Temple de Levallois-Perret

Levallois-Perret : histoire du temple
Une église réformée et classée

Histoire d’une conquête

L’histoire du temple de Levallois se fond dans celle du temple de l’Étoile, édifié en 1874, avenue de la Grande Armée, à Paris. En 1889, à la mort de son inspirateur, le pasteur Bernier, sa veuve et les pasteurs Vinard et Picard, poursuivent avec un succès toujours croissant l’œuvre entreprise par son fondateur. Très vite l’essaimage missionnaire de l’Étoile se répand jusqu’à Levallois, au-delà des fortifications, dans cette ville nouvelle et industrielle qui compte déjà près de 70 000 habitants. Dès la fin du XIXe siècle, les ¾ des enfants de l’École du jeudi, la quasi-totalité des jeunes filles de l’Union Chrétienne et une bonne partie des enfants de l’École du dimanche sont tous originaires de Levallois. En 1891 le dynamique pasteur Henri Monnier s’attache à prendre en charge séparément l’œuvre de Levallois.,

Temple protestant de Levallois-Perret

En 1897, un terrain est loué pour une durée de quinze ans (rue des Cormeilles, aujourd’hui rue Anatole France) où, dans une première construction légère, se tiennent des actions sociales et laïques (conférences, soirées musicales, théâtre) et un culte régulier le dimanche dans une chapelle provisoire. L’École du jeudi y émigre en 1900, l’œuvre des Soupes en 1901 et l’École de Garde en 1907. Très vite le besoin d’une salle réservée exclusivement au culte se fait ressentir. L’édification d’un temple attenant à un foyer social est décidée.

Ce sera l’église réformée de la Petite Étoile, consacrée le 1er décembre 1912.

Une construction flamboyante

L’édification de la Petite Étoile est confiée à l’architecte Antoine Charles Letrosne (lauréat de la Société Centrale des Architectes Français en 1894 et architecte de la faculté de théologie protestante de Paris).

L’extérieur de l’édifice s’inspire des traditions d’Europe du nord, avec ses toits recouverts d’ardoise, en pavillons débordants, hauts et très pentus, qui offrent des pentes irrégulières, et que surplombe une flèche carrée et élancée.

Les baies, toutes cintrées de bandeaux de briques apparentes, et la finesse de la ferronnerie du porche et des judas, contribuent à égayer et alléger l’ensemble de la structure.

Temple protestant de Levallois-Perret

L’intérieur du temple, en forme de croix latine, est dominé par sa volumineuse charpente d’inspiration anglo-saxonne, aux poutraisons puissantes qui reposent sur des corbeaux en saillie. La partie inférieure de l’édifice est couverte de décorations en stuc, imitant des boiseries en arcs brisés aux moulures feuillagées. Les parties intermédiaires sont ornées de peintures au pochoir aux teintes pastel. On accède à des tribunes latérales par des escaliers aveugles.

Trois grands vitraux polychromes ornent l’édifice. Celui du chœur « Paix sur la terre » est surmonté de la colombe du Saint Esprit. Il représente la Jérusalem Céleste. Celui à droite du chœur « Bienveillance envers les hommes » est surmonté d’un buisson ardent. Il représente la Jérusalem Terrestre. Et celui à gauche du chœur « Gloire à Dieu au haut des cieux » est surmonté de l’agneau mystique et des sept sceaux.

L’orgue, du facteur Mutin, surmonté d’une rosace dans le fond de la nef, date de 1912. Il a été modifié dans les années 60, par l’adjonction d’un plein jeu, et vient de subir une restauration récente.

Temple protestant de Levallois-Perret

Un édifice classé

L’inscription du temple de Levallois aux monuments historiques date du 8 septembre 1995. Elle est due à la singularité de son style néo-gothique flamboyant et à l’originalité de sa charpente, rare dans les édifices cultuels français, qui lui confère cette ambiance chaleureuse et esthétique si peu de mise dans l’architecture minimaliste réformée. Depuis 2002, le temple ouvre ses portes aux visiteurs dans le cadre des journées du patrimoine et propose des visites commentées. Un plan de restauration de la toiture, qui a beaucoup souffert des outrages du temps, a depuis été décidé.

La Petite Étoile, actuelle église réformée de Levallois Clichy, est donc redevenu comme neuve pour ses cent ans, en 2012.

Article de Thierry Mourgue paru dans la "La voix protestante" n°298 de septembre 2005.