Tous les sens en éveil

En ce début d’automne on peut encore espérer quelques belles journées pour profiter des chemins de campagne.  On les parcours à pas lents, avec vigilance pour ne pas trébucher sur une pierre. Au fil des vallons les bruits du vent dans les arbres, du ruisseau sautant de rocher en rocher, du chant des oiseaux arrivent à nos oreilles. 

Au fil des paysages les senteurs des sous-bois, de la terre gorgée de la dernière rosée, de la dernière bruyère encore en fleur nous remplissent les narines. Au fil des pas le regard se pose ici sur un insecte, là sur une trace animale fraîchement inscrite dans la glaise.Tout sur les chemins de campagne éveille nos sens,  les met en alerte et nous invite à l’émerveillement devant cette nature si riche en diversité, si fragile et tout à la fois si forte face aux aléas du temps.

Les chemins de campagne ne se parcourent pas à la va-vite, il faut prendre son temps, se laisser aller pour en profiter pleinement. Il arrive parfois que l’on y fasse une rencontre, on y croise un autre promeneur avec son regard, sa sensibilité, ses émerveillements. Et sur les chemins de campagne il est alors très rare que l’on ne se salue pas car les chemins gardent l’intimité et la simplicité du regard qui se croise, du souffle de la marche qui se répond.

Les chemins de campagne sont telle une école de la vie, ils peuvent l’être aussi pour nos vies spirituelles et nos vies ecclésiales.

Tous nos sens sont invités à se mettre au service de l’écoute de la Parole de Dieu !

Tous nos sens sont appelés à nourrir notre vie de louange et de prière.

Tous nos sens sont nécessaires pour vivre en témoin de l’Evangile au cœur de ce monde.

Tous nos sens participent à vivre dans l’amour fraternel !

N’est-ce pas ce que nous devons entendre dans la parole : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » (Deutéronome 6/5) ou encore dans l’exhortation du Christ à aimer notre prochain comme nous même en Matthieu 19/19 ou encore dans le commandement nouveau « Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. » (Jean 13/34) ?

Dans la diversité de nos chemins de vie, il parfois difficile de vivre cette exigence de l’amour, de l’amour de Dieu, de l’amour de soi, de l’amour du prochain et il est compréhensible, normal de ne pas tout aimer car tout n'est pas aimable.

La Parole nous interpelle plus particulièrement dans cette exigence de l’amour lorsque cet élan de vie est signe de notre confession de foi, lorsque notre « je crois » se prolonge dans le geste, le regard ou les paroles.

C’est là que nous sommes invités à vivre ce « tout» de l’engagement de notre âme, de notre cœur, de notre force. C’est là que nous sommes invités à voir le prochain comme un «nous-même» non parce qu’il est semblable à nous en toutes choses mais parce qu’au cœur de Dieu sa vie a le prix de notre vie.

C’est là que notre promenade sur un chemin de campagne nous enseigne que la vigilance est nécessaire pour ne pas se laisser déséquilibrer par un petit cailloux de la vie, que la vigilance est nécessaire pour ne pas passer à côté de l’instant d’émerveillement, que l’abandon à ce qui nous entoure pour en goûter tous les plaisirs, nous rend attentif à un même abandon à Dieu pour accueillir de Lui toute bénédiction.

C’est là que le chemin de campagne rejoint nos chemins de vie et nous rappelle que malgré les aléas du temps, chaque étape est promise à la Paix, chaque rencontre à la Fraternité, tout émerveillement ouvert à l’Action de Grâces !

C’est là que le chemin de campagne vient rééquilibrer nos vies qui deviennent parfois aussi chargées que les périphériques de nos villes, aussi bruyantes que les vents tempétueux renforçant les peurs …

C’est là que la promenade vivifiante nous rappelle la nécessité de ponctuer les temps de notre vie, de pauses et de moments de respiration, de méditation, d’abandon à la Grâce face aux pressions que souvent nous nous mettons.

C’est là alors que nous discernerons le visage de Dieu toujours présent à nos côtés, toujours plein d’amour pour nous.

Alors nous verrons le sourire de Dieu sur le visage de notre prochain et nous ne pourrons que l’aimer comme nous-même.

Ainsi nous répondrons simplement à la parole du Deutéronome, à l’exhortation du Christ, au commandement nouveau et là sera notre joie !

Ne l’oublions jamais : « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle ! » Jean 3/16

Chers amis, Il est fidèle Celui qui accompagne chacun de nos pas sur les chemins de la vie, chemins ouverts par le Christ ressuscité sur la plénitude du chemin de sa Vie !

Pasteur Olivier FILHOL

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Publié le 06 octobre 2017

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