Message du président Septembre 2018

 

Octobre 2018 -N°49

Chers amis,

 

            La rentrée est maintenant derrière nous, les premières réunions de cette nouvelle année d’activités ont eu lieu ou sont programmées, les agendas se remplissent au rythme des catéchismes, des études bibliques, des projets divers et multiples et nous nous posons peut-être des questions quant aux équipes à constituer, aux missions à donner car ce temps de rentrée est aussi celui du regard posé sur les possibles, les forces vives, les dons disponibles…

 

            C’est avec un texte de l’épître de Jacques que le Conseil régional a vécu son temps de rentrée, et ce texte je voudrais le partager avec vous, accompagné de quelques idées comme autant d’exhortations qui rencontrent nos quotidiens et nourrissent notre réflexion commune. Il s’agit de Jacques 3/ 13 à 18.

 

« Y-a-t-il quelqu’un de sage, d’intelligent ? » v 13

 

            Bonne question mais comment y répondre, elle est énoncée lorsqu’une situation, un projet nécessite un engagement, lorsqu’un poste de responsabilité nécessite un pourvoi, parfois dans l’urgence apparente de la réalité des jours… mais si l’un ou l’autre répond « Moi ! » cela suffit-il ? Comment savoir si l’autre est sage ou intelligent ?

            Dans la société il y a des critères universitaires, de compétences… qui régissent les rencontres en vue d’une embauche par exemple. Mais en Eglise quels seraient les critères, peut-il y en avoir de sûrs ?

 

            La réponse à la question initiale plus que de devoir être vérifiée, ouvre un chemin de discernement !

 

« Il doit montrer cela avec des actes faits avec douceur et sagesse. » v 13

 

            A la parole s’associe la vue, le regard. Non les questions, non les vérifications, mais le regard qui permet de découvrir dans les actes, dans la vie, dans les attitudes partagées le non verbal, l’élan initial, la vocation et l’aptitude au service des autres. Et deux des clés de lecture sont inscrites dans le contexte de la vie, la manière d’être génère-t-elle douceur et sagesse, est-elle environnée de douceur et de paix ?

            Dans la société il y a bien souvent la violence des mots, des gestes… qui donnent l’impression qu’au final c’est le plus fort qui l’emporte. Mais en Eglise de quoi avons-nous besoin pour construire la communauté, de douceur et de sagesse nous dit Jacques !

 

            Le regard participe au chemin de discernement !

 

« Quand les gens sont jaloux… il y a du désordre… » v 16

 

            A la parole, à la vue s’associe la vigilance. Cette vigilance est là pour aider à affiner les intentions du cœur, des intentions parfois cachées et non avouables, doit-on aller jusqu’à dire « négatives » ? qui elles aussi font naître un climat qui n’est plus celui de la douceur mais bien celui du désordre. Le mot est fort mais il dit bien le souci qui doit rester le nôtre, rechercher toujours l’unité de la communauté de vie que l’on accompagne et où l’on s’engage.

            Dans la société les désordres sont nombreux : politiques, économiques, familiaux… ils cachent parfois l’origine profonde des peurs, des tensions. Mais en Eglise pourquoi surgissent-ils et prennent-ils parfois tant de place, tant d’énergie ?

 

            La vigilance nous donne de rester tout à la fois réalistes et confiants sur le chemin du discernement !

 

« La sagesse d’en haut donne un cœur pur et apporte paix et douceur » v 17

 

            Au-delà de tout ce qui peut nous aider en humanité à bâtir une communauté fraternelle, porteuse du message de l’Evangile en actes et paroles offerts autour de nous, il a la nécessité de rester disponible à cette sagesse qui vient d’en haut afin d’être au bénéfice d’un cœur unifié, de la paix et de la douceur. Car ne nous y trompons pas, si nous avons besoin de forces vives, de ressources pour mener à bien nos projets, nous avons avant tout besoin d’avoir ce cœur unifié par Dieu, cette paix et cette douceur offertes par la Sagesse d’en haut !

 

            Nous avons besoin de cette œuvre du Seigneur en nous et autour de nous pour voir l’unité grandir, la bonté animer le regard posé sur le prochain, des actions bonnes fleurir autour de nous comme autant d’étincelles de la Gloire, comme autant de parcelles du Royaume parmi nous !

 

            Nous avons besoin de cette grâce pour vivre d’égal à égal, sans jugement de personnes, dans le respect et l’accueil des « oui » et des  « non » que nous énonçons, non pour notre confort mais pour le bien commun sachant que chacun à sa place, sa juste place et pas uniquement celle prédéfinie pour qui nous recherchons quelqu’un. Dans la mission confiée à l’Eglise chacun a sa responsabilité dans la paix et la douceur qui témoignent alors d’une communauté unie et confiante, signe au cœur de la société d’une fraternité possible, d’une collégialité dynamique.

 

« Ceux qui aiment la paix répandent la paix autour d’eux comme des semences, et les fruits qu’ils récoltent ce sont des actions justes ! » v 18

 

            A nous de répandre la paix, non celle uniquement que le monde peut donner mais la Paix du Christ ressuscité, présent au milieu de nous ! Et pour ce faire laissons la sagesse d’en haut guider nos pas, ceux de la communauté, sans peur de nos faiblesses, de nos manques mais reconnaissants pour les dons que Dieu dépose au fil des jours au cœur de nos vies. Et pour ce faire ne négligeons pas le temps nécessaire au discernement avec le souci de garder nos communautés unies et paisibles. Et pour ce faire ne cherchons pas à évaluer ou juger en fonction des seuls critères de notre raison, mais rendons-nous disponibles à la Sagesse qui vient d’en haut.

 

Ainsi nous découvrirons que Dieu nous donne des frères et des sœurs sages et intelligents et qu’avec eux nous pouvons semer l’Evangile et répandre la Paix !

 

 

                                                                                              Pasteur Olivier Filhol