Sur le chemin de Kiliba

Aujourd’hui je ne vous parlerai pas des difficultés de vie de nos amis de Kiliba, ni de la politique, ni du manque de nourriture qu’ils rencontrent, ni de l’eau qu’ils boivent qui n’est toujours pas potable… De tout cela je vous en ai déjà parlé.

Mais je voudrais partager avec vous un moment qui me réjouit particulièrement lors du voyage. En effet, lorsque nous effectuons un voyage vers Kiliba, nous devons prendre un avion qui nous amène en transit à Addis Abeba en Ethiopie avant d’atterrir au Burundi ou au Rwanda ou en République Démocratique du Congo… Nous nous retrouvons pour quelques heures dans un bâtiment immense très bruyant où circulent des personnes très cosmopolites. Je profite de ces quelques heures pour dénicher les boutiques qui vendent des images chrétiennes peintes selon la tradition éthiopienne. Je rentre en France avec ces trophées que je distribue à mes amis. Comme je ne peux vous en donner une à chacun de vous qui me lisez, j’ai souhaitez vous faire partager deux « trésors » achetés au printemps 2016. Il s’agit du repas du soir de Jésus avec ses disciples et du lavement des pieds. Reportez-vous au chapitre 13 de l’Evangile de Jean, s’il vous plait, cela sera encore plus vivant.

Ces deux images sont peintes à la main avec des couleurs vives sur des peaux de chèvres. Elles sont comme des icônes reproduites exactement de la même façon depuis des siècles. Seule la dextérité du peintre les rend plus ou moins belles et plus ou moins explicites. Celles-ci le sont particulièrement. Naïveté dans le trait, nouveauté pour notre œil occidental.

Je vous laisse découvrir « le repas du soir, Jean 13,2 », où les douze disciples regardent en direction de Jésus, facilement reconnaissable par son auréole. Ils mangent tous ENSEMBLE le même repas assis devant cette sorte de table en osier. PARTAGE. GROUPE SOUDE AUTOUR DE JESUS.

Regardons la deuxième scène : Jésus lave les pieds de ses disciples « Jean, 13-4 et ss ».  Ils ne sont plus que onze (Judas est déjà parti) et parlent entre eux par petits groupes.  Ils se tiennent le menton dans un geste dubitatif, d’étonnement au sens fort du terme. Ils sont jeunes, seul Pierre a les cheveux blancs, il discute avec Jésus d’où son geste de la main. Cette image, cette icône, ne  donne-t-elle pas une nouvelle dimension, une force de vie au texte que nous connaissons si bien ?

Nous allons bientôt entrer dans ce long chemin qui nous mènera jusqu’à Pâques. Je souhaite que ces deux images comblent votre cœur comme il comble le mien. Que ce que représente ces deux images  donne à chacun d’entre nous la joie de partager notre vie avec Jésus, d’accepter son amour et nous donne la force de le suivre et de nous ouvrir aux autres.

 

Martine Durand   Février 2017