BILAN DE L’HOPITAL DE KILIBA PAR LE DOCTEUR EN CHEF JEAN PAUL BUSENI JUILLET 2015

BILAN SUR 5 ANS

D’une façon générale l’hôpital de Kiliba.

34 agents hospitaliers ainsi que 4 médecins. 3 affectés directement à l’hôpital et un spécialiste en ophtalmologie qui est le seul sur le territoire d’UVIRA et de FIZI.

Il existe 5 centres de santé dans le district d’Uvira ainsi qu’un autre sur les hauts plateaux (Lemera).

Bilan des opérations effectuées : 326 opérations par an soit 26 par mois.

  1. Maternité Hernies opérations lourdes  3. Perforations intestinales dues à la typhoïde. Elles ont diminué grâce à SODIS et la Régie des eaux. 4. Opérations gynécologiques. 5 Tumeurs.

Les résultats sont dans l’ensemble bons. Les soins sont de qualité et réputés dans tout la plaine et à Uvira. Nous projetons un grand centre gynécologique et chirurgical.

Consultations : 21 547 patients.

Hospitalisation : 14 337

Taux de décès 2 % dont 1 % dans les 24 h d’hospitalisation.

Les malades arrivent souvent tard. Cela vient de la mentalité mais aussi de la pauvreté. Sans apport de l’Etat, l’hôpital fonctionne avec des partenaires. L’Eglise donne des soins à crédit et le malade rembourse quand il est guérit.

Nous avons eu à déplorer cette année des cas de choléra mortels et des typhoïdes suite à l’ouragan du mois de janvier 2015. Des maladies endémiques sont toujours présentes comme le paludisme, celles dues à la mal nutrition, le manque crucial d’eau potable, les bébés prématurés…

A Bukavu, la consultation se paie entre 15 et 20 $ ici à Kiliba c’est entre 5 et 7 $.

Un bâtiment en dur est en construction pour soigner les cas de choléra.

Une jolie paillotte permet aux familles des malades de pouvoir se reposer et manger en dehors de l’hôpital.

 

Maternité :

Nous sommes préoccupés par le taux de petits poids des enfants à la naissance. Voici les causes de la prématurité :

Les maladies et les pathologies sont mal prises en charge pendant la grossesse. 1. Les femmes  viennent à l’hôpital quand c’est trop tard. 2. Elles exécutent des travaux trop lourds. « Même après des menaces, elles ne s’arrêtent pas ». Il y a un grand travail de sensibilisation et d’aide à effectuer. 3. Une mauvaise nutrition.

 Il manque un gynécologue d’une façon cruciale ainsi qu’un local spécifique  pour les prématurés pour qu’ils aient la chaleur et l’hygiène adaptées à leurs besoins. Un devis est effectué pour monter un bâtiment de néonatalogie. Grand projet : prévenir la prématurité en améliorant la prise en charge des pathologies et des conditions de vie de ces femmes.

Planning familial : Une sensibilisation est faite régulièrement en particulier pour les jeunes couples qui se marient. Il faut changer les mentalités et cela ne peut se faire que progressivement avec l’augmentation du niveau de vie.

Projet de soutien aux indigents : pour les malades qui ne sont pas en mesure de payer les soins, nous cherchons des solutions. L’hôpital a une enveloppe mais elle risque de s’alléger rapidement. Les laboratoires peuvent aussi venir en aide.

AVENIR DE L’HOPITAL:

Nous cherchons à accroître nos spécialistes et notre matériel.

Radiologie :

Nous attendons un appareil de radiologie. Ce matériel demande un générateur puissant qui coûte 2000$. Il nous manque aujourd’hui 800 $.

Laboratoire :

Les conditions de vie du laboratoire sont médiocres. Il manque des appareils pour certains examens spécialisés. Nous les avons planifiés et budgétisés.

Ophtalmologie :

Depuis début 2015 nous nous réjouissons de l’arrivée d’un ophtalmologiste  qui exerce 2 jours par semaine. Le Docteur François consulte et opère les cas qui ne demandent pas de microscope. En effet, il manque aujourd’hui cet appareil pour pouvoir opérer les patients. Le seul microscope se trouvant à Bukavu à la clinique Ruhigita, les patients qui souhaitent être opérés doivent se déplacer à Bukavu. Le Docteur François doit faire une prévision sur 3 ans en ce qui concerne le matériel. Il manque également un local spécifique pour l’ophtalmologie dans l’hôpital de Kiliba. Un projet doit être présenté très prochainement.

Mutuelle :

 L’hôpital a adhéré à une mutuelle de santé d’Uvira. L’hôpital est aujourd’hui en phase de sensibilisation. 25 adhérents aujourd’hui à Kiliba et il en faudrait  1 000 pour devenir autonome au niveau du district. Elle coûte 7 $ par couple plus 1 $ par enfant. Il faut compter environ 12/15 $ par famille. Peu ont cette somme à dépenser. Un grand effort de sensibilisation est à effectuer pour leur montrer le bienfait d’une mutuelle. C’est un nouvel état d’esprit à mettre en marche (anticipation).

Equipement  en Eau :

Il existe 3 tanks à l’hôpital d’une capacité de 5 000 litres chacun. Les 2 tanks du bâtiment de l’hôpital marchent bien, par contre celui de la maternité est hors d’usage. Il a été fissuré et bien qu’on ait tenté de le recoller par l’intérieur et par l’extérieur il n’est plus étanche et doit être changé.

 Dans le village, la régie des eaux a aménagé quelques points d’eau ainsi que l’arrivée de l’eau chez quelques familles. L’eau ne coule que 3 jours par semaine (L. Me.Ve) sans compter les coupures inoînées. Le m3 d’eau est trop cher (15 $) alors les gens refusent de payer et diminuent leur consommation d’eau au robinet.

Procédé SODIS :

Le procédé est intéressant et les quelques personnes dans le village qui l’utilisent en sont très contentes. Les désagréments physiquesont disparu et les gens se portent mieux. Le procédé s’exploite principalement à l’hôpital. Pendant les consultations pré et post natales les gens sont systématiquement informés du procédé. Malheureusement, il est difficile de pouvoir payer les premières bouteilles et quasiment impossible de les remplacer. Il faudrait une grande information, unesensibilisation mais aussi un budget pour démarrer le processus dans les familles.

Les besoins urgents :

Faire venir avec l’équipe française habituelle un médecin gynécologue et un médecin pédiatre. L’hôpital accueille déjà un certain  nombre de médecins et d’infirmiers pour des stages.

Trouver un processus pour acquérir des médicaments de bonne qualité et peu chers.

Matériel pour équiper l’hôpital. En particulier la salle d’opération. Il nous manque les tenues.

Faire venir une équipe qui pourrait aider les infirmiers à sensibiliser la population. Il faudrait effectuer des formations de formateurs auprès de femmes du village qui pourraient faire passer les messages en Kifuliiru.

 

Martine Durand     Septembre 2015