Message de remerciement aux chargés de mission

Extraits du message de reconnaissance aux chargés de mission

Martine Durand, Francine Guiberteau, Michèle Melières, Jean Guérin

       Il y a quelques années, notre Eglise réformée était dans le temps des expérimentations. Certaines régions de l’Eglise réformée avaient inauguré des choses avant nous. Et le conseil régional de l’époque,  riche de ce qui s’était fait dans la région Ouest (par exemple), avait proposé au synode de doter la région de chargés de mission. Il avait interrogé le synode sur la question suivante : « Quelles missions confier ? ».

            Et en synode, nous avions discerné quatre missions pour lesquelles vous vous êtes formés. Ce temps de reconnaissance commence par : merci pour le temps que vous avez pris pour vous former et qui a soudé votre groupe. Je crois que l’assise, c’est cette formation que vous avez reçue, avant même que des missions soient définies, formation pour être serviteur de l’Eglise, avec une inconnue : on ne sait pas trop pourquoi, l’a-t-on su un jour complètement ou le saura-t-on ? C’est toujours le mystère de la mission. Alors tout d’abord, merci pour ce temps de formation

            Après il y a eu le temps où l’on a défini des missions. Et on s’est dit : « Eh bien voilà, Michèle a été longtemps dans une équipe de catéchèse, elle pourrait peut-être nous aider à réfléchir sur la question de la transmission, la relation entre les grands parents, les enfants et les petits enfants. Et tu as sillonné, à l’appel de certaines église locales, des groupes de personnes âgées pour essayer partager avec eux sur cette question de la transmission et peut-être que ta mission nous a rappelés que dans ce domaine de la transmission, la première des choses, c’est d’essayer de déculpabiliser les aînés qui ont peut-être l’impression de n’avoir pas su transmettre. Et donc de se redire : mais transmettre quoi, transmettre pourquoi et transmettre avec quelle liberté ?

            Jean, il a peut-être un peu voyagé, alors église et tourisme, et combien il a été difficile de préciser, de savoir exactement-ce qu’il y avait derrière cette mission-là. Et c’est peut-être dans cette mission-là que nous pouvons aujourd‘hui réaliser que ça a été une expérimentation. Et qu'au cours des expérimentations, il a aussi des moments où l’on se dit : « Qu’est-ce qu’on peut encore structurer, comment peut-on encore progresser ? ». Il y a eu aussi beaucoup d’échecs de notre part, pas de ta part. Il y a eu une difficulté à faire en sorte que le synode et notre région, que les églises locales se saisissent de cette mission et voient ce qu’elle pouvait leur apporter dans leur dynamique d’accueil et d’évangélisation.

            Francine, musicienne, la musique. Et puis, il y a eu au cours de la mission l'accident de santé. Mais l’accident n’est pas venu rompre la mission confiée, anéantir la mission. Elle s’est réadaptée et d’ici quelques temps, vous pourrez vous procurer une œuvre musicale que Francine a composée avec des parties pour instruments et d’autres parties pour choeur et voix. Cette partition a été saisie. Pour le moment, il n’y a encore qu’un seul exemplaire. Donc Francine ne me le confie pas pour qu’on le diffuse. Elle repartira avec, elle le garde précieusement et on va petit à petit multiplier cette partition. Peut-être que vous trouverez qu’il est difficile de monter localement l'oeuvre dans sa globalité. Peut-être qu’il n’y aura qu’un refrain qui intéressera une chorale ici, qu’il n’y aura qu’un morceau de musique qui intéressera un organiste là. Et peut-être qu’au fil du temps, là aussi dans l’inachevé de l’aujourd’hui, qu’au fil du temps, il y aura un jour convergence de tous ceux qui se sont saisis de petits morceaux pour se dire : « Il est venu le temps d’essayer de tout mettre ensemble et d’écouter tout l'ensemble. »...

            Et puis Martine, si je me souviens bien au début, c’était le lien avec la diaconie. Et puis petit à petit, avec le temps, il y a eu évolution vers ce lien avec plus loin, ce lien avec Kiliba. Tu reviens de Kiliba. Cette mission qui t’a permis d’aller au-delà de notre région, et qui a été une mission certes qui nous a permis de réfléchir, qui nous a permis de grandir, mais qui nous a permis aussi de témoigner au loin  de l’Evangile. Et je dirai Martine, cette mission elle n’était peut-être pas premièrement pour nous, mais elle était peut-être essentiellement vitale pour là-bas.

            Et là aussi, ce n’est pas parce que, et je le dis alors que je viens de parler de toi Martine, mais c’est vrai pour chacun d’entre vous, ce n’est pas parce que la charge s’arrête puisque dès le départ l’expérimentation devait prendre fin, que la formation que vous avez suivie, que ce que vous avez partagé dans les différents domaines, que la réflexion que vous avez menée mais aussi que la lecture de ce qui pourrait parfaire une autre expérience, que tout cela vous n'aurez pas à le partager demain avec le conseil régional élu ce matin. Vous aurez à le partager encore avec celles et ceux que vous avez rencontrés, vous restez bien sûr témoins avec nous. On ne termine pas la collaboration dans le témoignage et l’annonce de l’Evangile...

            Pour le moment en Nord-Normandie, il n’y a pas eu d’autres temps de formation, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura pas. L’avenir est plein de chantiers que nous ne définissons pas encore tous et donc nous sommes sûrs que pour ces chantiers il y aura place pour chacun, tant au niveau local qu’au niveau régional. Il y aura peut-être alors, et ça c’est au synode de s’en saisir dans ses prochaines sessions, il y aura peut-être alors temps pour la formation de nouveaux chargés de mission pour de nouvelles missions.

            .  Ainsi, voilà, je voulais au nom du synode vous dire cette reconnaissance et vous la dire en vous laissant quelque chose. Pour chacun de vous une question s’est posée à moi : « Est-ce que je fais en fonction de chacun ou est-ce que, comme ils se sont formés ensemble, qu’ils ont cheminé ensemble, qu’ils se sont réjouis ensemble et qu’ils ont souffert ensemble, est-ce qu’il y a sur un sujet quelque chose qui pourrait être commun ? »...

                Lorsqu'il neige beaucoup, à rendre impossible tout déplacement on a le temps de  parcourir des rayons de librairie et on se dit : « Peut-être que quelque part, je vais tomber sur quatre exemplaires de quelque chose qui correspond et à quoi je n’aurais peut être pas pensé ? » C'est ainsi que je suis tombé sur une anthologie de la paix. Une petite anthologie de la paix où sont regroupés des textes de philosophes, des textes d’écrivains, des musiques. Et je me suis dit : « Mais est-ce qu’il va y en avoir quatre exemplaires ? »  Et alors, je me suis mis à parcourir les rayons pour glaner dans les trois rayons où ils étaient éparpillés les quatre exemplaires qui restaient....

            Au nom du synode, c’est une petite anthologie de la paix que je vous offre. Parce que je crois qu’il y aura peut-être pour toi Francine, quelques idées à mettre en musique, quelques pensées sur la paix. Pour toi Martine, quelques pensées à partager dans des zones qui ne sont pas toutes si paisibles. Pour toi Michèle, quelques idées à méditer avec les plus anciens qui sont encore tourmentés de ne pas voir leurs petits enfants sur les bancs du temple le dimanche matin. Et pour toi Jean, dans chacun des engagements qui sont les tiens, et je pense à tout ce

qui se fait à Lion-sur-Mer, tout ce qui se fait sur ce littoral bas-normand qui a été marqué par la guerre et qui veut témoigner de la paix, il y aura peut-être quelques textes à partager lors de l’une ou l’autre des allocutions que l’on pourra  te demander.

            Donc, à chacun, qu’il y ait un temps de paix et que vraiment vous sachiez que le synode est reconnaissant, pour tout ce que vous avez vécu sans peut-être tout partager en synode, mais qui a enrichi et qui enrichira demain encore la vie de notre région. Merci beaucoup.

                                                                                              Pasteur Olivier Filhol

                                                                                              Dieppe, le 16 mars 2013

Paroles retranscrites puisque prononcées dans la spontanéité de la reconnaissance.