Création du courant des Attestants

19 janvier 2016

Le Congrès fondateur des Attestants s’est tenu à Paris le 16 janvier. Environ 250 personnes y participaient.

Ce congrès a formalisé l’existence d’un courant de pensée au sein de notre Eglise qui veut « promouvoir le rayonnement de l’Evangile en contribuant au renouveau de l’Eglise protestante unie de France » selon l’article 2 de ses statuts. Un bureau a été élu. Il sera présidé par Alain Chapon, président du Conseil presbytéral de l’Eglise protestante unie de Clermont-Auvergne.

> Déclaration d’intention Attester pour le Christ - Communiqué de création des Attestants – 16 janvier 2016
> Réponse du pasteur Schlumberger à l’invitation au congrès des Attestants

 

Extrait de la réponse du pasteur Schlumberger à l'invitation au congrès des Attestants :
...."vous m’avez écrit pour m’inviter à assister au congrès fondateur du mouvement, le 16 janvier prochain. Je vous remercie de votre lettre comme de votre invitation. En raison d’obligations fixées de longue date, il ne me sera pas possible de vous rejoindre. Mais le secrétaire général de notre Eglise, le pasteur Didier Crouzet, s’est déjà inscrit et sera donc présent à ce congrès, à la fois en raison de son ministère d’accompagnement des ministres et comme représentant de l’Union nationale.
Mais je souhaite aussi saisir l’occasion qui m’est donnée par votre lettre pour m’adresser à vous et, par vous, aux responsables et membres du mouvement des « Attestants ».

Dans votre lettre, vous mentionnez mes propos parus dans les « Echos du Conseil national » à la fin du mois de juin dernier. Je ne me contentais pas alors de prendre acte de la création de ce mouvement, ni même de simplement rappeler que l’existence de courants était en effet ancienne dans les Eglises issues de la Réforme – à vrai dire cela a toujours existé ; j’écrivais également : « pourvu qu’ils soient ouverts et mis au service réel de toute l’Eglise, ils ont souvent stimulé les engagements et contribué à structurer, voire dynamiser le débat théologique. » Stimuler, structurer, dynamiser : c’est dire que je me réjouissais de ce que pourrait éventuellement apporter un mouvement d’Eglise à l’ensemble de celle-ci, alors même qu’il n’était qu’à ses tout débuts et qu’il n’avait pas encore choisi ses grandes options. 

C’est pourquoi je voudrais souhaiter « Bonne route » au mouvement des « Attestants ». Dans votre lettre, vous parlez d’événements, de formations et d’outils, de vie spirituelle, d’encouragement dans la vie de prière et de service, de renouvellement dans la lecture des Ecritures. Notre Eglise a en effet besoin d’être encouragée et nourrie dans cette voie. J’y ai moi-même souvent et encore récemment insisté, en plein accord avec le Conseil national.

De très nombreux lieux d’Eglise agissent dans ce sens, à commencer par les Eglises locales et paroisses bien sûr, les régions et leurs équipes, les services de l’Union, mais aussi des communautés, oeuvres et mouvements, facultés de théologie, organes de collaboration inter-Eglises, etc. Que le mouvement des « Attestants » veuille également s’engager dans cette voie, avec ses insistances et ses expressions propres, au service de toute l’Eglise, ne peut que réjouir.. C’est dans ce sens-là que je lui souhaite « Bonne route ».


Mais qui dit « bonne route » laisse aussi entendre qu’il pourrait y avoir une moins bonne route. Je ne veux pas passer cette hypothèse sous silence. Quels seraient des signes d’une telle voie ?

- L’appropriation de certains mots, qui sont pourtant le bien commun de tous : par exemple les termes autour du verbe attester, central dans la création de l’Eglise protestante unie de France, et qui désignent l’orientation prise non pas par un mouvement au sein de l’Eglise mais par toute celle-ci. Je joins à la présente lettre le texte du message inaugural du Synode fondateur de l’Eglise protestante unie de France, à Belfort en 2012 : « Jalons pour une Eglise d’attestation ».

- La concurrence : développer des projets, par exemple dans le domaine de la formation, qui se poseraient en alternative de choix faits par toute notre Eglise et qui viendraient donc les affaiblir. La dispersion est une tentation permanente du protestantisme.

- La posture de la fidélité exclusive : elle consiste à se poser en « vrais », vrais héritiers de la Réforme, vrais lecteurs de la Bible, etc., laissant entendre – et c’est parfois allé jusqu’au discrédit explicite – que d’autres points de vue seraient des dévoiements et donc qu’une certaine pluralité, dans le cadre des choix faits par notre Eglise, ne serait spirituellement pas pleinement légitime.

- La contestation de la légitimité des instances synodales.

Tels sont quelques-uns des pièges dont tout mouvement au sein de l’Eglise doit se garder.

Ma ferme conviction, exprimée dès le mois de juin à plusieurs reprises et de plusieurs manières, est la suivante : le mouvement des « Attestants » n’entend pas s’engager sur une telle route. Mais il est vrai que certains en son sein ont pu envisager de telles hypothèses. C’est sans doute pourquoi tout le monde, dans notre Eglise, ne partage pas ma bienveillance. Aussi, je renouvelle ici sereinement l’expression de cette confiance, à la fois comme une conviction et comme une exhortation.

Bonne route au mouvement dit des « Attestants », donc ! Et cela pour le bien de toute l’Eglise et le témoignage rendu ensemble à l’Evangile de Jésus- Christ.

Je vous prie de recevoir, cher Alain, et l’assemblée qui sera réunie le 16 janvier, mes très cordiales et fraternelles salutations en Christ..

Laurent SCHLUMBERGER pasteur,
président du Conseil national Eglise protestante unie de France

> Rappel de la décision du Synode national du Lazaret en 2015 : Bénir Témoins de l’Évangile dans l’accompagnement des personnes et des couples

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Commentaires

N. Xavier| Mercredi 3 février 2016 à 17 h 29
Rendre un culte au Christ par le chant et la prière, réciter une confession de foi apprise depuis sa plus tendre enfance, lire la Bible, ce n'est pas très compliqué.
Étudier le Jésus historique demande davantage d'efforts. Cela nous incite à nous remettre en question. Mais cela nous apporte de nouvelles perspectives, une meilleure compréhension de la foi.
Être protestant, c'est aussi le droit de protester, de contester. Contester, c'est mettre en discussion, c'est avoir la foi dans les principes du libre examen.
Et si on créait le courant des Contestants ?