OECUMÉNISME

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens

le dimanche 20 janvier 2019 à Briançon

Prédication – Dt 16 (11-20), Ps 85, Luc 4 (14-21) – Pasteure AM Rive

 

Qui nous fera voir le bonheur ? C’est le titre d’un livre écrit par Martin Steffens, un jeune philosophe catholique, et c’est aussi une question posée dans le Psaume 4. Qui nous fera voir le bonheur ?

Face à la quête effrénée du bonheur, face même à cette injonction assez contemporaine d’être heureux à tout prix, nous avons entendu le psaume 85 stipuler que : Le Seigneur lui-même donne le bonheur. Tout le texte du Deutéronome parle de la bonté de Dieu, de sa générosité, de l’abondance qu’il réserve à son peuple. Et c’est parce que le peuple est conscient d’avoir tout reçu de Dieu qu’il peut, à son tour, faire une offrande de ses mains, et rechercher la justice, rien que la justice, sans rien convoiter en échange, sans rechercher aucun intérêt personnel - la justice, rien que la justice-, et ce, afin de vivre et de prendre possession du pays que le Seigneur son Dieu lui donne.

Refuser de convoiter un quelconque cadeau, un quelconque bonheur, une quelconque bienfait personnel dans notre manière de pratiquer la justice ;  et se contenter -c’est-à-dire être content de, se réjouir avec émerveillement et gratitude, de recevoir le don de Dieu, c’est-à-dire le bonheur que lui nous promet et nous offre. Se réjouir d’ores et déjà de pouvoir se fier en sa parole, car elle est sûre, solide, digne de confiance.

Sa Parole, c’est à la fois une loi, une loi amoureuse de l’humain, et une promesse, une promesse fiable et fidèle ; une loi pour que la vie soit possible, car sans loi, c’est le chaos, la confusion, la mort ; une Parole donc qui organise un vivre ensemble où chacun puisse trouver sa place et recevoir le bonheur et la joie de ceux qui ont conscience d’avoir tout reçu de Dieu. Alors le croyant met en pratique la loi pour remercier Dieu de le libérer de tout ce qui le retient esclave, de tout ce qui le retient enfermé dans la peur de l’autre.

Alors chaque jour est jour de fête. Chaque jour est jour de célébration.

Le Rabbin Ouaknin écrit ceci à propos des commandements de Dieu : « Etre pleinement humain, parler à autrui pour qu’il vive, comme moi, et qu’il me donne la vie en retour, que lui aussi m’offre le monde par sa parole : voilà ce dont traitent les commandements ».

Pratiquer la justice, cela revient à s’ajuster à la tendresse reçue de la part de Dieu, se caler sur cette tendresse, sur cette patience de Dieu, sur cette espérance que Dieu met en l’homme ; pratiquer la justice, c’est recevoir cette bonté et cette fidélité de Dieu, et du coup, l’offrir aux autres, à tous les autres, notamment les plus stigmatisés, les plus rejetés, les plus démunis. Car Dieu est à l’écoute de la souffrance de tous les humains et il proclame, en Jésus-Christ, la libération et le soulagement de toutes les créatures créées à son image, sans distinction. En hébreu, le texte que nous avons entendu dit très précisément : « Tu  ne feras pas de différence d’après le visage »…

Emmanuel Levinas, philosophe juif, écrit ceci : « voir un visage, c’est déjà entendre « tu ne tueras pas » ; et entendre « tu ne tueras pas », c’est entendre « justice sociale » ».

Notre Dieu nous connaît bien, il sait bien que l’humain a tendance à mettre de côté les personnes le plus en souffrance, à les mettre à l’écart, à les parquer même.

Pourquoi l’humain a-t-il cette tendance-là ? Peut-être tout simplement avons-nous peur de voir en face la réalité de notre propre vulnérabilité – certaines détresses sont absolument insoutenables – le simple fait de savoir qu’elles existent est déjà, en soi, insoutenable  : alors plutôt que d’oser côtoyer le tragique qui se manifeste dans tous ces drames, que ce soit la violence, la maladie grave, l’extrême vieillesse, la pauvreté, le handicap, l’exclusion, la mort, bref face à toutes les formes de ce qui apparaît comme perte, comme amoindrissement, qui nous fait sentir notre impuissance, nous préférons tenter de nier la réalité de notre condition humaine.

Or le texte du Deutéronome est clair : nous ne pouvons réellement faire la fête devant Dieu, nous réjouir, recevoir ce bonheur que tous ensemble : avec nos familles, avec nos voisins, avec nos malades, avec nos personnes très âgées, avec nos maltraités, avec nos pauvres, avec nos « émigrés ».

Jésus vient sur notre terre en proclamant une année d’accueil de la part du Seigneur. Accueillir, c’est accueillir sans condition, quelle que soit l’origine, la race, la religion, la situation politique ou sociale. Accueillir en humanité, c’est devenir soi-même corps du Dieu vivant.

Alors puisque nous sommes encore dans la traditionnelle période des vœux, je vous souhaite, je nous souhaite de pouvoir accueillir comme nous sommes nous-mêmes accueillis par Christ, de pouvoir regarder tous les visages qui nous entourent comme nous sommes nous-mêmes regardés par Christ, de pouvoir aimer les plus dénigrés comme nous-mêmes sommes aimés par Christ. Bref, que nous ne voyions plus qu’à travers le filtre de l’amour de Dieu tous les visages qui nous entourent, et qu’ainsi sa bonté fidèle et authentique, sa justice et sa paix règnent dans notre monde. Alors chaque jour sera jour de fête, chaque jour sera jour de joie.  Amen.


 
Temps de prière oecuménique au cimetière Vauban le 11 novembre 2018

Parole de Martin Luther King

Aujourd'hui, dans la nuit du monde et dans l'espérance
j'affirme ma foi dans l'avenir de l'humanité.
Je refuse de croire que les circonstances actuelles rendent les hommes incapables de faire
une terre meilleure.
Je refuse de partager l'avis de ceux qui prétendent que l'homme est à ce point captif de la nuit
que l'aurore de la paix et de la fraternité ne pourra jamais devenir une réalité.

Je crois que la vérité et l'amour sans conditions auront le dernier mot effectivement.
La vie, même vaincue provisoirement ,demeure toujours plus forte que la mort.
Je crois fermement qu'il reste l'espoir d'un matin radieux.
Je crois que la bonté pacifique deviendra un jour la loi.
Chaque homme pourra s'asseoir sous son figuier, dans sa vigne,
et plus personne n'aura plus de raison d'avoir peur.

Lectures bibliques

Ps 85 (9-14)

9 J'écoute ce que dit Dieu, le SEIGNEUR; il dit: «Paix», pour son peuple et pour ses fidèles, mais qu'ils ne reviennent pas à leur folie!  10 Son salut est tout proche de ceux qui le craignent, et la gloire va demeurer dans notre pays.  11 Fidélité et Vérité se sont rencontrées, elles ont embrassé Paix et Justice.  12 La Vérité germe de la terre et la Justice se penche du ciel.  13 Le SEIGNEUR lui-même donne le bonheur, et notre terre donne sa récolte.  14 La Justice marche devant lui, et ses pas tracent le chemin.

Jacques 4(14-18)

14 Mais si vous avez le coeur plein d'aigre jalousie et d'esprit de rivalité, ne faites pas les fiers et ne nuisez pas à la vérité par vos mensonges.  15 Cette sagesse-là ne vient pas d'en haut ; elle est terrestre, animale, démoniaque.  16 En effet, la jalousie et l'esprit de rivalité s'accompagnent de désordres et de toute sortes de pratiques mauvaises.  17 Mais la sagesse d'en haut est d'abord pure, puis pacifique, douce, conciliante, pleine de compassion et de bons fruits, sans façon et sans fard.  18 Le fruit de la justice est semé dans la paix pour ceux qui font oeuvre de paix. 

1Pierre 3, 10-11

10 En effet, qui veut aimer la vie et voir des jours heureux doit garder sa langue du mal et ses lèvres des paroles trompeuses, 11 se détourner du mal et faire le bien, rechercher la paix et la poursuivre.

 

-prière attribuée à un soldat :

"Je demandais la force afin de pouvoir accomplir ma tâche ; je reçus la faiblesse, afin d'apprendre à obéir.

Je demandais la santé afin de faire des choses plus grandes ; je reçus l'infirmité, afin de faire des choses meilleures.

Je demandais la richesse afin d'être heureux ; je reçus la pauvreté afin d'être sage.

Je demandais la puissance afin d'avoir la louange des hommes ; je reçus l'impuissance afin de sentir le besoin de Dieu.

Je demandais toutes choses, afin de jouir de la vie ; je reçus la vie, afin de jouir de toutes choses.

Je ne reçus rien de ce que je demandais, mais tout ce que j'espérais. Presque malgré moi, la prière de mon coeur a été exaucée. Je suis béni plus que tous les hommes".

 

Prière d’intercession 

1 - Seigneur, nous te rendons grâce pour le temps de paix, certes fragile, que vivent entre eux les peuples d’Europe.
        
                             Et nous te prions pour tous les peuples qui, sur d’autres continents,
         connaissent la guerre et les conflits, souvent dans l’indifférence du monde.

         Dieu de Tendresse apprends nous les chemins de la fraternité et de la paix.

  • Seigneur, nous nous souvenons des Poilus de la grande guerre. Nous te rendons grâce pour les hommes et les femmes de notre pays qui, au service  de la paix, risquent aujourd’hui leur vie pour nos concitoyens.
            
                                  Et nous te prions pour celles et ceux qui ont été blessés et les familles de celles et ceux qui ont été tués dans des  attentats ou sur des théâtres d’opérations extérieurs.

         Dieu de Tendresse, apprend-nous les chemins de la fraternité et de la paix.

  • Seigneur nous te rendons grâce pour tous ceux qui, au nom de leur foi sont soucieux de la dignité de l’homme. Ils  sont artisans de paix dans leur famille, leur travail, leur commune, au sein d’associations.
             
                                 Et nous te prions pour ceux qui sont victimes d’injustice, de mépris, de misère,
             de violence. Tout  particulièrement pour les réfugiés, les exilés.

         Dieu de Tendresse, apprend-nous les chemins de la fraternité et de la paix.

 

 

  • Seigneur nous te rendons grâce pour ceux qui acceptent des responsabilités politiques, économiques, sociales et syndicales.      
                               Et nous te prions pour qu’ils aient toujours le souci du bien commun, en vue de construire une société fondée sur la vérité, la justice, la charité.

        Dieu de Tendresse, apprend-nous les chemins de la fraternité et de la paix. Je vous invite tous à partager la prière que Jésus nous a donnée.

 Notre Père