Eglise protestante unie de France

Région Nord Normandie

Traversées du désert

Le peuple a longtemps espéré retrouver sa terre et sa liberté.

Moïse a tenu face à  Pharaon et les portes se sont ouvertes, et la Mer des Joncs s’est ouverte !

Le peuple a retrouvé sa liberté mais sa terre restait lointaine, le désert semblait infranchissable !

Moïse pendant 40 ans guidera son peuple et la terre promise apparaîtra !

Le peuple a longtemps espéré accueillir le Messie et avec lui la Vie.

Jésus a tenu tête à Pilate et les portes de la ville se sont ouvertes, et la pierre a été roulée !

Le peuple a abrité son Messie mais l’a-t-il reconnu, va-t-il retrouver la Vie ?

Jésus pendant 40 jours a été instruit des pièges tendus par les hommes pour les guider vers Sa Vie !

 

Quelles libertés espérons-nous ? Quelle vie attendons-nous ?

                Le temps du Carême s’ouvre comme ce chemin de vie qui tout à la fois est chemin d’éducation à la vie, de manducation de la Parole de vie, de compagnonnage ici-bas ouvert à la pleine communion, à la vie redonnée à sa plénitude, à la réalisation de la promesse, au face à face du regard de la créature avec son créateur, des enfants avec le Père, des serviteurs avec le Maître.

Avons-nous toujours envie d’être libérés de ce qui nous retient en esclavage ?

Réalisons-nous quelles sont les chaînes modernes qui font peser sur nos épaules le joug de la peur ?

               

                Le temps du Carême est là pour ce regard objectif sur la vie, sur nos vies pour redécouvrir le silence qui donne au murmure de Dieu toute sa puissance, la minute nécessaire à une respiration salutaire, l’espace propice à la rencontre fraternelle. Il est là pour redécouvrir la gratuité du geste offert sans souci de plaire aux autres ou de leur complaire, la prise de distance permettant une parole juste sans souci du quand dira-t-on, la résistance aux modes mercantiles qui servent souvent ceux qui oppriment…

Ce sont toujours les mêmes questions, les mêmes tentations qui retiennent les pas,

qui ralentissent les traversées des déserts et qui peuplent les temps de solitude angoissante.

 

                Le temps du Carême nous trouve avec nos faims, nos illusions, nos rêves de réussite. Nos faims oui, car nous ne pouvons nier nos aspirations à l’avoir. Nos illusions oui, car nous pensons nous assurer pour ne jamais tomber et trouver le risque zéro. Nos rêves de réussite oui, car nous voulons toujours atteindre la marche supérieure. Tout cela en soi n’a rien de condamnable, tout dépend de la manière de le vivre dans la relation au monde, dans la relation aux autres, dans sa relation à Dieu.

 

Le peuple a retrouvé la liberté, il a été conduit vers sa nouvelle terre.

Moïse a surmonté parfois difficilement, les tentations de son peuple et ses tentations intérieures !

Le désert a vu la débauche, la colère, les regrets, le désespoir du peuple.

Le désert a vu, l’eau, les tables de la loi, la manne, les cailles données par Dieu.

 

                Au désert, Moïse et son peuple ont été humains, ont ressenti et éprouvé les fragilités de leur humanité et Dieu n’a cessé de bénir, de poser les signes de sa Bénédiction, ainsi le peuple au bénéfice des dons de Dieu est entré en Terre Promise !

Des peuples ont accueilli le Messie et choisi la vie avec Lui.

Jésus a offert le visage de la fidélité en paroles et en actes jusqu’à la vie donnée, ressuscitée !

Jérusalem a vu les excès, les jalousies, les trahisons, les guerres de pouvoir.

Jérusalem a vu les guérisons, les repentances, les partages, les pardons donnés.

 

                Au désert Jésus, dans le silence, avait été instruit de ce qui viendrait contredire la Bonne Nouvelle dont Il était porteur pour les peuples et l’Esprit ne l’y avait pas abandonné aux ruses du Tentateur, la Parole venant à son secours comme elle le fera jusqu’à l’instant de son dernier souffle, celui de la Vie donnée pour la Vie !

               

                Aujourd’hui, nous sommes ce peuple de témoins en quête de Vie nouvelle, avançant en confiance sur les chemins de notre présent, confrontés à leurs contradictions, instruits par la Parole éclairée par l’Esprit. Nous sommes ce peuple de témoins que Dieu n’abandonne pas car ce peuple est signe de la fidélité de Dieu pour tous les peuples et pour la création.

                Chers amis, vivons donc chaque jour assurés de la profusion de la bénédiction de Dieu au cœur même de nos déserts, ainsi nous sortirons de nos errances non par nos propres forces, mais par la grâce de la persévérance d’Amour de Dieu qui n’abandonne pas l’œuvre de ses mains ! Ainsi nous serons au fil des jours témoins de la possibilité qu’a tout Homme de passer de la peur à la confiance, de la résignation à la résistance, du désespoir à l’espérance !

 

Pasteur olivier Filhol
Président de région Nord Normandie

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Publié le 21 février 2018

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