Pâques !

Une petite méditation pour ce dimanche de Pâques

 

 

De l'urgence à l'attente, de la course au calme, du tombeau à la vie.
C'est un peu le chemin que suivent les disciples de Jésus en ce premier jour de la semaine...

Urgence pour Marie de partager avec d'autres sa stupeur devant ce tombeau qu'elle pensait trouver fermé mais dont la pierre a été roulée.
Urgence pour Pierre et l'autre disciple de chercher à comprendre ce qui s'est passé, de mener l'enquête pour trouver, peut-être, une explication rationnelle à ce tombeau ouvert, à ce corps qui n'est plus là.
Urgence aussi pour eux de constater de leurs propres yeux ce qui est si difficile à croire.

Et dans cette urgence, la machine s'emballe... et tout le monde se met à courir.

Marie tout d'abord. Les disciples ensuite, dans une course qui nous est décrite avec tant de précision qu'on a presque l'impression de courir avec eux jusqu'à ce tombeau !

Alors je me suis demandée pourquoi cette course, et je me suis dit que courir, c'est une sorte de mécanisme de survie, de réflexe qui s'enclenche quand l'imprévu fait irruption dans nos vies, quand notre raison n'est plus d'aucun secours.
On a alors besoin de courir... pour se rassurer, pour remplir l'espace, sans doute aussi pour avoir l'impression d'être acteur de qu'on ne maîtrise pas en réalité, pour avoir l'impression de faire quelque chose.
Courir dans les supermarchés et dans les pharmacies, courir vers les réseaux sociaux et les sites d'information. Courir vers l'endroit où l'on pense qu'on sera mieux.
Courir après le sens de ce qui n'en a pas, pour essayer de rattraper ce qui nous échappe...

Et puis la course s'arrête... Et vient le calme, l'attente. Parce qu'on ne peut pas toujours courir : à un moment donné il faut reprendre son souffle, même quand on a de l'endurance.
Les disciples rentrent chez eux.
Marie, elle, est revenue jusqu'au tombeau. Elle se tient là, elle pleure. Après avoir couru, la voilà prête à affronter la tristesse qui la traverse et à regarder à l'intérieur du tombeau. Comme Pierre et le disciple que Jésus aimait se sont arrêtés là, au bout de leur course, et sont entrés dans ce tombeau vide... avant de repartir chez eux.

Et si pour pouvoir se tourner vers la vie, et si pour pouvoir se relever de nos morts, il nous fallait affronter ce qui se trouve dans nos tombeaux ? Et si il fallait oser regarder à l'intérieur, y voir ce qui s'y trouve et ce qui ne s'y trouve plus. Et si il fallait entendre ce que l'intérieur de ces tombeaux a à nous dire pour pouvoir ensuite leur tourner le dos, regarder ailleurs, aller ailleurs ?

Marie, dans ce calme qui suit la course, et après avoir affronté l'intérieur du tombeau, se retourne. Et c'est là qu'elle voit, puis qu'elle entend Celui qui, vivant, l'appelle vers la vie.

Le Christ est ressuscité, il n'est plus dans la tombe, il est vivant !

Hier, dans le parcours de méditation que nous vous avons proposé pour vivre cette semaine sainte, nous avons fermé nos tombeaux sur les esclavages, les trahisons, les haines, les souffrances et les abandons qui nous habitent. Aujourd'hui, la pierre a été roulée et la lumière du jour pénètre dans ces tombeaux. Elle y éclaire tout ce qui a besoin de l'être, elle nous permet surtout de voir qu'aujourd'hui Dieu fait toutes choses nouvelles, pour nous et pour le monde.

Oui le Christ est vivant et il nous appelle, nous aussi, par notre nom.
Oui le Christ est vivant et il nous dit, à nous aussi, d'aller vers nos frères, vers nos sœurs.
Oui le Chirst est vivant et il nous invite, nous aussi, à la vie.

 

Merci Seigneur,
pour le soleil de Pâques se levant dans le cœur des hommes.
Merci de marcher avec nous sur tous nos chemins.
Merci pour la musique de ta fidèle présence que tu murmures au fond de nous.
Merci de rester à nos côtés quand le jour décline et que les craintes grattent à notre porte.
Merci de nous prendre par la main pour nous conduire plus loin que la mort.
Merci d'être notre Seigneur vivant avec nous chaque jour et pour toujours !

Charles Singer, Le Livre des fêtes, Editions du Signe, 2001

 

Si nos maisons sont trop petites,
si nos maisons nous tiennent à l'étroit,
si nos plafonds sont trop bas et nos murs trop épais,
c'est pour nous déloger et habiter en toi.

Si nos maisons s'écroulent,
si leurs cloisons s'effritent,
si nos fenêtres battent au vent,
si nos portes ferment mal,
c'est pour nous rendre libres et habiter en toi.

Si nous errons encore,
si nous n'avons nulle part où reposer nos têtes,
si nous n'avons nulle part où arrêter nos corps,
c'est pour marcher sans cesse et habiter en toi.

Si nous ne possédons aucune clé,
si toute serrure nous résiste,
si aucun lieu jamais ne nous offre le repos de nous croire arrivés,
c'est que ta demeure, Seigneur, englobe tous nos endroits.

Ainsi vient ton Royaume lorsqu'on habite en toi.

Marion Muller-Collard, Comme la première fois - Prier, Editions Passiflores, 2013

 

 

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Publié le 12 avril 2020

Commentaires

T. Claudine| Dimanche 12 avril 2020 à 11 h 18
Ce matin, dans la solitude de mon appartement, j'ai allumé une bougie, j'ai fait le silence dans mon cœur, j'ai lu le texte de Jean et écouté le message de Marion et Emmanuel.....
Je n'étais plus toute seule. J'étais en communion avec tous les amis de la paroisse, et, au-delà, avec tous les croyants, tous les vivants.
Nous avons été obligés de nous arrêter, de nous renfermer.... pas tous, car beaucoup travaillent toujours pour nous permettre de bien passer ce temps difficile, d'attente ou d'épreuve. Il faudra nous en souvenir quand nous ressortirons !
Nous sommes enfermés, mais grâce aux technologies actuelles, nous pouvons communiquer avec tous ceux qui nous sont chers. Pensons aussi aux esseulés, aux malades. Appelons-les, ouvrons leur notre cœur et partageons la bonne nouvelle : Christ est vivant ! Grace à lui, nous triompherons de l'épreuve.
Amitiés,
Claudine