L'inquiétude et le Royaume

Les vacances semblent déjà bien loin, la rentrée est derrière nous, les agendas se remplissent à vitesse V, les activités reprennent, les équipes se réunissent pour penser de nouveaux projets… 

               Nous avons retrouvé selon notre âge les copains de classes, les collègues de bureau, les amis d’une association… mais aussi peut-être notre solitude après les visites de la famille pendant les congés, la lourdeur des responsabilités face aux dossiers oubliés le temps d’une escapade estivale, la fragilité des sensibilités dans les relations après un temps de pause et de ressourcement, les questions pour l’avenir et de la vie du monde et de la vie de l’Eglise… la violence et les peurs toujours à la Une des actualités après une diète médiatique… Bref tout reprend sa place, son rythme comme si parfois la pause estivale n’avait rien offert de neuf, comme si elle n’avait été qu’une parenthèse dans le temps et non un temps au service du quotidien et des temps à venir !

                Qu’avons-nous reçu cet été ? Qu’avons-nous vécu durant les congés ? De quoi sommes-nous riches après ce temps de ressourcement ?

                Avons-nous seulement retrouvé un peu de la simplicité de vie à laquelle Jésus nous appelle, que Jésus nous rappelle lorsqu’Il nous exhorte à « chercher d’abord le Royaume de Dieu et qu'alors toutes choses nous serons données en plus ! » Luc 12/ 31 ?

                L’Homme moderne semble avoir perdu un peu de sa simplicité de vie lorsqu’on le voit s’inquiéter, parfois à juste titre, mais souvent de manière excessive, pour demain, après-demain, pour ses biens, pour ses intérêts… cela ne date pas d’aujourd’hui puisque Jésus interpelle cet homme inquiet et tente de lui redonner cette paix qui réside dans la confiance en Dieu alors qu’il doute de sa confiance en lui, de sa confiance en l’autre.

                Avoir à l’esprit que notre vie est aux yeux de Dieu ce qu’il y a de plus important, de plus précieux. Réaliser que Dieu sait nos besoins et qu’Il offre le nécessaire du quotidien et tout le reste en plus. Recevoir ces dons qui ne sont peut-être pas ceux que nous avions définis par avance. Etre au bénéfice de la promesse du Royaume.

 

N’y a-t-il pas là tout l’encouragement dont nous avons besoin.

N’y a-t-il pas là le cœur du message que nous avons à annoncer ?

N’y a-t-il pas là l’essentiel de la mission confiée à l’Eglise ?

 

                Cette prise de conscience nous pouvons la vivre en regardant les oiseaux et en observant les fleurs des champs ! Encore faut-il prendre ce temps du regard posé sur la nature qui fût créée avant que l’Homme ne soit présent sur la Terre. Cette nature qui a une vie avant même que l’Homme ne reçoive de Dieu le souffle de Vie. Cette nature qui est parabole de vie, lieu où se discernent la fidélité et la bonté du Créateur. Espace où l’Homme est invité à être témoin de cette confiance en Celui qui pourvoit à ses besoins.

                Abordons-nous les questions qui sont les nôtres, pour nos vies personnelles et familiales, la vie de notre société et de l’Humanité, de nos communautés et de l’Eglise Universelle, avec cette assurance que Dieu est là et qu'Il comble de bienfaits ? avec chevillée au corps cette joie d’être en quête du Royaume déjà là et toujours à venir ? avec ce souci de partager cette espérance en la traduisant dans des gestes et des paroles de réconfort et d’encouragement pour tous ? avec la joie de vivre jour après jour dans la paix que le Seigneur répand ?

Nous avons mille et une raisons d’être inquiets et le Christ nous redit «  N’aie pas peur petit troupeau ! »

Le monde a mille et une raisons d’être inquiet et nous avons au nom du Christ mission d’y être signes et porteurs d’apaisement !

Notre prochain a mille et une raisons d’être inquiet et nous avons, en Eglise, vocation à devenir en confiance, son compagnon de route !

                Chers amis, à nous de veiller à inscrire cette exigence de l’Evangile dans le quotidien de nos vies. A nous de transmette cette paix de la confiance placée en Dieu.  A nous où que nous soyons, d’être disponibles et humbles dans le service que nous voulons rendre à la suite du Christ. A nous d’imaginer des solidarités possibles, des partages sources de vie pour que naisse et grandisse une société renouvelée. A nous parce que « le Père a choisi de nous donner le Royaume ! »

Que dans le rythme effréné de nos activités il y ait alors toujours un espace pour que notre regard se pose sur les oiseaux dans le ciel et observe les fleurs des champs.

Que cette contemplation nous rappelle la promesse du Royaume et la fidélité de Dieu pour nous et pour le monde.

Que notre joie soit d’annoncer cela, sûrs que le Seigneur accompagne cette annonce de sa bénédiction et qu’en elle se trouve un souffle d’espérance et de vie !

 

Pasteur Olivier Filhol

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Publié le 29 septembre 2016

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