Pièce de théâtre « JOSEPH père adopté », vendredi 20/1/17 à 20h30 au Temple d’Elbeuf

Pièce de théâtre « JOSEPH père adopté », vendredi 20/1/17 à 20h30 au Temple d’Elbeuf

"Joseph, père adopté"

Une histoire de parents, "humaine et exceptionnelle"

 

La Bible était à l’honneur en ce 20 janvier 2017 : à Washington, un nouveau président américain prêtait serment sur la Bible de Lincoln et sur celle de sa mère devant des centaines de milliers de personnes. A Elbeuf-sur-Seine, dans les locaux de l’EPUdF, deux heures plus tard, d’autres personnes venues de l’Eglise catholique (Elbeuf, Val-de-Reuil) ou protestante (Rouen, Elbeuf) assistaient - certes un peu moins nombreuses qu’à Washington... 35 personnes environ ! - au dernier opus des deux Alain, Combes et Portenseigne, dont nous avions vu les deux précédents, Les Assiégés et Paul et Néron.

Rappelons que le premier Alain est auteur, excusez du peu, d’une quarantaine de pièces et metteur en scène d’une cinquantaine ! Le second est comédien professionnel et retiendra, seul sur l’estrade, notre attention pendant 90 minutes avec un décor minimal, sans artifices techniques autres qu’un projecteur, un djembé, une flûte et son jeu personnel, passant d’une émotion à une autre, variant le rythme de ses phrases, adoptant une gestuelle expressive dans sa sobriété.

La pièce proprement-dite fait parler Joseph et retrace toute sa vie en une suite de tableaux qui s’enchaînent fort bien. Ainsi, nous avons successivement un Joseph fils d’Israël, artisan à Nazareth puis un Joseph amoureux qui se croit trompé par sa fiancée. Advient alors l’exceptionnel, l’incroyable : l’acceptation, via un songe, de cet enfant appelé à être le Sauveur du peuple. C’est le moment-clé / rupture, douloureux et magnifique de cet homme ordinaire traversé par l’inattendu, par ce qui le dépasse infiniment et qu’il va falloir intégrer dans sa vie quotidienne et celle de son couple.

Défilent tous les épisodes bien connus : le mariage, le recensement à Bethléem, la descente en Egypte, la joie du retour à Nazareth à la mort d’Hérode, Jésus au Temple de Jérusalem à 12 ans, Joseph heureux d’apprendre son métier à son fils dans son atelier jusqu’au départ de Jésus pour sa mission.

La contextualisation de ces épisodes permet de "vivre" les textes bibliques : Cocteau écrivait que s’il n’y a pas d’amour dans les mots, ils ne sont qu’écriture. Là, les mots prennent chair, deviennent vivants et nous assistons aux troubles intérieurs de Joseph : à la fois la fierté d’avoir été élu par Yahvé pour recevoir ce trésor, être le père adoptif de Celui qui était annoncé depuis tant de siècles par les prophètes - à travers les yeux de son fils, il voit le regard de Dieu, dit-il - et à la fois la tristesse car il sent bien dans la tête et l’expression de Jésus qu’il y a une autre paternité que la sienne, car il craint la destinée de son fils dont il sait qu’il ne sera jamais charpentier. Quand l’heure est venue de partir du domicile familial pour Jésus, c’est aussi le temps de partir pour Joseph...

A travers cette histoire humaine et exceptionnelle, nous sommes donc interpellés sur la parentalité : qu’est-ce qu’être parents ? Pour Joseph ce fut "aider son enfant à devenir ce qu’il devait devenir".

Et vous, votre réponse... ? Merci aux organisateurs, auteur/metteur en scène et acteur pour cette soirée.

Pierre Langlois