suit alors un temps de prière pour louer Dieu pour cet accueil qu’il nous a réservé, quels que soient nos problèmes, notre état d’esprit, nos soucis, nos difficultés ou nos joies à notre arrivée au temple. C’est  une prière qui nous donne l’occasion de réaliser que Dieu est au centre de notre vie. C’est pour lui que nous sommes là.

Alors, tous  ensembles à nouveau, nous pouvons le louer par un chant qui rassemble tous ceux qui ont répondu à son invitation et nous dispose à une écoute attentive de la suite.

Pour terminer je rappelle que la Déclaration commune à l'Église catholique et à deux fédérations d'églises protestantes sur la justification par la grâce, au moyen de la foi énonce une position commune : « Nous confessons ensemble que la personne humaine est, pour son salut, entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu. »

Il nous semble donc tout à fait normal de commencer nos cultes de cette manière.                                                                               

                                                                                           

Proclamation de la Grâce (debout)

Eph 1, 2 Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ!

C’est ainsi que l’apôtre Paul commence sa lettre aux éphesiens.

Pour nous aussi c’est vrai:

Avant que nous n’ayons commencé à chercher DIEU,

il était déjà près de nous.

Avant que nous ne connaissions son nom,

Il nous a appelé par nos noms.

Et voici que le Seigneur est présent parmi nous,
Le Seigneur nous rassemble,
Le Seigneur nous unit.

Que son amour nous habite,
Que sa présence nous éclaire,
Que sa parole nous fortifie.

Que nos cœurs s’ouvrent à ce mystère qui nous enveloppe:

Il nous as aimé le premier et avec lui nous pouvons être en paix.

 

Chantons notre reconnaissance:

Spontané :  46/08, 1.3.  Toi qui gardes le silence

1. Toi qui gardes le silence

Tout le jour ô Seigneur

Nous crions à la violence

Ne vois-tu pas nos souffrances ?

Es-tu mort, ô Seigneur ?

Es-tu mort, ô Seigneur ?

 

3. Elle est force ta faiblesse

Sur la croix, ô Seigneur !

Par tes liens tu nous délivres,

Par ta mort, tu nous fais vivre.

Tu es grand, ô Seigneur !

Tu es grand, ô Seigneur !

 

Louange (débout)

Seigneur, nous te louons et nous te disons notre reconnaissance :

Pour la douceur de ton amour et pour la force de ton amour.

Nous te remercions:

Pour ta fidélité à tes promesses,

pour ton alliance avec le peuple d'Israël,

Pour la venue de Jésus parmi nous,

pour son règne secret sur nos cœurs,

pour ta fidélité envers ton Eglise,

et la promesse du Royaume à venir.

Pour notre présence ici, tous ensemble avec Toi,

dans la diversité de ce que nous sommes,

pour cet honneur que tu nous fais de nous appeler tes enfants,

pour cette joie que tu nous donnes,   béni sois-tu!  Amen.

 

chant indiqué: 21 / 19, 1.2.3.  Seigneur, nous arrivons (page 252)

 

Introduction Liturgie 2: volonté de Dieu, prière de repentance, déclaration du pardon            

Ainsi la Volonté de Dieu est l’énoncé ou un rappel de la Loi donnée aux hommes par Dieu et ce depuis l’histoire du peuple hébreu. C’est en quelque sorte l’indication du chemin à suivre. C’est ce qui fait sens et ce qui fait lien au sein de la communauté.

Toute la question est dans l’interprétation que chacun fera de la Loi ainsi énoncée  mais en principe elle doit être claire.

Il faut d’abord préciser que dans la liturgie protestante il n’y a pas d’ordre sacramentel ou gravé dans le marbre.

Selon les sensibilités, l’ordre pourrait être inversé et la déclaration de pardon placée en premier : il peut être plus facile d’entendre la Loi (Volonté de Dieu)  et d’admettre les insuffisances  de la condition humaine lorsqu’on se sait pardonné quoiqu’il advienne.

Quand la volonté de Dieu est placée en dernier elle devient une conséquence du pardon et quand elle est placée en premier (comme ici à Marly) elle conduit à la repentance.

La repentance  n’est pas une confession des péchés mais du péché : laquelle  n’a pas  d’intérêt pour Dieu à qui on s’adresse,

Nous faisons face à nos limites dans notre capacité à suivre la volonté de Dieu.

La repentance  est surtout un engagement au changement, conversion.  Si il n’y a pas volonté de changement il ne reste que de bonnes intentions sans suite.

C’est un des point cruciaux de la réforme,  LUTHER dénonçant les abus relatifs au sacrement de pénitence. Puisque la grâce nous précède et que le pardon n’appartient qu’à Dieu nous n’avons pas besoin d’accumuler les bonnes œuvres  ni d’essayer de réparer nos fautes.

Ainsi, la repentance ou conversion est ouverture vers l’autre (plutôt que repli sur soi) car la relation à Dieu passe par le relation à l’autre. Dieu nous veut debout et en  action plutôt que à genou et suppliant.

Cela nous conduit donc à envisager le Pardon non  comme une sorte d’amnistie ponctuelle et plus ou moins durable (puisque rappelé à chaque culte) mais comme une re-création,  une transformation de l’existence. C’est Dieu qui rétablit le lien, la crise est dépassée. Par cet acte gratuit Dieu nous délivre du poids du passé et de l’angoisse du futur en libérant de toute dette.

 

Volonté de Dieu

Actes 2:42  Ils persévéraient dans l'enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières.

Prière de Repentance

Si nos voix ont chanté tes louanges

mais que la joie est restée absente de nos cœurs ;

Si nous n’avons prié que pour ce qui est possible et espéré que pour ce qui était visible ;

Seigneur, aie pitié de nous

 

Si nous avons négligé l’enseignement et que nous étions convaincus de tout savoir,

Si nos rassemblements manquaient de fraternité,

et que le pain, nous l’avons mangé chacun pour soi,

Seigneur, aie pitié de nous

 

Si nous avons pris ta grâce comme allant de soi et estimé que nos demandes instantes devaient être suivies de réponses immédiates ;

S’il nous arrive de croire que nous sommes seuls à compter sur toi

sans jamais considérer combien Toi, Seigneur, tu comptes sur nous ;

    Seigneur, aie pitié de nous. Amen

 

Spontané :  43 / 05 Je veux répondre ô Dieu

  1. Je veux répondre, ô Dieu ! C’est ta voix qui m’appelle ; Je veux t’appartenir et te donner mon cœur ;  Mais tu sais mon péché, je t’en prie, Dieu fidèle,
    Prends donc pitié de moi, viens m’affermir, Seigneur !

3. C’est toi seul, ô mon Dieu, qui peux dans ta sagesse m’apprendre à te servir, à dominer mon cœur ;
Sans toi, je ne suis rien, je n’ai que ma faiblesse ; Viens me donner ta force, à moi qui suis pécheur !

 

Déclaration du Pardon

Ne crains rien, car je te rachète,  je t'appelle par ton nom: tu es à moi,

car je suis l'Éternel ton Dieu, ton Sauveur.   Parce que tu as du prix à mes yeux  et que je t’aime, ne crains rien, car je suis avec toi.  (Es 43, 1-4)

 

Spontané: 42 A, 9 

Mais pourquoi pleurer, mon âme  Et frémir d’un tel effroi

Quand celui que tu réclames Est toujours auprès de toi ?

Tourne-toi vers ton Sauveur Il apaisera ton cœur

Et tes chants loueront encore  Le Seigneur que tu adores.

 

Introduction Liturgie 3:  Confession de foi et offrande pour l’Eglise

Assurés de la grâce de Dieu et de son pardon, c’est le moment d’affirmer notre foi en communion avec tous les chrétiens d’hier et d’aujourd’hui.  Bien sûr, nous aurions pu dire ensemble le « Credo » ou symbole des Apôtres puisqu’il est commun à nos Eglises, et nous le disons quelquefois au culte. Toutefois nous avons l’habitude ici à Marly de dire notre foi sous des formes différentes pratiquement tous les dimanches : ceci correspond au fait que nous ne souhaitons imposer aucun rituel et que certaines formulations correspondent mieux que d’autres à la diversité de nos sensibilités protestantes.  Comme nous avons souhaité vous faire participer à un culte « normal », vous verrez bien par vous-mêmes si vous vous sentez en phase avec celle que Christina a choisie pour aujourd’hui.

L’assemblée confirme ensuite sa foi d’abord par un chant, puis par l’offrande pour que l’Eglise puisse continuer à vivre, matériellement, et dire sa foi au monde.

 

Confession de Foi (debout)

Eclairés et rassemblés par la Parole de Dieu, écoutons ces paroles qui cherchent à exprimer notre foi:

Pour le monde et pour moi, j’ai confiance en Dieu,

à l’aide de l’Esprit Saint,

en suivant Jésus de Nazareth:

Il est le seul sauveur et maître.

Il a été l’homme véritable comme nul homme ne peut l’être par lui même.

Il est mort sur une croix pour les autres et pour le monde, comme pour moi.

Il est ressuscité, il est présent parmi les humains et, pour les servir,

il recrute son église sans tenir compte de nos distinctions.

Il agit par les hommes et les femmes dans l’histoire pour l'amener à son but:

un univers réconcilié dans l’amour.

Aussi, je ne crois à la fatalité, ni de la guerre, ni de la haine, ni de la catastrophe, ni de la mort, parce que je crois que Jésus nous libère pour des décisions libres.

Grâce à lui, Dieu a un visage, Il a un nom, celui de Père.

Grâce à lui, ma vie a un sens, l’univers aussi.

Pour le monde et pour moi, j’espère en Jésus de Nazareth. Il vient. Amen

 

Spontané:  33/19, 1.2. Le Christ Jésus

Le Christ Jésus, le Fils du Père

Vivant de toute éternité,

S’est fait esclave sur la terre

Jusqu’à mourir sur un gibet.

Que tout proclame avec honneur

Que Jésus Christ est le Seigneur!

 

Car Dieu lui donne la victoire,

Un nom plus grand que tous les noms;

Pour qu’à ce nom lui rendent gloire

Les cieux, la terre et les enfers,

Que tout proclame avec honneur

Que Jésus Christ est le Seigneur!

 

 

 

Introduction Liturgie 4 :  Prière d’illumination, lectures bibliques, prédication :

Il faut tout d’abord préciser que pour les lectures, nous suivons généralement le même ordre que la liturgie catholique mais sans aucune obligation  puisque le prédicateur  reste libre de son choix.

La prière d’illumination doit nous mettre dans les dispositions d’écouter et de recevoir la lecture des textes puis la prédication. C’est ce qui est demandé à l’Esprit. Nous allons à la rencontre de la Parole.

N’oublions pas que pour les Protestants le « sola scriptura » est un des fondements de la Réforme ce qui veut dire que  l’Ecriture seule a autorité (plus importante que les sacrements) et non d’autres textes de la tradition de l’église ou un enseignement de l’église (un dogme). 

La prédication reste au cœur du culte (même si nous ne sommes plus à l’époque où certains paroissiens ne venaient que pour la prédication) mais elle n’en est qu’une partie et elle n’a pas autorité. (eventuellement : elle veut inviter à réfléchir soi même sur ce texte biblique ou thème)  C’est un enseignement qui peut se discuter ; Par exemple à la fin du culte…

 

Prière d’Illumination  (assis)

Nous prions Dieu avant de lire les Ecritures,

afin qu’elles deviennent pour nous Parole de  vie.

Seigneur, nous voici devant toi

pour entendre la parole que tu veux nous dire aujourd'hui.

Permet que dans les paroles humaines que nous allons entendre,

nous puissions chacun entendre dans notre cœur

la parole que tu veux nous adresser aujourd'hui pour nous.

Viens toi-même nous donner ton Esprit

afin que de ces paroles puisse découler la nourriture spirituelle

dont nous avons besoin pour avancer sur notre route vers ton royaume.

 

Lectures Bibliques (assis)

 

Essaie 25

1Seigneur,

c'est toi qui es mon Dieu,

je veux proclamer ta grandeur et dire qui tu es dans mes louanges.

Car tu as réalisé des projets admirables.

Ils tiennent depuis longtemps, on peut s'y fier.   (…)

6Sur la montagne de Sion,

le Seigneur de l'univers

offrira à tous les peuples

un banquet de viandes grasses

arrosé de vins fins

– des viandes tendres et grasses,

des vins fins bien décantés.

 

7C'est là qu'il supprimera

le voile de deuil

que portaient les populations,

la couverture de tristesse

étendue sur tous les pays.

 

8Il supprimera la mort pour toujours.

Le Seigneur Dieu essuiera

les larmes sur tous les visages.

Dans l'ensemble du pays,

il enlèvera l'affront

que son peuple a subi.

Voilà ce qu'a promis le Seigneur.

I Cor 11 17En passant aux remarques qui suivent, je ne vous féliciterai pas, car vos réunions vous font plus de mal que de bien. 18Tout d'abord, on m'a dit que lorsque vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des groupes rivaux, et je le crois en partie. 19Il faut bien qu'il y ait des divisions parmi vous pour que l'on reconnaisse ceux d'entre vous qui sont vraiment fidèles. 20Quand vous vous réunissez, ce n'est pas le repas du Seigneur que vous prenez : 21en effet, dès que vous êtes à table, chacun se hâte de prendre son propre repas, de sorte que certains ont faim tandis que d'autres s'enivrent. 22N'avez-vous pas vos maisons pour y manger et y boire ? Ou bien méprisez-vous l'Église de Dieu et voulez-vous humilier ceux qui n'ont rien ? Qu'attendez-vous que je vous dise ? Faut-il que je vous félicite ? Non, je ne vous féliciterai vraiment pas à ce sujet !

23En effet, voici l'enseignement que j'ai reçu du Seigneur et que je vous ai transmis : Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain 24et, après avoir remercié Dieu, il le partagea et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. » 25De même, il prit la coupe après le repas et dit : « Cette coupe est la nouvelle alliance, qui est conclue grâce à mon sang. Toutes les fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. » 26En effet, jusqu'à ce que le Seigneur vienne, vous annoncez sa mort toutes les fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe.

27C'est pourquoi, celui qui mange le pain du Seigneur ou qui boit de sa coupe de façon indigne, se rend coupable de péché envers le corps et le sang du Seigneur. 28Que chacun donc s'examine soi-même et qu'il mange alors de ce pain et qu'il boive de cette coupe ; 29car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même. 30C'est pour cette raison que beaucoup d'entre vous sont malades et faibles, et que plusieurs sont morts. 31Si nous commencions par nous examiner nous-mêmes, nous éviterions de tomber sous le jugement de Dieu. 32Mais nous sommes jugés et corrigés par le Seigneur afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde.

33Ainsi, mes frères et sœurs, lorsque vous vous réunissez pour prendre le repas du Seigneur, attendez-vous les uns les autres. 34Si quelqu'un a faim, qu'il mange chez lui, afin que vous n'attiriez pas le jugement de Dieu sur vous dans vos réunions. Quant aux autres questions, je les réglerai quand je serai arrivé chez vous.

 

Mt 26 , 17Le premier jour de la fête des Pains sans levain, les disciples vinrent demander à Jésus : « Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ? » 18Jésus leur répondit : « Allez à la ville chez un tel et dites-lui : “Le maître déclare : Mon heure est arrivée ; c'est chez toi que je célébrerai la Pâque avec mes disciples.” » 19Les disciples firent ce que Jésus leur avait ordonné et préparèrent le repas de la Pâque.26Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé une prière de bénédiction, il le partagea et le donna à ses disciples ; il leur dit : « Prenez et mangez, ceci mon corps. » 27Il prit ensuite une coupe de vin et, après avoir remercié Dieu, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous, 28car ceci est mon sang, le sang de l'alliance de Dieu qui est versé pour une multitude de gens, pour le pardon des péchés. 29Je vous le déclare : dès maintenant, je ne boirai plus de ce fruit de la vigne jusqu'au jour où je le boirai nouveau avec vous dans le règne de mon Père. » 30Ils chantèrent ensuite les psaumes de la fête, puis ils s'en allèrent au mont des Oliviers.

 

chant indiqué: 31 / 30, 1.2.5.6. Nous avons vu les pas … (page 342)

 

Frères et sœurs en Christ, 

Comme déjà dit : D’habitude nous suivons les même lectures pour le culte dominical que l’église catholique pour la messe. Mais ce sont des propositions sans obligations. La personne qui préside le culte est libre de ses choix. Voici pour ce dimanche et pour expliquer le sens de la cène il me semblait bon de choisir des textes en lien avec notre thème : expliquer notre approche au « Repas du Seigneur ». 

Et ce n’était pas évident, car des textes qui abordent le thème du repas on en trouve beaucoup dans notre Bible. Et je pars du principe que, quand Jésus se mit à table la dernière fois avec ses disciples, ces autres repas étaient présents, mettaient leur lumière sur cette rencontre unique. 

Je n’ai pas grand chose à partager avec vous, mais voici 5 pains et 2 poissons et on verra si cela peut nous nourrir pour ce matin :

  1. Le repas comme promesse / vision / eschatologie / anticipation … (réconciliation) Esaïe 

Commençons par la fin. A la fin des temps, nous promet le prophète Esaïe, nous attendra un grand banquet. Seront assis à la table du Seigneur, le roi ultime, toutes les nations, tous les hommes, femmes et enfants, même ceux qui jusqu’à présent étaient en guerre les uns contre les autres, même ceux qui jusqu’à présent priaient d’autres dieux. 

A la fin des temps, promesse de Dieu, tout le monde reconnaitra que c’est lui la seule puissance à adorer et qu’il n’y a aucune raison de nous combattre les uns les autres. C’est vers cela qu’on va. C’est ce qu’on espère. Ou comme le dit le psaume 23 : le Seigneur nous accompagne sur le chemin de la vie comme un berger, mais à la fin de notre route, il nous laisse prendre place à sa table, en face de nos adversaires. Passage, qu’on saute parfois. Mais effectivement, le paradis se résume en ceci, que je serai capable, grâce à Dieu, d’être en face de mon adversaire, et de partager avec lui le même plat. 

Au passage, notons : que la vision n’est pas qu’à la fin du temps, nous adorons ensemble le même Dieu, en lui apportant des sacrifices, des prières, mais qu’on se laisse ensemble servir par le même Dieu. On se rend compte, que ce n’est pas à nous de faire, mais que c’est nous qui recevons de la main même de Dieu.

Il y a des moments où cette promesse devient déjà un peu réalité, des moments de grâce qui laisse deviner comment cela sera à la fin des temps: 

Un repas entre membres d’une famille qui se retrouvent après un temps de disputes. 

Un repas entre personnes de différentes religions et nations. 

Un repas entre supporters de clubs de foot différents.

Un repas où Jésus s’invite et se met à table avec des gens de mauvaise réputation, dits non fréquentables. 

Nos tables, au culte, à la messe et en dehors de nos temps de culte, deviennent parfois des tables qui annoncent et rendent témoignage qu’au nom de Dieu des réconciliations  sont possibles. 

> C’est le repas de réconciliation et d’espérance d’une réconciliation universelle. 

 

2. La pédagogie du repas ; le lien avec le judaïsme:  le souvenir / témoigner / (évangiles) 

Le point  le plus important, même si je ne vais l’aborder que brièvement, c’est le lien avec la fête de la Pâque juive, le souvenir de la sortie d’Egypte. Les évangiles mettent la mort de Jésus, son martyre, sous cette lumière. La mort de Jésus était certes un drame pour ses proches, mais prend une autre dimension dans le parallèle avec la sortie d’Egypte. Dieu ne souhaite pas la mort, mais le sauvetage. Le repas annuel de la Pâque juive est une rencontre pédagogique pour transmettre d’une génération à une autre : Dieu veut et protège la vie. Il a sauvé le peuple des Hébreux de la main des persécuteurs, de même il sauvera Jésus de la main des persécuteurs pour lui donner une nouvelle vie, et à nous aussi. Le repas du Seigneur, la Cène, est aussi un repas pédagogique pour nous rappeler les uns aux autres, que nous sommes appelés à la vie éternelle et non à la mort. 

> C’est le repas qui annonce la résurrection de nous tous. 

 

3. Le repas comme acte solidaire (cf lavement des pieds chez Jean; cf miracle des multiplications) 

Nous trouvons des descriptions du dernier repas de Jésus avec les disciples dans les évangiles de Marc, Matthieu et de Luc, mais pas chez Jean. 

Chez Jean nous avons à la place, l’acte qui précède un repas dans l’antiquité : le lavement des pieds. Dans une société où on marche à pied ou en sandales, et où on se met à table par terre, mieux vaut laver les pieds en plus des mains avant le repas. 

Et là où les autres évangiles nous rappellent que Jésus nous demande de partager le repas en souvenir de lui, ici chez Jean, Jésus insiste sur cet autre héritage: 

même si vous deviez oublier tout ce que je vous ai enseigné, gardez au moins ceci : servez vous les uns les autres. Voici ce qui résume la mission de Jésus. Etre au service, veiller à partager par l’exemple. 

Concernant la Sainte Cène, dans la tradition reformée, nous retrouvons dans nos gestes un mélange des deux approches, approches synoptique et johannique : Nous nous donnons le pain et la coupe les uns aux autres. La Cène n’est pas un self, la Cène n’est pas un ministre du culte qui sert les autres, nous partageons et rompons le pain comme le Christ a demandé à tous les chrétiens de le faire : être au service les uns les autres. 

> C’est le repas de la communauté solidaire. 

.

4.  Le symposium  et le défi de faire corps malgré toutes nos différences (I Cor 11) 

A quel point, cet appel au service réciproque, peut être un défi compliqué dans notre monde, c’est l’apôtre Paul qui va en faire expérience déjà en son temps. En mission dans une société bien hiérarchisée, le message de faire corps, d’être frères et sœurs en Christ, se heurte sans cesse aux traditions et aux mœurs. On ne se met pas à table avec n’importe qui. Etre invité, avoir une place à tel ou tel endroit, sont des signes d’honneur et de reconnaissance extraordinaires.  Pas de place pour des femmes dans ce contexte, pas de mélange entre diverses couches de la société. 

Et Paul de demander à ce que le maitre partage le repas du Seigneur, rompe le pain, avec son esclave, avec les femmes de la maison … quelle avancée ! 

Mais, rien n’empêche que les maitres se mettent à table déjà un peu à l’avance, qu’ils mangent et boivent, boivent un peu trop … et quand enfin arrivent les serviteurs après leur travail accomplis, il n’y a plus rien à manger et une partie du groupe est déjà ivre … la honte! 

C’est là où Paul intervient pour rappeler à l’ordre les gens de Corinthe et leur rappeler le sens du repas du Seigneur. 

Mais encore aujourd’hui, même dans un repas qui est ritualisé et n’a plus rien d’un repas formel, d’un banquet, ce message reste : nous sommes tous au même niveau. Ici autour de la table du Seigneur, c’est lui qui nous invite, et nous devenons tous frères et sœurs invités par le même maitre de maison, le Christ ressuscité. 

> c’est le repas de la communauté des frères et sœurs en Christ 

 

5. qu’est ce qu’il est permis de manger ? le danger de manger pour son jugement 

I Cor 11, 29 car si quelqu'un mange du pain et boit de la coupe sans reconnaître leur relation avec le corps du Seigneur, il attire ainsi le jugement sur lui-même.

écrit Paul. Voici un verset qui a fait discuter et a divisé les chrétiens. Quel est le lien juste avec le corps du Seigneur ? Quelle crainte faut-il avoir de ne pas prendre le repas du Seigneur comme il faut ? 

Martin Luther raconte à  quel point il était terrifié dans sa formation comme prêtre de commettre une erreur sur ce point. 

Mais le grand virage de la réforme a été de dire : cette question du bon lien entre le corps du Seigneur et le repas ne se situe pas au niveau de la matière. 

Une hostie ne va pas devenir corps du Christ et rester corps du Christ matériellement parlant. 

D’accord sur ce point, les réformateurs vont pourtant discuter sur l’interprétation dans de multiples rencontres et par écrit. 

Je simplifie mais voici les trois grandes lignes : 

c’est le repas en présence du ressuscité 

 

1.  entre vision / promesse à venir et mission à accomplir : si nous n’arrivons pas à nous accueillir à la table du Seigneur, quelque part … on a raté notre mission et on doit continuer à y travailler 

Je constate qu’aujourd’hui se mettre à la table du Seigneur, quand on vient comme protestant dans une messe catholique n’est pas encore possible, et que beaucoup de catholiques hésitent à suivre l’invitation à communier dans un temple protestant. 

Intellectuellement, je peux l’accepter dans le sens du premier pain que j’ai abordé. Cela reste une promesse et j’espère qu’on y arrivera, et même si nous n’y arrivons pas je suis sûre et confiante qu’on arrive à vivre la communion en d’autres occasions. 

Mais d’ici là, je suis attristée et c’est le sentiment qui accompagne cette réflexion, attristée et frustrée  par le temps perdu. Je reste aussi convaincue qu’on ne doit jamais perdre de vue cette mission qui nous est donnée de faire corps au nom du Christ, et nous avons donc une mission à accomplir et des solutions à trouver pour se mettre à la table du Seigneur. 

Ces derniers siècles le débat a beaucoup tourné autour de la question du pain : « que mangeons nous ? » et là dessus les différences restent. 

D’autres pistes, proposées sur le plan œcuménique, sont de voir ce que nous avons en commun. C’est par exemple ainsi que les différentes branches du protestantisme, qui ne pouvaient pas communier ensemble, ont trouvé un accord en 1973 dans la Concorde de Leuenberg. Alors, pourquoi pas une concorde pour trouver un arrangement entre catholiques et protestants qui permettra l’accueil réciproque ? 

 

2. rompre le pain au nom du Seigneur restera toujours une question sociale et solidaire … un terrain déjà acquis (panier, église verte …) mais à soigner  

Nous sommes ici dans un lieu de culte, et nous parlons d’un rite liturgique, mais les textes bibliques me rappellent aussi que nous ne pouvons jamais séparer ce que nous faisons ici de notre attitude ailleurs.  Rompre le pain sur un plan de rite et partager le pain avec celles et ceux qui ont faim, qui attendent notre pain….vont ensemble.  Déjà Amos déclarait que Dieu prend mal tout culte dans lequel la vie au quotidien ou l’attitude dans la société ne sont pas en cohérence avec la volonté de Dieu. 

C’est là certainement le terrain le plus facile à partager. 

Notre action commune au niveau du Panier de St Vincent, 

notre action commune pour préserver la terre et la nourriture qu’elle donne, dans les actions de l’église verte, 

notre action commune et nos engagements auprès des réfugiés, 

et toute invitation réciproque de se rencontrer et s’inviter réciproquement pour garder le contact, se parler, apprendre, discuter … et avancer ainsi ensemble. 

Un jour le prophète Elie arrivait épuisé de cette démarche de chercher la rencontre au risque d’être mal compris mais à un moment donné, l’ange du Seigneur le secoue et dit : 

I Rois 19, 7 « Lève-toi et mange, car tu devras faire un long voyage ! »

Si nous acceptons cette nourriture que Dieu nous offre, et que nous la partageons, on continuera à faire route ensemble. Bon Appétit 

musique après la prédication

 

chant indiqué: 24 / 17, 1.2.3.4.  Oh viens Seigneur ….(page 303)

 

Introduction Liturgie 5:    la Cène

Une remarque préliminaire : il s’agit bien d’un sacrement pour les protestants qui n’en connaissent que 2 : le baptême et la Sainte Cène, les seuls institués directement par le Christ lui-même. « Allez,… baptisez-les au nom du  Père, du Fils et de l’esprit Saint » Mathieu 28 v19 pour le 1er et « Faites ceci en mémoire de moi » pour le second. Un sacrement ne dépend pas d'un ministère pour être valable, mais de l'obéissance à l'appel du Christ.

L’invitation à la table est adressée à tous ceux qui reconnaissent que Christ est le Seigneur : c’est lui qui est présent à la célébration et nous invite. Je rajoute, pour information, qu’une Sainte Cène, comme tout autre moment du culte, peut être présidé par qqn d'autre que le  pasteur, si le conseil presbytéral en donne l'autorisation. 

Parlons d’abord de l’organisation logistique pour que chacun se sente à l’aise.

Nous avons l’habitude de former un grand cercle autour de la table et de nous donner les uns aux autres le pain et le vin avec une parole d’accompagnement. Si quelqu’un ne souhaite pas communier, il peut simplement passer le pain et le vin à son voisin. S’il y a beaucoup de monde, il peut arriver que l’on fasse plusieurs tables successivement ou que l’on reste à sa place alors que le pain et la coupe circulent des uns aux autres. Aujourd’hui nous ferons un seul grand cercle le long du mur à droite et au-delà du pilier.

Une autre particularité, nous communions avec le « fruit de la vigne », soit sous forme de vin, dans la grande coupe, soit sous forme de jus  de raisin, dans des récipients en terre cuite : chacun peut choisir ce qui lui convient.

Toutefois aujourd’hui, compte-tenu des conseils que nous entendons depuis quelques jours, nous allons procéder différemment :

  1. Nous allons faire passer le plat avec le pain et ceux qui le souhaitent  prendront un morceau pour eux-mêmes. Ils ne le donneront pas chacun à son voisin comme nous le faisons toujours. Il est suggéré que ceux qui souhaitent communier avec les 2 espèces, pain et vin, ne le mangent pas immédiatement mais attendent, avec le pain à la main, que la coupe leur soit donnée.
  2. Pour la coupe, nous proposons que personne ne l’approche de ses lèvres, mais que ceux qui le souhaitent, trempent leur morceau de pain dans le vin de la coupe et le mangent à ce moment-là. Certains paroissiens font toujours ça, mais ce n’est pas l’habitude de beaucoup.

cette manière de communier n’est pas une invention pour aujoud’hui mais porte toutefois un nom : c’est intinction.

Parlons maintenant de l’aspect liturgique.

Je pense que beaucoup se retrouveront dans les différents moments qui se suivent, à savoir : une prière d’introduction à la Cène, puis le rappel de l’institution, ensuite l’invocation de l’Esprit Saint et enfin la communion.

Je précise seulement  que le pasteur invoque l’Esprit Saint, non sur les espèces, mais sur toute l’assemblée pour que les fidèles

- reconnaissent la présence du Christ dans le partage du pain et de la coupe

- et se sentent en communion les uns avec les autres.

C’est là l’essentiel.

 

La Cène : Préface (assis) /  Introduction à la Cène

Les deux testaments

Ne nous exhortent pas seulement

A accueillir des étrangers dans notre maison,

Ils nous montrent des étrangers

Qui deviennent de précieux cadeaux pour leurs hôtes.

 

Lorsqu’Abraham accueille trois hommes de passage

Aux chênes de Mamré

Et leur offre de l’eau, du pain et un repas,

Ces étrangers se transforment en anges du Seigneur

Qui annoncent que Sara, sa femme,

Va donner naissance à un fils.

 

Lorsque la veuve de Sarepta offre un repas

Et un abri à Elie au jour de la famine,

Celui-ci se révèle être un homme de Dieu

Qui multiplie l’huile et la farine

Et qui relève son fils d’entre les morts.

 

Lorsque les deux pèlerins d’Emmaüs invitent l’étranger,

Qui les a rejoints sur leur route,

A rester avec eux pour la nuite,

Il se laisse reconnaître comme Seigneur et Sauveur

Dans la fractions du pain.

 

Dans chacun de ces exemples

La distinction entre hôte et invité est bouleversée.

C’est l’invité qui offre, c’est l’hôte qui reçoit.

 

Chantons à sa gloire,

Pour ces différents repas extraordinaire,

Et pour ce repas exceptionnel que nous allons partager.

 

Spontané :  24 / 0