C'est aussi ça l'Église

Une autre façon de vivre l’Église - Région Est-Montbéliard

 

Équipes pastorales missionnaires

Christian Tanon revient sur ce projet initié par la région Est et lancé en 2009, qui cherche à implanter de nouvelles formes de communauté par l’évangélisation en lien avec les paroisses existantes et à l’aide de pasteurs missionnaires présents sur le terrain.

En principe toutes les Églises locales ont pour mission d’annoncer l’Évangile au monde, quelle que soit  leur taille et leur environnement. Mais certaines Églises, en particulier en Région Est, n’ayant pas de pasteur depuis des années, et subissant une continuelle désaffection et vieillissement de leurs membres, ont souhaité connaître un nouvel élan. Elles ont accepté que des pasteurs à profil missionnaire fassent un travail d’évangélisation dans leur ville et environs. Les EPM ont commencé à Chaumont en 2009 et à Toul et Verdun en 2010, pour des missions de 5 ans.

 

Comment sont composées les EPM ?

La première équipe composée de deux pasteurs de l’EPUdF (ERF) fut implantée à Chaumont (Haute Marne) en septembre 2009. La deuxième équipe a démarré en 2010 à Toul et Verdun, avec un pasteur envoyé par l’Église Évangélique du Cameroun, rejoint par un pasteur missionnaire envoyé en 2013 par l’Église anglicane aux USA.

Les EPM travaillent en étroite collaboration avec les Églises locales qui les accueillent, mais rendent pas compte au conseil régional (CR), plutôt qu’au conseil presbytéral. Un comité de pilotage, constituée de membres du CR, de délégués des Églises locales, et des pasteurs eux-mêmes, se réunit périodiquement pour accompagner les pasteurs, faire le point et éventuellement orienter les activités des EPM.

 

Quel est leur « cahier des charges » ?

Cela tient en trois verbes :

Évangéliser : annoncer l’Évangile à l’extérieur de l’Église, aux non habitués des Églises locales concernées. La manière de faire est laissée à la discrétion des pasteurs (à condition de respecter la liberté de l’autre comme il se doit dans notre société).

Discerner : repérer les personnes qui pourraient être accueillies dans les Églises locales où ils interviennent. Tout en ayant conscience que cet accueil est en soi un défi pour l’Église locale qui devra s’adapter dans ses pratiques, notamment du culte, et qu’il faudra les y aider.

Former : permettre aux accueillis et aux accueillants de progresser dans l’intelligence de la foi, ainsi que dans le désir et la capacité de témoigner. Nous voulons faire en sorte que la dynamique qui sera ainsi créée puisse se poursuivre même si les pasteurs devaient se retirer pour une autre mission.

 

Que font-ils effectivement ?

Une des activités prometteuses est l’animation de cultes café croissants. Une fois par mois environ, le Temple ou une salle annexe est utilisé pour un culte qui ressemble peu à nos cultes ordinaires. Une quarantaine de participants vient s’asseoir autour de petites tables et se voit servir des cafés et des croissants par une équipe de volontaires. Après un mot d’accueil, un chant, une prière et une brève lecture de la Bible, la parole est donnée à un témoin, venant de l’extérieur, et qui partage à sa manière ce qui l’a fait grandir dans la foi, et mettre en lumière l’œuvre de Dieu dans sa vie. Puis les participants aux tables sont invités à partager autour d’une question en rapport avec le témoignage et la lecture biblique. Le culte se termine par une courte méditation, un chant, une prière d’intercession et une bénédiction. Nombreux sont ceux qui viennent et reviennent, venant de tous horizons, croyants et non croyants.

Les EPM proposent aussi des parcours Alpha, et à leur suite, des groupes de maison. Elles saisissent toutes les opportunités pour écouter les personnes en recherche, et faire connaître la Parole de Dieu à ceux qui en manifestent le besoin, sous forme collective ou individuelle. Certains progressent dans la foi en commençant par le Culte Café Croissant, puis le Parcours Alpha, puis les Groupes de Maison.

 

Une nouvelle façon de vivre l’Église locale

Cinq ans plus tard, que pouvons-nous dire de cette expérience ? En 2014, une équipe mandatée par le conseil national a fait une évaluation… Première conclusion : l’expérimentation est réussie ! A Toul, comme à Chaumont, les initiatives ont constitué une petite communauté de personnes dont la plupart n’avait pas de lien actif avec l’Église dans ses formes traditionnelles. Ces personnes cheminent dans la foi. Les EPM sont devenues pour eux une véritable Église locale.

Pourtant, les nouvelles personnes qui se présentent ne ressemblent pas aux « bons protestants » que nous connaissons bien. Elles ont des attentes tout à fait nouvelles. Elles ont pris goût aux petits groupes très chaleureux et participatifs des parcours Alpha et des groupes de maison. Certaines ont une grande soif de partager leur foi et leurs interrogations, et recherchent parfois un accompagnement personnalisé.

Nos paroisses sont-elles prêtes à répondre à ces attentes nouvelles ? Ne faut-il pas par exemple faire évoluer la forme des cultes pour les rendre plus participatifs ? Ou repenser en profondeur notre façon d’accueillir les nouveaux membres ? Et discerner les dons et talents des nouveaux venus pour leur confier des responsabilités dans la vie de l’Église ? Voilà le défi que connaissent actuellement les EPM et les paroisses de Chaumont et de Toul qui les accueillent.

> Pour en savoir plus sur les conclusions de l’évaluation et les ouvertures que cela propose,  lire Les équipes pastorales missionnaires, quel bilan ? (article à venir) 

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