Atelier : formation cuisine patisserie

A Kiliba, les femmes doivent cultiver le manioc qui est la nourriture de base de la famille. Il n’y a pas un repas sans manioc. A la fin de la journée, les femmes reviennent des champs avec un panier rempli de tubercules de manioc, de feuilles vertes de manioc et de branches de manioc. Elles allument le feu avec les branches et du bois vert, elles font cuire les feuilles à l’eau et elles fabriquent une pâte à partir de la farine de manioc appelée fou-fou. La pâte est souvent agrémentée d’une sauce à la tomate. En fin d’après-midi on voit la fumée sortir du toit en feuilles des maisons. Voilà le plat mangé tous les jours, le soir en famille, car les Congolais ne mangent qu’un repas par jour. S’il y a des restes, ils les mangent le matin. Il leur arrive de manger des œufs, très peu de viande, du poisson venant du lac Tanganyika qui se trouve à une dizaine de kilomètres, quelquefois des beignets, du riz, du maïs, des avocats, des bananes, des fruits. Mais cela coûte cher alors on se contente de la nourriture habituelle pauvre en calories et très peu variée. Les gens manquent d’énergie et cela produit de graves manques en particulier pour les femmes enceintes et les enfants.

A la demande de mamans dont les filles sont boursières (Minerval), la responsable de la scolarité des 40 filles (Mama TULIZO Marie Angelina), a institué depuis plusieurs années un atelier formation cuisine pour que les jeunes filles apprennent à cuisiner des plats variés. Pour cela nous lui avons donné des recettes congolaises prises sur internet. Les jeunes filles préparent une recette avec l’aide de Mama TULIZO puis dégustent cette nourriture plus goûteuse que les repas habituels. Elles font ensuite partager avec leur famille les nouveaux plats qu’elles ont élaborés.


En juin 2015, lors de mon dernier voyage, un atelier boulangerie pâtisserie a été organisé :Elles ont appris à faire du pain, à le faire cuire dans un four grâce à un procédé astucieux. On met du sable dans une première marmite, on le fait chauffer. On introduit une deuxième marmite plus petite qui contient la pâte du pain. On pose un couvercle sur lequel on met de la braise chaude et on attend que le pain soit cuit.  Elles ont également appris à confectionner des beignets, les faire cuire dans l’huile pour ensuite pouvoir aller les vendre au coin de la rue. Le bénéfice pourra les aider à payer leurs fournitures scolaires. Pour cela, elles doivent  s’organiser entre elles pour trouver l’argent pour acheter le matériel et les ingrédients et réussir à travailler ensemble. Je vous donnerai des renseignements sur la suite de cette coopération.

 

Mama TULIZO souhaite former également des mamans pour leur permettre de proposer à leur famille une nourriture plus riche et plus variée. En effet, il ne faudrait pas que les familles mangent plus de deux fois par semaine du manioc car c’est un aliment trop peu calorique. L’association lui a donné 100 $ pour cette initiative. Elle compte recevoir une dizaine de groupes de mamans. Le cours se déroule chez elle et c’est elle qui achète les ingrédients. Je vous ferai également un compte rendu lors de mon retour.

Nous partons de nouveau à Kiliba dans quelques jours et je ne manquerai pas au retour de vous faire part du travail accompli par les villageois.

Martine Durand pour l’association Les Amis de Kiliba Les amis de Kiliba

Mars 2016