La Concorde de Leuenberg

septembre 2011
La Concorde de Leuenberg (du nom d’une localité proche de Bâle) a été rédigée en 1973, et adoptée par la majorité des Églises luthériennes et réformées européennes, ainsi que par les Églises unies qui en sont issues, et par les Églises Vaudoises et des Frères moraves (Tchèques). Aujourd’hui 105 Églises sont rassemblées dans la CEPE, Communion d’Églises Protestantes en Europe. Il s’agit d’un texte de 6 pages, comportant une cinquantaine d’articles, facilement accessible sur internet. Il aborde les points théologiques qui, dans la foi protestante, fondent l'Église : la compréhension de l’Evangile comme message de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, la prédication et les sacrements. Sur ces points-clés pour l’unité, les Églises signataires s’accordent et « se déclarent mutuellement en communion quant à la prédication et l’administration des sacrements », ce qui « inclut la reconnaissance mutuelle des ordinations et la possibilité de l’intercélébration. » Des divergences subsistent, certaines légitimes, d’autres appelant à plus d’unité encore, mais elles ne mettent pas en cause la fondamentale communion entre les Églises, ainsi constatée. Pour en arriver à déclarer ainsi supprimées les divisions qui existaient depuis le XVIème siècle, la Concorde de Leuenberg fait la distinction entre « le témoignage fondamental des confessions de foi de la Réforme » et « leur forme historique ». Le témoignage fondamental, qui dès l’origine était commun, n’a pas changé, mais l’évolution des questions théologiques, de la recherche scripturaire, et des dynamiques œcuméniques, « ont conduit les Églises de la Réforme à des formes de pensée et de vie nouvelles et semblables ». On voit qu’il y a là une forte sensibilité aux contextes historiques et à l’évolution nécessaire des expressions de la foi et de la vie de l'Église. Quelques Églises réformées ou luthériennes minoritaires, attachées aux formulations historiques dans leur ensemble, n’ont pas signé la Concorde de Leuenberg. Malgré ce bémol, il s’agit d’un texte fécond, qui nourrira d’autres rapprochements, comme celui entre anglicans, luthériens et réformés (accords de Reuilly, 1991), et, bien sûr, le projet d’union entre notre Église Réformée et l'Église Évangélique Luthérienne de France. Éric de Bonnechose