Méditation pour le 14 mars 2021

Message du président du Conseil Régional EPUdF Nord-Normandie pour le 14 mars 2021.

MÉDITATION DIMANCHE 14 MARS 2021

Psaume 137

Là-bas…

Expression pleine de voyage pour celui qui rêve d’ailleurs,

D’incertitude pour celui qui ne sait en fixer l’adresse,

D’espoir pour celui qui y projette son Eldorado…

Expression pleine de précision pour celui qui le montre d’un doigt tendu,

De promesse pour celui qui y fixe rendez-vous,

De découverte pour celui qui se met en route pour l’atteindre…

Expression qui se déploie à l’infini car il y a toujours un là-bas,

Qui dit parfois l’inatteignable idéal que l’on a défini comme objectif,

Qui rappelle aussi le lieu que l’on a quitté en y laissant une partie de soi…

Ainsi, qu’il soit précis ou indéfini le  « là-bas » parle toujours à celui qui l’exprime,

Interpelle celui qui l’entend,

Ouvre au dialogue pour qu’il se raconte,

Ouvre à la réflexion pour qu’il nourrisse l’aujourd’hui de la vie,

Car il peut être tout à la fois le désert ou l’oasis,

Le lieu de l’épreuve ou celui de l’apaisement,

L’espace du silence ou du brouhaha,

Toujours différent de l’ici,

Que l’on veut quitter ou où l’on veut rester,

Puisqu’entre « ici » et « là-bas » il y a un chemin,

Choisi ou imposé,

D’insouciance ou de souffrance,

De marche lente ou de course folle,

De pas lourds ou légers…

 

Terre d’exil et de silence…

Des fleuves, des arbres, des harpes,

Un peuple assis, tout semble propice à la sérénité et pourtant…

Là-bas on pleure, on souffre, on perd le goût de chanter,

Là-bas c’est la terre de tortures, de violences, d’injustices…

Terre étrangère où l’on voudrait se souvenir de Jérusalem,

Terre de douleur où l’on voudrait retrouver la chaleur de la terre maternelle,

Terre des cris où l’on voudrait pouvoir encore chanter…

 

Terre d’esclavage et de violence…

Où le persécuteur demande de chanter, de danser,

En une moquerie insupportable,

Dans un face à face humiliant, déshumanisant…

Terres d’hier et d’aujourd’hui

Où les harpes se taisent, suspendues aux arbres près des fleuves qui eux continuent de chanter…

 

Là-bas…

C’est Babylone, Pitchipoï, Auschwitz, Birkenau…

C’est le terrain vague, le banc d’un parc, la froideur de l’asphalte,

C’est l’espace clos et intime de la persécution cachée et abjecte,

C’est le lieu public du rabaissement injustifiable et intolérable,

C’est le lieu du silence imposé et des harpes suspendues…

Ce sont tous ces lieux d’aujourd’hui où l’on ne devrait pas être en souffrance et en pleurs

Par la volonté d’un autre qui ne reconnaît ni la différence, le droit d’être autre.

 

Comment chanter ? 

Comment espérer ?

Ne pas oublier…¨

Et si le désir de vengeance ou la parole de malédiction sourdent…

 

Penser à Lui !

 

Lui qui habite ici et là-bas,

Ces lieux de joie ou de peine,

De chants ou de silence,

Ne pas oublier qu’Il est là,

Qu’Il rend le Royaume présent et toujours à attendre en plénitude.

Croire que Jérusalem est toujours là-bas,

Lieu de bonheur et d’espoir…

Confesser que le Royaume s’est approché et se dessine à l’horizon.

 

Trouver là, la force de reprendre les harpes, de chanter et de vivre !

 

Pasteur Olivier Filhol

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