TEMPLE / ORGUE

Le temple Saint-Martial

 

2 rue Jean-Henri FABRE à Avignon
(derrière l’Office de Tourisme)

Le Temple est ouvert à la visite les samedis après-midi de Pâques à la Toussaint

L'orgue du Temple Saint-Martial

Historique

 

A l’emplacement de St Martial, la reine Jeanne de Naples, comtesse de Provence, possédait une maison, au bord de la Sorgues qui coulait le long de l’actuelle rue J-H. Fabre. C’est dans cette maison que fut conclu en 1348 l’acte par lequel la reine vendait au pape Clément VI la ville d’Avignon et les biens qu’elle y possédait.

En 1363, le pape Urbain V donna cette maison aux Bénédictins de Cluny, et en 1378 le cardinal Pierre de Cros, ancien archevêque d’Arles, y fonda un collège et commença les travaux de l’église, qui ne fut terminée qu’en 1388. L’architecte en était Pierre Morel, également maître d’œuvre de l’église des Célestins toute proche. L’église abritait de superbes tombeaux ; parmi eux, le célèbre transi du cardinal Lagrange, aujourd’hui conservé au Musée du Petit Palais. Le monastère-collège fut très florissant et abritait une riche bibliothèque.

En 1700, l’architecte Pierre Mignard refit le grand portail d’entrée tel qu’on le voit aujourd’hui et agrandit à l’ouest les bâtiments conventuels. A la Révolution, les tombeaux furent détruis la bibliothèque et les archives dispersées, l’église désaffectée. Le couvent servit alors de caserne à la gendarmerie.

Sous l’Empire, Saint Martial fut attribué à la Ville d’Avignon, qui y installa tableaux, manuscrits et livres provenant des établissements religieux et des émigrés. Ces collections furent unies à celles d’Esprit Calvet pour former le Muséum Calvet, qui resta à St Martial jusqu’en 1834. Dans d’autres parties de l’abbaye, on installa également le Musée d’Histoire naturelle, plus tard Musée Requien, et le jardin de l’abbaye (dont l’actuel square Agricol Perdiguier n’est qu’une petite partie) fut transformé en jardin botanique. Les locaux laissés vides par le déprat du Musée Calvet furent attribués en 1835 à l’Ecole Normale d’instituteurs. Les bâtiments de l’école elle-même sont maintenant démolis, mais une école d’adultes, puis une école primaire annexées à l’Ecole Normale fonctionnèrent dans l’église. Des cours communaux gratuits y furent organisés, où enseignèrent en particulier l’entomologiste Jean- Henri Fabre, qui fut également conservateur du Musée Requien, et le poète Stéphane Mallarmé. L’Ecole Normale quitta Sanit Martial en 1880.

En 1855, le percement du Cours Bonaparte (aujourd’hui Cour Jean Jaurès) détruisit une partie des bâtiments de l’ancien couvent et traversa le Musée d’Histoire naturelle et le jardin botanique. Une nouvelle façade fur rebâtie, qui reprit l’ordonnance des bâtiments de Pierre Mignard. Le Musée Requien, réaménagé, resta à Saint Martial jusqu’en 1898, puis laissa la place successivement à la Poste principale et à l’Office du tourisme.

Quant au culte protestant, c’est en 1881 que l’église de St Martial lui fut affectée par la ville, après le départ de l’Ecole Normale. La communauté protestante quitta alors l’hôtel de Sade, rue Dorée, où elle célébrait le culte depuis 1830, et inaugura, en juillet 1883, le temple qu’elle occupe toujours aujourd’hui.

Deux mots sur l’architecture La majeure partie de l’église est gothique. La voûte de l’abside est à six branches d’ogives ajourées de quatre feuilles, garnis de redents, soutenues par des anges porteurs d’écus armoirés.