Culte du 24 mai 2020

Une Sainte Cène à domicile ? 

Lettre aux confinés du 24 mai 2020

 

Chant :  45 / 10 J’ai soif de ta présence

 

MESSAGE    pour imprimer les textes 24 05 20

 

Chers amis,

Ce temps de confinement était un temps, et il l’est encore, où nos habitudes sont bouleversées. Les échelles peuvent varier. Cela va des choses très sérieuses comme la perte d’un travail ou des baisses de revenus, jusqu’aux choses plus légères : la rencontre dans une association qui nous manque ou le simple plaisir d’un repas partagé entre amis. Nous sommes de tout cœur avec celles et ceux qui doivent s’orienter autrement dans leur vie et essayer de trouver à nouveau la terre ferme.

 

J’ai remarqué aussi que quelques-uns d’entre nous profitent de ce chamboulement pour faire du tri volontairement : les photos toujours pas classées ou les textes et les papiers qui ont pris la poussière dans un dossier ; la jeune famille qui envisage d’échanger l’appartement parisien contre une vie plus rurale ou de se réorienter vers un autre domaine professionnel, etc, etc.

 

De même, concernant l’église en confinement, des réflexions surgissent : de quoi avons-nous besoin essentiellement ? qu’est ce qui me manque ? comment continuer, mais autrement ? les choses dont nous ne n’éprouvons plus le besoin ?

Parmi les questions qui ont surgi, je veux répondre aujourd’hui à celle-ci  :

 

Est-il possible de célébrer une Sainte Cène à domicile ?

Bien que je vous aie invités précédemment à patienter, ou plutôt à accepter ce jeûne de la Cène, j’entends bien que le temps devient long pour certains d’entre-nous et qu’ils songent à d’autres solutions. Alors, je veux bien donner quelques pistes de réflexions. Ce sera la suite du culte thématique La Sainte Cène expliquée du 1er mars dernier qui avait placé la vision protestante dans une approche œcuménique, mais aussi à ma Lettre aux confinés du 9 avril pour le Jeudi Saint. ( vous les retrouvez dans notre archive de prédications sur notre site : https://www.eglise-protestante-unie.fr/marly-le-roi-et-environs-p71813/culte-se511)

 

Alors, regardons la question posée sous différents points de vue :

 

Est-il possible de célébrer une Sainte Cène à domicile ?

Poser cette question, c’est évidemment convenir qu’il y a un besoin et que le manque de la pratique de la Sainte Cène commence à se faire sentir. Quel besoin ressentez-vous ? Seuls vous-mêmes pouvez répondre : la solennité du rite ? la conscience de la présence du Ressuscité ? le partage ? éprouver un autre vécu de la foi que par la parole seule ? autre chose ?

 

Est-il possible de célébrer une Sainte Cène à domicile ?

Le seul commandement dont nous disposons de la part de Jésus est le suivant : « Faites ceci en mémoire de moi… »  (Matthieu 26:26-28 ; Luc 22:14-20 ). Rien de plus comme mode d’emploi. Notre pratique de la Sainte Cène d’aujourd’hui est nourrie de diverses sources et s’est construite avec le temps.

 

L’un des points de départ, ont été les « diners débats » ou les repas mystiques de l’antiquité (cf I Cor 11) : Passer du temps autour d’un repas ensemble, tout en vivant la convivialité, mais aussi un aspect d’enseignement et de culte. Cela se pratiquait à domicile ou dans des salles de réunion qu’on pouvait louer dans ce but, parfois en annexe du temple, mais jamais au sein d’un temple. C’est donc une pratique laïque, privée, cependant pas forcément entre soi, mais en ouvrant la porte aux invités.

 

Autre influence importante, la fête de la pâque juive (cf Dtn 16). Le dernier repas de Jésus avec les disciples était un repas de la fête de Pessah. Là encore, c’est un repas qui se pratique à domicile ou dans une salle, mais si possible, toujours en invitant d’autres personnes à table.  Aujourd’hui des liturgies existent, des livres, pour que chaque famille, chaque groupe rassemblé, avec ou sans présence d’un rabbin, suive le même déroulement partout dans le monde. Au centre de la liturgie de Pessah, jusqu’à nos jours, est la transmission aux enfants. Tout est rythmé par les questions qu’ils posent et les réponses qu’on va leur donner.  cliquez ici 

  • Lecture Biblique : Comme ici dans le livre du Deuteronome chapitre 6, 20Lorsque, dans l’avenir, ton fils te demandera : « Pourquoi le Seigneur notre Dieu vous a-t-il donné ces instructions, ces décrets et ces règles ? », 21tu lui répondras : « Nous étions esclaves du pharaon en Égypte, et le Seigneur nous a fait sortir de ce pays grâce à sa puissance irrésistible. 22Nous avons vu les signes impressionnants et les prodiges par lesquels il a infligé le malheur au pharaon, à sa famille et à tout son peuple. 23Il nous a fait sortir d’Égypte pour nous conduire dans le pays qu’il veut nous donner, comme il l’a promis à nos ancêtres. 24Alors il nous a ordonné de mettre en pratique toutes ces lois. Nous trouverons en tout temps le bonheur si nous reconnaissons l’autorité du Seigneur notre Dieu ; il nous maintiendra en vie, comme c’est le cas aujourd’hui. 25Oui, si nous mettons soigneusement en pratique tous les commandements que le Seigneur nous a donnés, notre conduite sera conforme à ce qu’il veut. »

 

Le grand but du mémorial du repas partagé est de ne jamais oublier l’œuvre libératrice de Dieu, d’abord pour soi même, et puis en le transmettant à la génération qui suit. Partager ce repas a donc toute sa place au sein de la famille.

En s’appuyant sur ces deux aspects, l’aspect juif et le vécu dans les premières communautés chrétiennes, nous voyons bien que le problème n’est pas le fait de célébrer une Cène hors d’une célébration de culte dominicale ou dans le cadre privé, mais celui de la constellation. 

Que faire quand on est tout seul chez soi ?  Quand on n’a personne pour partager ou pour faire mémoire ensemble ? 

 

Pour contourner le problème, de nombreuses églises ont proposé des Saintes Cène à distance, mais en communion, au moment d’un culte en visio-conférence, par exemple. Chacun prépare son pain et sa coupe à domicile mais on mange et on boit en se voyant les uns les autres sur écran, en écoutant les même paroles et en procédant simultanément. Je pense que, sur un plan de la théologie réformée, cela se peut, mais le ressenti individuel peut varier. Expérience faite, après quelques semaines de confinement, les uns sont très satisfaits car ils témoignent d’un vécu communautaire et solennel, et, pour eux, plein de sens spirituel, tandis que d’autres abandonnent et disent plutôt leur déception car rien au monde ne peut remplacer le partage en communion lors d’une célébration au temple.

 

Est-il possible de célébrer une Sainte Cène à domicile ?

  • que faut-il pour « célébrer » un moment ?

Ce qui rend le bout de pain et la gorgée de vin ou de jus de raisin en pain et coupe de la Cène, n’est pas lié au ministre de culte, ni à un lieu sacré, encore moins à une formule magique, mais à l’attitude et la conscience dans laquelle nous partageons le pain et la coupe. « Faites ceci en mémoire de moi ». Tous les participants doivent être conscients qu’on partage le pain et la coupe dans ce but, sinon c’est un « casse croute » comme un autre.

 

Je me souviens d’une rencontre œcuménique à laquelle j’ai assisté. Pendant presque toute une journée avec différentes églises, nous  avions préparé un programme avec et pour des enfants pour identifier ce que nous avons en commun dans nos églises et marquer aussi les différences qui persistent encore. Dans la préparation de l’un des ateliers avec un prêtre catholique, nous avions reconnu, l’un comme l’autre, notre regret de ne pouvoir communier ensemble. À la fin de la journée, tout s’était bien passé, nous avions partagé une soupe avec tous les participants. Et à un moment donné, le prêtre me passe discrètement le panier avec le pain coupé, prend un bout et me met dans la main, en disant : « tiens, c’est donné pour toi. » Et j’ai compris, et j’ai fait l’inverse. Est-ce une Sainte Cène cela ?

Pour nous deux, dans ce moment, il y avait clairement un peu de cela, car tous deux avons pensé à notre échange au sujet de l’accueil à la Cène. Car nous étions conscients, l’un comme l’autre, que le geste sortait du quotidien et correspondait à la volonté de faire communion et de faire mémoire au dernier geste de Jésus ensemble.

 

Comment être sûr que le partage du pain et de la coupe est relié à l’appel de Jésus à faire ainsi en sa mémoire ? Je crois que le cadre est important pour y arriver.

C’est pourquoi, il est beaucoup plus facile de le pratiquer dans un lieu dédié au culte, avec une personne qui préside la célébration et qui guide les autres (le liturge) et des paroles dédiées à cette liturgie… à mon avis. Raison pour laquelle je préfère cette façon de faire à une autre.

Cela ne doit pas empêcher celles et ceux qui veulent se lancer malgré tout, mais mon conseille serait le suivant : soignez ce moment ; donnez-lui un cadre ; vérifiez que tout le monde adhère à ce moment.

 

  • des exemples de textes

Des liturgies, des textes donnés peuvent aider.

J’avais traduit et adapté il y a quelques années une proposition de liturgie de Sainte Cène avec des enfants. Elle m’a plu car elle reprend la coutume juive ou l’enfant pose des questions et a sa place dans ce que l’on fait. La Sainte Cène comme acte catéchétique.

Vous la trouvez ici une liturgie de Sainte Cène avec enfants :  Liturgie St Cène avec enfants

Peut-être vous donnera-t-elle des idées.

Mais ce qui vaut pour les enfants, vaut certainement aussi pour les adultes.

 

En catéchèse, je fais parfois apprendre par cœur cette définition du sacrement :

« Un sacrement est

un rite pratiqué par des chrétiens,

car Jésus la demandé.

Par des paroles et des gestes

le sacrement essaie de rendre visible

ce qui reste invisible: la présence de Dieu. »

 

En fait, les sacrements, au moment du baptême et de la Sainte Cène, ce sont aussi pour nous, adultes, les rares moments où nous ne nous contentons pas de la parole uniquement, mais où nous ajoutons des gestes…et nous savons par ailleurs que des gestes valent parfois plus que mille paroles. Pour nous aussi, le fait de rompre le pain, de manger ensemble, de se voir en groupe rassemblé, de boire… nous fait vivre et comprendre la foi d’une autre façon.

 

Les propositions de textes pour célébrer une liturgie de Sainte Cène ne sont pas secrètes. Nous en trouvons, accessibles à tout le monde, sur le site de notre église, par exemple :  liturgies textes site EPUdF

 

Est-il possible de célébrer une Sainte Cène à domicile ?

Oui, c’est possible.

De mon côté, je ne trouve pas de réponses satisfaisantes quant à certains aspects : que proposer aux personnes qui vivent seules ? que proposer pour que la Cène ne perde pas son lien avec la communauté, l’Église ? Pour mémoire: église vient de « ekklesia » : être appelé dehors, se rassembler sur la place publique . Quand nous apportons par exemple la Sainte Cène à une personne malade ou dans une maison de retraite, nous essayons toujours d’être à plusieurs, pour faire lien avec l’Église, la communauté. 

 

Puisque la question m’a été posée, j’ai essayé d’y répondre et je reste à disposition de celles et ceux qui souhaitent faire cette expérience d’une Sainte Cène à domicile.

 

Mais bien sûr nous espérons aussi prochainement pouvoir ouvrir le temple pour des célébrations  et, dans quelques mois, revenir à une célébration de la Cène au temple… bien entendu sous une autre forme pour permettre la sécurité sanitaire. Le Conseil travaille et réfléchit là dessus.

 

Mais peu importe la forme ou l’endroit ou la constellation. Rappelons nous cette consigne que donnait Jésus : Marc 2, 27 Puis Jésus leur dit: Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat, …

 

Ne faut-il pas dire la même chose pour les sacrements ? Ils sont à notre service pour nous aider à vivre notre foi. À nous de voir où est notre besoin. À nous de voir comment garder la parole vivante par des gestes adaptés à notre situation et à notre besoin. 

L’Ascension nous l’a rappelé : C’est à nous de poursuivre de l’œuvre de Jésus, en son nom et avec son soutien. À nous de poursuivre d’une façon inspirée et renouvelée par l’Esprit, mais nous devons ouvrir nos réflexions et nos prières à cet Esprit pour qu’il puisse y souffler.  Amen

 

Chant :  47 / 19, Tu es là au coeur …. 

 

 

Musique à mettre pendant la lecture des textes qui vont suivre , mise à disposition par Matthieu Chabaud

 

Confession de Foi 

Je crois en Dieu,

Le Seigneur qui est, qui était et qui vient.

Je crois notre histoire, habitée, soulevée, fécondée, par le Seigneur vivant.

Dans sa parole, heureuse nouvelle,

dans les signes de leau et du pain,

dans les cris du pauvre et de laffamé,

dans les gestes du prisonnier et du rejeté,

Il mattend, Il me parle, mystérieux visiteur dont le souffle de vie me fouette le visage.

 

Avec mes frères et mes sœurs, je sais quIl habite notre aujourdhui.

Je crois avec toutes les femmes, tous les hommes dhier, qui déchiffrèrent sa trace dans lhistoire.

Peuple libéré de la servitude et tancé par les prophètes.

Peuple chanteur de psaumes et sage de proverbes.

Avec les foules palestiniennes et les apôtres, témoins de sa voix humaine,

jentre dans ce grand cortège qui suit le Nazaréen:

Paul de Tarse, François dAssise, Luther, Jean XXIII, Martin Luther King et tous les autres….

Marie, Marie Madeleine, Lydie, Hildegard, Katharina de Bora, Mère Thérèse, Caroline Malvesin, Suzanne de Dietrich et toutes les autres …

Ils nont pas cru en vain !

 

Je crois, dans le bruissement du monde,

entendre les coups quIl frappe à la porte, discerner les pas silencieux de celui qui vient.

Cest pourquoi, au chevet des malades et des agonisants, je prie.

Avec tous les opprimés, et les torturés, je crie.

Avec tous les passionnés, je cherche, avec les lutteurs, je milite.

Car il vient, celui-là, qui rompt tous les destins et ouvre les chemins,

qui désarme toutes les résignations et suscite les responsabilités, et dont le projet fait pâlir tous les programmes.

 

Jattends le Vivant dont la résurrection a nom Espérance.

Je crois au Seigneur, Celui daujourdhui, dhier et de demain. Amen

 

Prière d’Intercession 

d’après une prière de Christine Mielke, secrétaire nationale à lanimation des réseaux jeunesse de lEglise protestante unie de France

 

Dieu,
Nous sommes au milieu d
une traversée.

Comment vivre cette nouvelle période de déconfinement progressif ?

Comment vivre avec la peur ?

Comment continuer à faire communauté, être ensemble, en s’évitant,

en respectant la distanciation physique ?

Beaucoup a changé et est différent aujourdhui.

Comment sera demain ?

Quelle société voudrions-nous construire aujourdhui ?

 

Dieu de vie,

Fais toutes choses nouvelles dans notre vie.
Renouvelle-nous sans nier le passé,

mais en prenant le passé avec nous pour éclairer notre aujourd’hui.


Fais toutes choses nouvelles dans notre vie.

Décharge-nous de ce qui alourdit notre espérance :

nos questions,
nos soucis,
nos peurs,
notre quête de sens,
notre inquiétude pour l
avenir.

 

Oui, Dieu,
fais toutes choses nouvelles dans notre vie
en prenant en compte ces éclats de vie,
en nous aidant à les rassembler à nouveau, différemment peut-être.

 

Nous te prions pour les enfants, les jeunes qui sont retournés à l’école,
pour leurs enseignants et leurs parents
et aussi pour celles et ceux qui continuent à travailler à la maison,

parfois dans des situations difficiles. Donne-leur la force et le courage de traverser ce temps de scolarité perturbée.


Nous te prions pour les jeunes dans leurs études,
pour celles et ceux qui passent un examen, un concours,
pour les jeunes adultes qui se questionnent au sujet de leurs orientations,
pour celles et ceux qui entrent dans la vie active.

Aide-les à saccrocher et éclaire-les dans leur choix.


Nous te prions pour les jeunes actifs qui s
inquiètent pour leur avenir,
Pour celles et ceux qui sont en recherche d
emploi,
Pour celles et ceux qui ont du mal à assurer leurs fins de mois.

Rends-nous disponibles dans notre écoute et inspire-nous des paroles et gestes de soutien et de solidarité.


Nous te prions pour les catéchètes, les animateurs, animatrices des groupes de jeunes, des responsables scouts, qui essaient de maintenir le lien avec les enfants et les jeunes, qui imaginent d
autres manières d’être ensemble,
qui s
inquiètent pour la reprise des activités, notamment des camps d’été.

Merci pour leur engagement, accompagne-les et renouvelle leurs forces et leur créativité.


Nous te prions pour celles et ceux qui ne peuvent toujours pas se retrouver, à cause des frontières fermées, à cause de la distance.
Nous te prions aussi pour tous les habitants des différents pays touchés par ce virus. Rends-nous solidaires les uns des autres.


Nous te prions pour les soignants, pour les médecins, les malades et leurs familles,

Pour les chercheurs, biologistes dans la recherche dun vaccin.

Renouvelle leurs forces dans cette lutte contre le virus.


Nous te prions pour ceux qui gouvernent notre pays et qui doivent prendre des décisions importantes au jour le jour.

Aide-les dans leur discernement et éclaire-les dans les décisions à prendre.

Seigneur,
tu es là, à nos côtés, au milieu de nos traversées,

Ensemble, nous te disons

 

Notre Père,

qui es aux cieux
Que ton nom soit sanctifié
Que ton règne vienne
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Pardonne-nous nos offenses
Comme nous pardonnons aussi
À ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,

pour les siècles des siècles.  Amen

 

Bénédiction

Que le temps qui passe ou qui traîne ne nous fasse pas oublier la présence de Dieu.

Que nos victoires ou nos déconvenues ne nous fassent pas oublier que Dieu est là.

Que nos joies et nos peines ne nous empêchent pas d’être en relation avec Dieu.

Que Dieu nous accompagne aujourdhui.

Quil soit avec nous demain aussi.

Et quil nous bénisse et nous garde maintenant, et pour l’Éternité.  Amen!

 

Et pour déconfiner avec un autre style de musique :  Le groupe Dévotion « Je te suivrai »

https://www.facebook.com/Devotion.officiel/videos/2909148049151847/UzpfSTEwNDQ2NTQxODk6MTAyMjAyNzIxODIzMjg0MzY/

 

 

 

 

 

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