La parole est à vous !


 

28-3-2020: Nicolas Boutié

Qu'est-ce qui se passe chez vous ?

(messages par courrier électronique adressés à Nicolas Boutié)

Ensemble Sommiérois-Vaunage

Sur le site Sommiérois-Vaunage vous trouverez des messages, méditations, poèmes, pensées. Il est alimenté tous les jours (chaque jour, deux pensées supplémentaires).

Béziers

Voici ce qui se fait à Béziers :

Les contributions (billet, prédication...) sont insérées dans notre site local. Les informations concernant les cultes sur RCF, conférences de Carême sur France culture...sont envoyés en même temps. Nous faisons avec nos moyens et connaissances techniques (pour moi, c'est juste un peu limité mais l'entraide existe et c'est super)

Carcassonne

Pour ce qui concerne Carcassonne, notre web-master Rudiger a créé un espace COVID 19 et nous avons communiqué ces infos à tous nos paroissiens dont nous connaissons les adresses mail.
Nous communiquons toutes les fins de semaine avec la prédication du dimanche.

Des liens que nous ignorons et que nous découvrirons en fin d'épisode se tissent ; chacun dans son territoire, a le souci de l'autre et les conversations téléphoniques sont une aide précieuse pour maintenir le lien.
La dissémination de nos paroissiens peut être considérée comme un atout en ce temps de confinement.
Confinement, ne veut pas dire enfermement, c'est le message d'espoir que nous tentons de faire passer.
Personnellement, je recommande la lecture des textes savoureux contenus dans le livret « Vivre, Prier, Méditer »

Bassin Alésien

Quelques infos du bassin Alésien, nous avons créé une chaine You Tube.
Nous envoyons un courrier par semaine aux personnes qui n'ont pas de mail (environ 50) et nous leur téléphonons aussi une fois par semaine (liste répartie entre les conseillers).
Nous venons de solliciter les enfants de l'école biblique et du KT pour qu'ils nous envoient des petits messages, des dessins, filmés par leurs parents via WhatsApp, cela paraîtra sur la chaine.

Cévennes et Causses

Chers paroissiens, amis, frères et sœurs,

Je vous adresse cette liturgie - ce déroulement d'un culte -, en lien avec les textes bibliques que nos Eglises lisent et méditent dimanche prochain.

Pour ceux qui jugeraient ce mail et son contenu un peu inhabituels, je n'ai, c'est vrai, pas grand chose d'autre à écrire ou à proposer en ce temps si particulier. C'est en ce qui me concerne ce que je crois essentiel : être et rester dans la présence du Seigneur. Et se savoir lié à chacun par la pensée, la prière, la solidarité. 

Confinés ? Laissez l'Esprit souffler ! Lisez la Bible ! Parlez à Dieu ! Et si vous pouvez quelque chose pour quelqu'un...Je vous confie donc à notre Seigneur. Tenez bon !

Beaucaire – Tarascon

École biblique à la maison.

 


24-3-2020: Martin Luther

Que l'on puisse fuir une peste mortelle

"Je demanderai à Dieu par miséricorde de nous protéger.
Ensuite, je vais enfumer, pour aider à purifier l'air, donner des médicaments et les prendre. J'éviterai les lieux, et les personnes, où ma présence n'est pas nécessaire pour ne pas être contaminé et aussi infliger et affecter les autres, pour ne pas causer leur mort par suite de ma négligence. Si Dieu veut me prendre, il me trouvera sûrement et j'aurai fait ce qu'il attendait de moi, sans être responsable ni de ma propre mort ni de la mort des autres.
Si mon voisin a besoin de moi, je n'éviterai ni lieu ni personne, mais j'irai librement comme indiqué ci-dessus.
Voyez, c'est une telle foi qui craint Dieu parce qu'elle n'est ni impétueuse ni téméraire et ne tente pas Dieu." Extraits de la lettre écrite au révérend Dr. John Hess. Œuvres de Luther Volume 43 p. 132.


18-3-2020: Auteur Anonyme

Crédit image: ian dooley sur Unsplash

La Speranza

La Speranza en Italie ces jours-ci, c’est le ciel d’un bleu dépollué et provocant, c’est le soleil qui brille obstinément sur les rues désertes, et qui s’introduit en riant dans ces maisonnées qui apprennent à redevenir familles.

La Speranza ce sont ces post-it anonymes par centaines qui ont commencé à couvrir les devantures fermées des magasins, pour encourager tous ces petits commerçants au futur sombre, à Bergame d’abord, puis, comme une onde d’espérance – virale elle aussi – en Lombardie, avant de gagner toute l’Italie : « Tutto andrà bene » (et comment ne pas penser à ces paroles de Jésus à Julienne de Norwich « …ma tutto sarà bene e tutto finirà bene » ?),

La Speranza c’est la vie qui est plus forte et le printemps qui oublie de porter le deuil et la peur, et avance inexorablement, faisant verdir les arbres et chanter les oiseaux.

La Speranza ce sont tous ces professeurs exemplaires qui doivent en quelques jours s’improviser créateurs et réinventer l’école, et se plient en huit pour affronter avec courage leurs cours à préparer, les leçons online et les corrections à distance, tout en préparant le déjeuner, avec deux ou trois enfants dans les pattes.

La Speranza, tous ces jeunes, qui après les premiers jours d’inconscience et d’insouciance, d’euphorie pour des « vacances » inespérées, retrouvent le sens de la responsabilité, et dont on découvre qu’ils savent être graves et civiques quand il le faut, sans jamais perdre créativité et sens de l’humour : et voilà que chaque soir à 18h, il y aura un flashmob pour tous… un flashmob particulier. Chacun chez soi, depuis sa fenêtre… et la ville entendra résonner l’hymne italien, depuis tous les foyers, puis les autres soirs une chanson populaire, chantée à l’unisson. Parce que les moments graves unissent.

La Speranza, tous ces parents qui redoublent d’ingéniosité et de créativité pour inventer de nouveaux jeux à faire en famille, et ces initiatives de réserver des moments « mobile-free » pour tous, pour que les écrans ne volent pas aux foyers tout ce Kairos qui leur est offert.  

La Speranza – après un premier temps d’explosion des instincts les plus primaires de survie (courses frénétiques au supermarché, ruée sur les masques et désinfectants, exode dans la nuit vers le sud…) – ce sont aussi les étudiants qui, au milieu de tout ça, ont gardé calme, responsabilité et civisme… qui ont eu le courage de rester à Milan, loin de leurs familles, pour protéger leurs régions plus vulnérables, la Calabre, la Sicile… mais surtout qui résistent encore à cet autre instinct primaire de condamner et de montrer du doigt pleins de rage ou d’envie, ceux qui n’ont pas eu la force de se voir un mois isolés, loin de leur famille, et qui ont fui.

La Speranza c’est ce policier qui, lors des contrôles des « auto-certificats » et tombant sur celui d’une infirmière qui enchaîne les tours et retourne au front, s’incline devant elle, ému : « Massimo rispetto ».

Et la Speranza bien sûr, elle est toute concentrée dans cette « camicia verde » des médecins et le dévouement de tout le personnel sanitaire, qui s’épuisent dans les hôpitaux débordés, et continuent le combat. Et tous de les considérer ces jours-ci comme les véritables « anges de la Patrie ».

Mais la Speranza c’est aussi une vie qui commence au milieu de la tourmente, ma petite sœur qui, en plein naufrage de la Bourse, met au monde un petit Noé à deux pays d’ici, tandis que tout le monde se replie dans son Arche, pour la « survie », non pas des espèces cette fois-ci, mais des plus vulnérables.

Et voilà la Speranza, par-dessus tout : ce sont ces pays riches et productifs, d’une Europe que l’on croyait si facilement disposée à se débarrasser de ses vieux, que l’on pensait cynique face à l’euthanasie des plus « précaires de la santé »… les voilà ces pays qui tout d’un coup défendent la vie, les plus fragiles, les moins productifs, les « encombrants » et lourds pour le système-roi, avec le fameux problème des retraites… Et voilà notre économie à genoux. À genoux au chevet des plus vieux et des plus vulnérables.
Tout un pays qui s’arrête, pour eux…

Et en ce Carême particulier, un plan de route nouveau : traverser le désert, prier et redécouvrir la faim eucharistique. Vivre ce que vivent des milliers de chrétiens de par le monde. Retrouver l’émerveillement. Sortir de nos routines…

Et dans ce brouillard total, naviguer à vue, réapprendre la confiance, la vraie. S’abandonner à la Providence.


Et apprendre à s’arrêter aussi. Car il fallait un minuscule virus, invisible, dérisoire, et qui nous rit au nez, pour freiner notre course folle.

Et au bout, l’espérance de Pâques, la victoire de la vie à la fin de ce long carême, qui sera aussi explosion d’étreintes retrouvées, de gestes d’affection et d’une communion longtemps espérée, après un long jeûne.

Et l’on pourra dire avec saint François « Loué sois-Tu, ô Seigneur, pour fratello Coronavirus, qui nous a réappris l’humilité, la valeur de la vie et la communion ! ».

Courage, n’ayez pas peur : Moi, j’ai vaincu le monde ! (Jn 16, 33)


  19-03-2020: pasteur Éric Galia