Auprès des réfugiés dans le Cambrésis

Le Comité œcuménique cambrésien pour l’entraide aux réfugiés (COCER) accueille depuis mi décembre 2015 deux réfugiés Syriens.

Il s’agit de deux jeunes hommes âgés de 35 ans. Ils font partie des 66 personnes arrivées à Paris à la fin de l’été, depuis Stuttgart. Ils ont été accueillis dans un premier temps par la plateforme Emmaüs jusqu’à leur transfert en région.

Il apparaît que tous les autres accueils se sont faits par les municipalités, de grandes villes essentiellement.

Abdoulkader et Wael sont les seuls à avoir été pris en charge par une association privée. Ils sont en relation via les réseaux sociaux avec les personnes qu’ils avaient rencontrées à Paris, et nous font part depuis quelques temps de leur détresse, de leur souffrance et de leur découragement.

Ces maux semblent avoir plusieurs origines :

Néanmoins, ils commencent à percevoir le RSA à compter du mois de mars avec un effet rétroactif au 1er janvier.

Ils sont logés gratuitement dans un logement mis à disposition par l’église catholique, ils bénéficient de l’aide de plusieurs associations locales, resto du cœur, secours catholique mais aussi croix rouge…Toutes les démarches administratives sont prises en charge par les membres bénévoles qui font jouer leurs réseaux relationnels pour accélérer les procédures.

Les membres du COCER se relayent également quotidiennement pour l’apprentissage du français. Pour partager un café, pour parler un peu… Nous bénéficions aussi de l’aide d’un jeune médecin d’origine libanaise, Zacharie,  qui travaille à l’Hôpital de Cambrai et qui est le fils d’une ancienne paroissienne de Cambrai. Il rencontre régulièrement Wael et Abdoulkader et assure la traduction auprès des membres du comité.

Nous avons vécu un moment très intense la semaine dernière, lorsque, au début de la rencontre, Wael a fait part de sa profonde tristesse de l’annonce du décès de son jeune frère de 17 ans. Sa maman n’avait plus de nouvelles et a finalement appris par le certificat de décès qui lui a été remis, que son fils avait été tué plusieurs mois auparavant. Nous avons à ce moment, eu un temps de prière individuelle dans le respect des confessions, mais en réelle communion autour de la table, extrêmement fort et semble-t-il réconfortant pour Wael.

Mais voilà, Abdoulkader et Wael n’ont pas l’essentiel : un projet, une perspective à Cambrai.

Ils nous supplient de les laisser partir à Paris ou certains jours même en Syrie.

Nous leur avons bien expliqué que nous ne les retenions pas, qu’ils étaient libres de leurs déplacements et de leur choix de vie, si toutefois, il est possible de parler de choix en pareille situation.

Les contacts pris à Paris ne leur offrent aucune possibilité de logement, la plateforme qui les accueilli n’existe plus puisque tous ont été transférés en province. Nous sommes en vigilance  permanente et en soutien dans la prière et essayons d’accompagner au mieux leurs sursauts et leurs moments de découragement.

 

Mireille Richez