4 ème dimanche de l'Avent

L’Evangile serait-il une histoire de « bonnes femmes » ?

 

Cette expression sexiste, malheureusement presqu’encore contemporaine, en dit long sur la vision de la femme dans une société machiste ! Il n’est pas si loin le temps où le crédit accordé aux « commérages de bonnes femmes » ne valait pas un kopek. Il semble que cette tendance se soit inversée ces dernières décennies. Tant mieux, même s’il reste sans doute encore beaucoup de chemin à faire… Cependant, la dépréciation de la parole des femmes dans la société, est encore assez vivace dans nos têtes pour que nous puissions saisir à quel point faire reposer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ sur des paroles de femmes est tout de même assez incongru !

Pourtant, Luc commence son Evangile avec le récit de la visite de Marie chez sa cousine Elisabeth et il termine son récit par des femmes qui découvrent les premières la Résurrection de Jésus ! Quelle provocation dans un univers machiste et patriarcal !

Pour ce dernier dimanche de l’Avent, nous sommes invités à relire cet épisode de la visite de Marie, enceinte, à Elisabeth, enceinte elle aussi (Luc 1.39-45). 

Deux femmes enceintes qui se voient et discutent ! Quoi de plus banal en somme. Quoi de plus ordinaire, de plus quotidien ? Si vous faites les sorties d’école primaire, vous en voyez souvent, des femmes enceintes qui sont toutes contentes de parler de leur situation actuelle, de leurs questions, de leurs inquiétudes peut-être, et de leurs projets.

Justement, les femmes, plus encore, les femmes enceintes, ne nous ramènent-elles pas à la vie quotidienne, au réel humble de l’attente d’un dénouement que l’on appréhende sans pouvoir vraiment le maîtriser totalement ?

Notre vie contemporaine aurait tendance à nous happer pour nous tirer sans cesse hors de nous-mêmes, hors de nos responsabilités, très basiques vis-à-vis de nos parents, de nos enfants, de nos collègues, de nos voisins… Nos objets connectés, dont la télévision en premier, voudraient nous plonger en permanence dans les enjeux de notre société en nous collant aux informations et à leurs commentaires sans fin, sans bien sûr oublier la page de publicité qui nous rappelle que la vraie vie consiste quand même à consommer, surtout à cette époque de l’année !

Quel paradoxe entre l’appel des femmes de l’Evangile à une rencontre simple et vraie, une rencontre habitée de la Présence et nos courses effrénées qui ne cessent de nous tirer hors de nous-mêmes.

La période de l’Avent devrait être un frein à notre course pour nous amener à l’émerveillement de la vie qui grandit, comme ces femmes enceintes qui ralentissent peut-être un peu leur rythme pour se rendre plus présentes à ce qui se passe en elles. La période de l’Avent devrait être un frein à notre course, et il semble qu’elle n’est qu’accélération jusqu’à la dernière minute du jour fatidique…  Serons-nous alors prêts pour accueillir l’Essentiel ? Vraiment ?

 

 

 
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Publié le 22 décembre 2018

Commentaires

C. Isabelle| Jeudi 3 janvier 2019 à 23 h 21
Très belle méditation !