culte du 5 avril

méditation sur Luc 19 

 

      Épitre aux confinés du 5 avril  (les  rameaux)  

Psaume 28  

 1 Seigneur, je t’appelle au secours !

Toi, mon rocher, ne sois pas sourd à mes cris. 

(…) 

7Le Seigneur me protège, il est mon bouclier.

Du fond du cœur, je lui ai fait confiance ;

j’ai reçu du secours, j’ai le cœur en fête !

Je chante ses louanges.

8Le Seigneur est la force de son peuple ;

pour le roi qu’il a mis à part, il est la forteresse où se trouve le salut.

9Seigneur, sauve ton peuple ; c’est ton bien le plus personnel,

fais-lui du bien, sois son berger, prends-le en charge pour toujours.

 

Je vous salue avec ces versets du psaume 28, le psaume du jour. 

C’est le dimanche dit des rameaux, un dimanche où souvent on prépare un culte avec et pour les enfants et les jeunes. Cette fois ils vont contribuer autrement, vous allez voir. 

 Je souhaite méditer avec vous, grands et petits,  aujourd’hui ce passage de l’Evangile de Luc. L’entrée de Jésus à Jérusalem. 

 

  • Par ici pour une lecture biblique avec la traduction « Français courant » : 

Luc 19 , 28 Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant sur le chemin qui montait à Jérusalem. 29Lorsqu’il approcha de Bethfagé et de Béthanie, près de la colline appelée mont des Oliviers, il envoya deux disciples :

 30 « Allez au village qui est en face, leur dit-il. Quand vous y serez arrivés, vous trouverez un petit âne attaché, sur lequel personne ne s’est jamais assis. Détachez-le et amenez-le ici. 31Si quelqu’un vous demande : “Pourquoi le détachez-vous ?”, dites-lui : “Le Seigneur en a besoin.” »

32Les envoyés partirent et trouvèrent tout comme Jésus le leur avait dit. 33Pendant qu’ils détachaient l’ânon, ses propriétaires leur dirent : « Pourquoi détachez-vous cet ânon ? » 34Ils répondirent : « Le Seigneur en a besoin. » 

35Puis ils amenèrent l’ânon à Jésus ; ils jetèrent leurs manteaux sur l’animal et y firent monter Jésus. 36À mesure qu’il avançait, les gens étendaient leurs manteaux sur le chemin.

37Tandis qu’il approchait de Jérusalem, par le chemin qui descend du mont des Oliviers, toute la foule des disciples, pleine de joie, se mit à louer Dieu d’une voix forte pour tous les miracles qu’ils avaient vus. 38 Ils disaient : « Que Dieu bénisse le roi qui vient au nom du Seigneur ! Paix dans le ciel et gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » 

39 Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, fais taire tes disciples ! » 40 Jésus répondit : « Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront ! »

 

 

MusiqueJésus à Jérusalem

 

  • Message : Ce texte  des rameaux en temps de confinement : 

Chers amis, 

 

Il fait calme ces jours-ci.

Moins de voitures sur nos routes, pas d’élèves dans la rue, peu de trains qui passent. 

Il fait calme ces jours-ci.

Les restaurants sont vides, les aires de jeux sont fermées, les scènes de théâtres restent cachées derrières les rideaux et, au cinéma, les fauteuils sont plongés dans le noir. 

Il fait calme ces jours-ci. 

Les « Fridays for Futur » attendent un avenir meilleur, les grèves sont en grève, les bénévoles de tant d’associations sont en chômage technique et culpabilisent de ne rien faire. 

Tant de calme… 

 

On a dit beaucoup de bien du calme dont nous profitons ces jours-ci. 

Épuisés par les activités diverses et la course contre la montre, un monde, un pays, s’offrent une cure de détoxication collective et découvrent enfin un peu de calme (bien sûr ce n’est pas vrai pour tout le monde, mais globalement, on va dire que si.). 

Ces bienfaits, il faut absolument qu’on les soigne et qu’on sache les savourer, mais le texte biblique de Luc rappelle aussi qu’il faut rester vigilants vis-à-vis certains silences qui peuvent s’installer. 

Tous les évangiles racontent de différentes façons l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem. Luc seul y ajoute l’épisode de cette tentative de faire taire les supporters de Jésus, de calmer et de raisonner les disciples . Et Jésus répond :  

« Je vous le déclare, s’ils se taisent, les pierres crieront ! »

 Au nom de Jésus , il y a des choses qui doivent être dites ou criées et qui ne permettent pas que l’on se taise.  

« Que Dieu bénisse le roi qui vient au nom du Seigneur !

Paix dans le ciel et gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » 

est par exemple une telle phrase.  Une phrase bien provocante dans les rues et à l’intérieur des remparts de Jérusalem.  

Là-bas à Jérusalem résidaient, à l’époque de Jésus, tous ceux qui avaient le pouvoir dans le pays et peut-être même dans le monde :

le gouverneur de l’empereur romain, représentant de la force politique et semi-religieuse de l’empire ; le roi de Judée, premier homme parmi les juifs, les responsables religieux, le Sanhédrin, qui décident du bon fonctionnement de la vie religieuse. 

Eux tous entendent alors monter à travers leurs fenêtres ouvertes ce bruit qui se répand dans les ruelles et qui s’amplifie par l’écho d’une façade de maison à une autre : 

« Que Dieu bénisse le roi qui vient au nom du Seigneur ! 

Paix dans le ciel et gloire à Dieu au plus haut des cieux ! »

Je les vois se précipiter vers les bords des fenêtres pour vérifier ce qui se passe et de s’énerver probablement : 

« Ah mais, non, le roi, c’est moi! » 

ou 

« La paix, c’est notre affaire… et ce ne sont pas des tels tumultes qui vont nous aider. » 

ou 

« Qui dit ce qui vient de la part Dieu ou pas … c’est à nous de le discerner, pas au peuple dans la rue.  » 

Etc, etc. 

On comprend qu’ils préféreraient le calme au bruit embarrassant. 

 

« Les pierres crieront … » dit Jésus, et c’est une promesse. Les hommes ont toujours essayé et réussi à faire taire ceux qui dérangent ou celles qui contestent les systèmes existants, mais Dieu se fait entendre par tout moyen. 

 

Nous voici avec notre calme de ces jours ci, mais nous sommes alertés aussi par les messages bibliques, comme ce passage de Luc, de ne pas succomber à un tel silence.  

 

> Les plus démunis ont toujours besoin qu’on parle d’eux et qu’on défende leur cause. 

 

> Les dysfonctionnements, par exemple dans le monde hospitalier, doivent toujours être dénoncés. 

 

> Les bonnes nouvelles doivent être criées haut et fort. Sinon, le monde ne connaitra que des mauvaises ou des fausses nouvelles. 

 

> L’annonce que Dieu est à nos côtés, même dans les moments sombres, c’est un message qui mérite plus que jamais qu’on le transmette. 

 

> >  Et vous, pour quelle cause avez-vous envie de « crier ces jours-ci » ? < < 

 

Avec les catéchumènes on a cherché à faire parler et à faire entendre certaines pierres. Ce sont les pierres des écoles et des stades vides, des pierres de la nature, les pierres des édifices religieux et d’autres qui prennent la parole. 

 

ou

https://youtu.be/m73YIgMrrbI

 

 

Jésus entrait à Jérusalem, 

Jésus entre dans nos appartements et nos lieux de replis. 

Il y a bien une dimension de recueillement intérieur et du calme dans notre façon de pratiquer la foi, mais ne cessons pas non plus de crier et d’annoncer au nom de Dieu tous les messages dont le monde a tellement besoin.  Amen 

 

 

  • Je vous invite  à la prière

 

Seigneur, 

j’ai du mal à crier, 

j’ai du mal à trouver des mots, 

mais voici, dans mon silence j’entends les cris des pierres qui se transforment en prières :

 

Les pierres des hôpitaux crient : 

« Nous sommes épuisées.

Donne-nous le repos et la joie de voir nos efforts porter des fruits. » 

 

Les pierres des théâtres et des lieux de concerts crient : 

« Qu’est ce que la première nécessité ? C’est certes de manger et de boire, mais ne faut-il pas aussi de quoi nourrir son esprit ? apprendre à rêver et à imaginer ? plonger dans ce que d’autres ont écrit dans le temps et s’en faire l’écho aujourd’hui ? être aidé à s’exprimer par la musique ou la danse ? 

Donne à l’Art de continuer à vivre et à aider à vivre.

 

Les pierres des écoles vides crient : 

« Où sont les enfants ? Où sont les professeurs ? Apprendre n’est pas juste la transmission d’un savoir mais aussi la collaboration et la découverte ensemble. 

Permets-nous de garder le lien les uns avec les autres et de découvrir d’autres moyens d’apprentissage. » 

 

Les pierres des lieux de guerres crient : 

« Enfin les armes se taisent. Pour combien de temps? 

Il fallait un virus pour affaiblir les combattants, comme si nos morts et nos larmes ne suffisaient pas. 

Fais qu’ils ne recommencent pas. Plus jamais ! Plus jamais ! »

 

Les pierres dans la nature crient : 

« Prenez le temps d’admirer comment la nature est belle. La terre respire. Que les gens prennent place pour admirer les créatures à l’œuvre. » 

 

Les pierres des édifices religieux crient : 

« Nous voici vides, mais pas sans sens. Au milieu de nos villes nous voulons rendre témoignage et rappeler la présence de Dieu parmi nous. Dieu ne se laisse pas enfermer entre les murs des cathédrales ou des temples ou des moquées … mais il se tient à côté des croyants, là où ils sont. Nous voici pour annoncer : Gardons espoir. Nous sommes dans les mains de Dieu et pour dire aussi : Merci Seigneur, d’être avec nous. »   Amen 

 

Annonces :

 

  • Service numérique inter-paroissial :  Vos enfants et petits enfants vous demandent des échanges par whats’ap, des visioconférences, d’envoyer des photos … mais vous avez un peu du mal sur le plan technique ? Pour celles et ceux qui souhaitent être aidés et impressionner ensuite ses proches, voici deux paroissiens proposent leurs services

contact : David  tel. 06 52 12 16 64 et

Michaël (uniquement le week-end) tel. 06 27 09 03 85

 

– Covid19 : communiqué de la Fédération protestante (extrait)

 

Frères et sœurs en Christ,

La gravité de la crise sanitaire à laquelle nous sommes confrontés est sans précédent et touche de plein fouet nos familles, nos communautés, notre société, l’humanité tout entière.

Nos prières et nos pensées vont particulièrement aux membres des Eglises et Oeuvres des régions les plus touchées ainsi qu’aux Eglises de toutes dénominations, à l’ensemble de la société et aux autorités qui sont en charge notre pays.

A la suite de l’audioconférence avec les responsables des Cultes et le Président de la République, la Fédération protestante de France est désormais en mesure de proposer un numéro vert d’accompagnement et de soutien spirituel pour les plus vulnérables.  Ce numéro est le 0805 380 222, il sera opérationnel dès ce lundi 6 avril.

François Clavairoly, FPF.

 

 

Bénédiction :

 

Que le Seigneur

entre chez vous par des portes grandes ouvertes,

pour y installer son amour, sa grâce et la paix.

Amen

 

Musique  (famille Pfender) : Je louerai l’Eternel

 

 

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