S'engager pour la justice climatique... Avec énergie !

Une bougie est allumée sur une table. Joli, mais banal ? Pas dans ce cas. Car cette bougie a été allumée par le Conseil interreligieux du Pérou, et cette table n’est autre que celle de Manuel Pulgar-Vidal, président de la conférence climat de l’ONU qui s’est tenu à Lima début décembre 2014. Que vient-elle donc faire là ?


De plus en plus d’acteurs religieux prennent conscience de ce que les changements climatiques provoqués par les activités humaines ne constituent pas un enjeu parmi d’autres, mais un enjeu qui détermine tous les autres et mobilisent les croyants sur la base de leurs éthiques religieuses.


Car demain, si nous ne faisons rien, les changements climatiques seront un des principaux facteurs de chute de la biodiversité, de perte des moyens de subsistance, de mise en compétition de populations pour les ressources vitales, de conflits violents et de migrations. Ils constitueront l’obstacle majeur à la lutte contre la pauvreté et une menace constante pour la sécurité intra et interétatique.


Les groupes religieux soulignent l’aspect moral de ces changements, qui provoquent de profondes injustices. Injustices entre nations d’abord, puisque ce sont les pays qui ont le moins émis qui seront les plus touchés. Injustices entre générations ensuite, car ce sont les générations actuelles et à venir qui souffriront des conséquences du mode de vie des générations passées et actuelles. Injustices entre riches et pauvres enfin, car les pays en voie de développement ou les couches défavorisées de la société sont les plus vulnérables et les premières victimes, alors même qu’ils ont une responsabilité historique faible.


Or, du 30 novembre au 11 décembre 2015, la France accueillera à Paris la 21ème Conférence de l’ONU sur les changements climatiques (la COP21). L’enjeu ? Donner un successeur à un protocole de Kyoto dépassé, soit signer le premier traité universel sur le climat. L’objectif ? Que ce traité soit assez ambitieux pour limiter le réchauffement moyen global à +2°C. A cette occasion, les religions de France se mobilisent. Les représentants de six principales confessions rencontreront François Hollande le 1er juillet pour lui remettre un texte de plaidoyer et jeûner ensemble pour le climat[1].


La bonne nouvelle, c’est que nous avons les savoirs et les outils pour changer, et que nous pouvons agir sans attendre les Etats ! Partout, des gens inventent des alternatives[2]. Le futur est là, en germe, chez des petits paysans respectueux et des entrepreneurs sociaux et solidaires, chez Manon qui se fournit en électricité renouvelable, Pierre qui achète local et de qualité, Christine qui composte ses déchets organiques, Hans qui mange moins de viande, Cathie qui isole sa maison, Yves qui ne prend plus l’avion.
Alors mettons-nous en route, aussi en paroisse et en Eglise, vers des sociétés plus sobres, simples, durables, conviviales et heureuses ! En christianisme, d’ailleurs, on connaît bien ça, ça s’appelle la conversion.

Martin Kopp

 

[1] Voir le site de l’initiative : www.jeunepourleclimat.org

[2] Voir le site de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) : www.ademe.fr