Pâques 2015

Fleurs de pommier par Rémi Jouan (source Wikimedia)Chers amis,

             La joie et la liesse des Rameaux sont passées, les portes se sont ouvertes et Jésus est entré dans la ville, acclamé par la foule, monté sur un ânon. Le signe de sa royauté est apparu et le voilà pleinement dans sa Passion, le voilà sur le chemin du don de la vie jusqu’à l’extrême de la vie, jusqu’à la mort sur la croix, tout à la fois abandonné à la violence, à l’injustice des mots des hommes et gardé, vivifié  par les mots de Dieu. Le voilà tout  à la fois dans la cruelle réalité des crachats et des coups de fouet et la mystérieuse réalisation  de la parole des prophètes.

             Cette semaine dite sainte est faite de cette juxtaposition des plus humaines expressions du pouvoir, de l’intégrisme religieux, du défoulement de la violence, de l’amalgame des foules et des idées, des petits arrangements pour que soit gardée une certaine image de puissance et de respectabilité face aux autres avec l’œuvre secrète de la Parole au cœur des hommes, la manifestation non du pouvoir mais de l’autorité de la Parole du Père et de sa puissance de vie et d’amour, de l’universalité du salut offert, de l’apaisement des cœurs et des esprits, de la parole personnifiée, personnalisée…

             Oui en cette semaine, comme dans le quotidien de la vie se côtoient le pouvoir humain et l’autorité spirituelle, les cris d’accusation et les paroles de pardon, les gestes de condamnation et les actes de salut...

             Oui en cette semaine nous sommes alors invités à méditer sur nos manières de réagir, nos capacités à accueillir, nos besoins de toujours se justifier… Nous sommes invités à recevoir de Dieu cette humilité nécessaire pour accompagner et offrir, pour s’effacer et reconnaître, pour laisser mourir et laisser ressusciter et cela dans la prise de conscience que l’acteur principal est l’Esprit de Dieu, Lui le garant de la fidélité à la Parole partagée hier, à l’Alliance conclue hier par Celui qui promet, qui agit et qui vit.

             Car en cette semaine nous partagerons tour à tour l’intimité d’une chambre haute, la fraîcheur nocturne d’un jardin, la solitude d’un prétoire, l’intransigeance d’un sanhédrin, la poussière d’un chemin de souffrance, la douleur d’une croix dressée, le silence d’une mise au tombeau. Nous partagerons tout cela avant de partager l’annonce d’un tombeau vide, la course folle d’un matin de vie, la joie d’une chambre haute visitée, le miracle d’une pêche abondante.

             Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par ces temps d’accomplissement et de révélation ?

             Sommes-nous prêts à les ouvrir à celles et ceux qui sont en attente, en recherche ?

             Sommes-nous prêts à en témoigner sur les chemins et les places afin que ces temps ne soient pas réservés à nos petits cénacles mais bien publics visitant alors les foules d’aujourd’hui ?

             Sommes-nous prêts pour vivre cette tension de la mémoire de faits passés et de l’incarnation dans notre aujourd’hui de cette bonne nouvelle du salut manifesté à la croix et pleinement signifié avec le tombeau vide ?

             Oui en cette semaine nous sommes invités à écouter le Seigneur nous parler du Royaume en paraboles, à partager le pain et la coupe, à faire face au corps du Seigneur en croix, à placer notre confiance en la puissance de vie, à veiller dans l’attente d’un nouveau matin de vie, à croire en la vie ressuscitée et éternelle !

             Car en cette semaine le Seigneur nous prend par la main et vient calmer nos peurs, apaiser nos douleurs, pardonner nos erreurs en acceptant par amour pour son Père et pour nous d’avoir peur, d’avoir mal, de connaître la mort dans ce qu’elle a de plus atroce pour libérer le monde du salaire du péché.

             Car en cette semaine le Seigneur entend les cris de haine et y oppose le silence et la prière, vit les procès d’intention et y répond par le silence et la confession de foi, reçoit les coups et y répond par la soumission, est témoin des reniements et déjà les pardonne ne revenant pas sur la confiance hier accordée.

             Pour nous et pour le monde en cette semaine la plénitude est offerte, elle se révèle dans la vie donnée, dans les regards échangés, elle dit la fidélité de Dieu.

             A nous, à nos communautés d’être témoins maintenant de cette plénitude de vie, nourris des images du Royaume, du pain et du vin de la Cène, de la contemplation et de la croix et du tombeau vide et portés par la Foi, l’Espérance et l’Amour.

Belle et riche semaine !

Joyeuses et vivifiantes fêtes de Pâques !

Il vit à jamais Celui qui est notre Salut et notre Paix, le Christ Ressuscité !

Alléluia !

 

Pr Olivier FILHOL