"Les entre-deux"

Message du Président du Conseil Régional Nord Normandie

février 2019

Chers amis,

En février nous sommes un peu dans l’entre-deux !

 

Entre Noël et Pâques, le temps des fêtes est révolu, le Carême n’est pas encore là,

Entre les nuits les plus longues et des jours qui auront vraiment rallongés,

Entre l’hiver et le printemps, les deux se côtoyant aux grès des vents soufflant du Nord ou d‘Ouest.

 

Dans la vie nous sommes souvent dans des entre-deux !

 

Entre l’enfance et l’âge adulte expérimentant nos capacités à être plus responsables,

Entre les études et le travail souvent en recherche et parfois en galère,

Entre la force de l’âge et le vieillissement ressentant l’usure du temps mais ayant du mal parfois à l’accepter.

 

Dans notre tête nous sommes souvent dans l’entre-deux !

 

Entre la réflexion et la décision avec l’hésitation de celui ou de celle qui cherche à ne pas se tromper,

Entre le désir et l’action ne sachant pas toujours s’il faut s’engager, se mouiller…

Entre l’envie de dire ou le choix de faire silence fasse à l’interrogation d’un proche ou dans un débat.

 

Dans notre vie de foi nous sommes souvent dans l’entre-deux !

 

Entre la confession de foi et le doute face à ce que notre raison ne peut comprendre,

Entre un appel à vivre en confiance et notre irrésistible crainte de l’avenir qui nous pousse à nous sur-assurer pour nous rassurer,

Entre l’exhortation au témoignage entendue et nos difficultés à poser des signes témoins de l’Evangile dans notre quotidien.

 

            Et nous pourrions multiplier les remarques liées à ces entre-deux qui finalement sont inhérents à notre condition humaine, à la condition même de la Création toujours en mouvement, en évolution et donc abritant l’Humain toujours en devenir, en réflexion. En offrant à sa Création la liberté et à l’Humain le libre arbitre, Dieu pose le principe de l’entre-deux qui dit que rien n’est jamais figé dans le temps, dans l’espace, dans le cœur et l’esprit.

 

 

 

 

 

            Alors l’Ecclésiaste se tromperait-il, nous tromperait-il lorsqu’il affirme qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil ?

            Si depuis la première nuit marquant le temps qui passe, si depuis la première pousse végétale, si depuis le premier battement d’ailes, si depuis la première respiration il n’y a rien de nouveau c’est qu’il y a cette réalité de l’entre-deux, c’est qu’il y a ce mouvement et cette évolution qui portent en eux ce qui demeure de l’ordre de l’acte créationnel, du don du Souffle de vie, du partage de la Parole, du regard d’Amour du Créateur sur l’œuvre de ses mains.

            L’Ecclésiaste ne nous trompe pas mais à nous de ne pas nous tromper lorsque nous l’évoquons !

            Car tout est finalement nouveau sous le soleil au fil des instants qui passent. Une situation se reproduit certes mais avec des acteurs qui ont changé depuis hier, dans un cadre qui a évolué depuis hier, dans des circonstances qui ont évolué depuis hier… et c’est là que nous devons veiller à notre tour à ne pas nous tromper, à nous garder dans un entre-deux même s’il nous semble que nous sommes dans une répétition.

            Qu’ils sont instables ces moments d’incertitude où il nous faut faire le deuil de ce qui entre dans le passé et s’abandonner à ce qui émerge sans être totalement l’avenir prédéfini et surtout le terme accompli !

 

            Entre commencement et fin, entre Eden et Royaume, entre Egypte et Canaan, entre la crèche et la croix, entre semailles et moisson, entre prémices et plénitude… Dieu nous rencontre et nous accompagne dans ces moments qui sont tels des instants suspendus, des étincelles de lumière. Dieu nous guide et nous soutient dans ces moments d’évolution et de révolution qui sont tels des instants de conversion, des matins de résurrection… Dieu nous garde et nous bénit dans ces moments de chancellements et de doutes qui sont tels des lieux de passages, des remises en questions… Dieu pose-là le signe de sa présence que nous devons reconnaître comme celle de l’éternel présent, de Celui qui seul est le même hier, aujourd’hui et demain puisque contrairement à nous : tout en Lui est accompli !

 

Etre résolument dans l’entre-deux !

 

C’est notre réalité car nous ne pouvons arrêter le temps, même si l’instant qui passe a la luminosité d’une étincelle du Royaume, le goût de la promesse.

C’est notre réalité car nous ne pouvons figer le présent à jamais, même si le moment vécu est celui de la sérénité ressentie, de la grâce partagée.

C’est notre réalité car nous ne pouvons nous dire parvenus à l’accomplissement, même si le terme de l’envisageable semble être atteint.

 

Dieu veille sur notre départ et notre arrivée,

 Il ne nous abandonne pas entre départ et arrivée,

bien au contraire Il est le garant d’un chemin apaisé, de la vie ressuscitée,

en Lui notre action de grâces pour hier,

notre confiance pour aujourd’hui,

notre espérance pour le jour qui vient !

                                                                                                         

 

                                                                                                          Pasteur Olivier Filhol

 

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Publié le 08 février 2019

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