Noël

Paris, le 22 décembre à 9h40. Je suis dans le métro parisien. Tiens, y’a du monde pour un samedi.

9h55, le metro arrive dans la station finale. Beaucoup de monde descend. C’est bizarre, ce n’est pas une correspondance. Je suis le mouvement. Je devrais plutôt dire je suis pris par le mouvement qui m‘entraîne vers la sortie, les escaliers et le trottoir.

Je suis à l‘heure, juste avant l‘ouverture du magasin de mes achats de Noël.

Il y a foule devant les stores fermés, le trottoir est saturé. Derniers jours pour les courses, va y’avoir du sport.

Effectivement, dès le bruit du moteur qui remonte les stores, tout le monde se crispe, à la manière du sportif à qui on crie « à vos marque ». Le store se fige en fracas « prêts ». La porte s’ouvre « partez » : tout le monde se rue, comme un raz-de-marée. « Emportée par la foule » chantait Piaf. On y est. Pourtant, ce n’est pas les soldes.

En moins de trois minutes, le magasin est devenu une fourmilière : les rayons sont bondés, la bousculade est inévitable dans la quête du cadeau que l’on se prépare à acheter pour offrir au repas familial. Tout le monde se précipite ici et là au gré des articles choisis. Il faut aller vite, toujours plus vite pour échapper au mieux à l’attente des caisses inexorablement bondées moins de 5 minutes après l’ouverture des portes du magasin.

Sale temps pour un agoraphobe.

Enfin dehors ! Certes, chargé, mais dehors, exfiltré de cette compression-bousculade-attente qui entraîne inévitablement un ou deux pieds écrasé sans excuses, bien sûr.

En repensant au rodéo que je viens de subir, je me disais, mais pourquoi faut-il être si pressé ?

Dans cette folie commerciale, la place pour l’humanité était nulle : aucune place pour l’écoute, pour la parole, le dialogue, pour le partage et, paradoxalement, aucune place pour la réalité de Noël.

Noël, c’est d’abord une parole devenue un homme, une parole adressée à des bergers et qui étonne (et tous ceux qui les entendaient étaient étonnés de ce que leur disait les bergers). C’est une question en attente de réponse (où est le roi des Juifs qui vient de naître ?) 

 

Et si on prenait le temps ?

La parole de Noël a été partagée au point de nous rejoindre et de nous toucher encore plus de 2000 ans après. Prendre le temps, c’est permettre à cette parole de résonner en nous, de devenir nôtre pour que Noël retrouve son sens chrétien : un amour indéfectible, manifesté à travers la promesse tenue par un Dieu qui quitte son piédestal pour se joindre à l’humanité.

Prendre le temps, c’est aussi dialoguer, partager et transmettre cette parole avec ceux qui nous entourent ou ceux que l’on croise. C’est leur faire découvrir que c’est Dieu qui provoque la rencontre par sa parole, qui vient vers nous (et non pas l’inverse).

En fêtant Noël, puissions-nous faire en sorte de laisser l’effervescence habituelle pour prendre le temps de savourer cette parole comme un met succulent : réjouissez-vous, Dieu est parmi nous.

Oui, joyeux Noël, Dieu est parmi nous.

David MacKain

4 ème dimanche de l'Avent

L’Evangile serait-il une histoire de « bonnes femmes » ?

 

Cette expression sexiste, malheureusement presqu’encore contemporaine, en dit long sur la vision de la femme dans une société machiste ! Il n’est pas si loin le temps où le crédit accordé aux « commérages de bonnes femmes » ne valait pas un kopek. Il semble que cette tendance se soit inversée ces dernières décennies. Tant mieux, même s’il reste sans doute encore beaucoup de chemin à faire… Cependant, la dépréciation de la parole des femmes dans la société, est encore assez vivace dans nos têtes pour que nous puissions saisir à quel point faire reposer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ sur des paroles de femmes est tout de même assez incongru !

Pourtant, Luc commence son Evangile avec le récit de la visite de Marie chez sa cousine Elisabeth et il termine son récit par des femmes qui découvrent les premières la Résurrection de Jésus ! Quelle provocation dans un univers machiste et patriarcal !

Pour ce dernier dimanche de l’Avent, nous sommes invités à relire cet épisode de la visite de Marie, enceinte, à Elisabeth, enceinte elle aussi (Luc 1.39-45). 

Deux femmes enceintes qui se voient et discutent ! Quoi de plus banal en somme. Quoi de plus ordinaire, de plus quotidien ? Si vous faites les sorties d’école primaire, vous en voyez souvent, des femmes enceintes qui sont toutes contentes de parler de leur situation actuelle, de leurs questions, de leurs inquiétudes peut-être, et de leurs projets.

Justement, les femmes, plus encore, les femmes enceintes, ne nous ramènent-elles pas à la vie quotidienne, au réel humble de l’attente d’un dénouement que l’on appréhende sans pouvoir vraiment le maîtriser totalement ?

 

 

Notre vie contemporaine aurait tendance à nous happer pour nous tirer sans cesse hors de nous-mêmes, hors de nos responsabilités, très basiques vis-à-vis de nos parents, de nos enfants, de nos collègues, de nos voisins… Nos objets connectés, dont la télévision en premier, voudraient nous plonger en permanence dans les enjeux de notre société en nous collant aux informations et à leurs commentaires sans fin, sans bien sûr oublier la page de publicité qui nous rappelle que la vraie vie consiste quand même à consommer, surtout à cette époque de l’année !

Quel paradoxe entre l’appel des femmes de l’Evangile à une rencontre simple et vraie, une rencontre habitée de la Présence et nos courses effrénées qui ne cessent de nous tirer hors de nous-mêmes.

La période de l’Avent devrait être un frein à notre course pour nous amener à l’émerveillement de la vie qui grandit, comme ces femmes enceintes qui ralentissent peut-être un peu leur rythme pour se rendre plus présentes à ce qui se passe en elles. La période de l’Avent devrait être un frein à notre course, et il semble qu’elle n’est qu’accélération jusqu’à la dernière minute du jour fatidique…  Serons-nous alors prêts pour accueillir l’Essentiel ? Vraiment ?

3 ème dimanche de l'Avent

« Les Dix commandements de Noël »

 

 

  1. Tu n’excluras pas Jésus-Christ de cette fête !
  2. Prépare ton âme à cette journée ; ne te préoccupe pas des cadeaux au point d’en oublier que tu as une âme.
  3. Ne remplace pas Jésus par le « père Noël », ôtant ainsi toute signification spirituelle à cette fête.
  4. Ne sois pas trop exigeant avec le livreur ou les vendeurs : tu leur faciliteras ainsi l’existence.
  5. Donne une part de toi-même avec tes cadeaux, ils n’en auront que plus de valeur, et ceux auxquels ils sont destinés les apprécieront davantage.
  6. Ne juge pas les cadeaux selon leur valeur ; un cadeau aussi minime soit-il peut témoigner autant d’amour qu’un achat coûteux, et l’amour est le don le plus précieux !
  7. Ne néglige pas les nécessiteux ; partage tes bénédictions avec ceux qui ont faim et froid, si tu n’es pas généreux !
  8. Ne néglige pas ton Eglise, ses cultes mettent l’accent sur le véritable sens de Noël ;
  9. Sois simple en esprit comme un enfant, et tu auras le royaume des cieux !
  10. Donne ton cœur à Jésus-Christ ; qu’il occupe la première place sur ta « liste de Noël » !

 

    La fête de Noël sera une fête bénie pour toutes celles et tous ceux qui essayeront de suivre de tels commandements, car l’égoïsme fait de Noël une charge, le partage une communion, l’amour une lumière, l’espérance une joie et la foi une bénédiction

Pasteur : Peter HULSHOF

2 ème dimanche de l'Avent

La couronne de la vieille Léonie

 

J'avais l'habitude, en me rendant à mon travail, de passer devant la fenêtre de Léonie, la vieille dame qui habitait au rez-de-chaussée de notre immeuble. Bien avant Noël, elle mettait derrière la fenêtre une très belle couronne qu'elle avait elle-même tressée avec de très belles branches de sapin. Elle m'avait expliqué que les rubans rouges lui venaient de Marie, sa grand-mère. Ce matin, je m'attendais à voir deux bougies blanches allumées. Je connaissais le truc, chaque lundi quand je passais, il y avait une bougie de plus ! Elle devait en consommer des bougies la vieille Léonie ! Ce matin, la couronne était là, sans lumière, triste. Je me suis alors promis, en revenant du travail, de passer chez le concierge car ce n'était pas normal. La vieille Léonie n'avait jamais dérogé à sa règle : elle allumait, dimanche après dimanche, les quatre bougies de l'Avent. Elle disait que ce n'était pas grand chose mais que la lumière de ses bougies pouvait « allumer la joie dans les cœurs ». C'était bizarre de dire ça. Il me fallait bien plus que la lumière d'une bougie pour venir chasser mes ombres et mes chagrins !

 

 

Le soir-même, je suis allée voir le gardien. Il m'apprit que la vieille Léonie avait été transportée à l'hôpital car elle avait fait un malaise la veille, dimanche. Et aujourd'hui lundi, son fils Nathan avait pris sa mère chez lui. La vieille Léonie ne reviendrait plus. 
La deuxième semaine de l'Avent avait commencé, et les bougies de Léonie restaient éteintes dans son ancien appartement.C'était triste. Elle avait raison la vieille Léonie : ses bougies allumaient la joie dans les cœurs. La lumière de ses bougies me manquait, je comprenais alors que la vielle Léonie n'allumait pas les bougies pour elle-seule ; mais elle les allumait pour, qu'autour d'elle, leur lumière touche les autres, « allume la joie dans les cœurs ». Elle m'avait un jour expliqué que ce temps de l'Avent, où l'on allume les bougies les unes après les autres, était ce temps où l'on attend quelqu'un qui vient comme la lumière, et que celui qu'on attendait était un enfant-roi qui s'appelait Jésus.

 

Le lendemain mardi, à mon retour du travail, devant ma porte au premier étage, un carton était posé. Je l'ouvris et la couronne de l'Avent de la vieille Léonie était à l'intérieur avec une seule bougie, celle qu'elle avait allumé la semaine dernière. Je fus émue et ne me posai pas trop de questions, du style : pourquoi moi ? Sur un bout de papier, un petit mot était griffonné au crayon : « De la part de Léonie ». Au fond de mon cœur, je savais déjà quoi faire. Je me précipitai pour disposer la couronne de Léonie derrière ma fenêtre de salon qui donne sur la rue, et mettre une deuxième bougie. Avec joie, j'allumai les deux bougies pour que leur lumière vienne allumer la joie dans les cœurs.

 

Corinne Charriau.

1 er dimanche de l'Avent

L’Avent : Quelle signification et quelles implications au quotidien ?

Le calendrier liturgique nous fait entrer dimanche 2 décembre 2018 dans le temps de l’Avent.

 

 

Le calendrier liturgique nous fait entrer dimanche 2 décembre 2018 dans le temps de l’Avent. Après  plus de deux milles ans, les chrétiens célèbrent avec beaucoup de joie ces moments qui irriguent leur vie de foi. Nous pouvons nous poser la question de savoir ce que signifie l’Avent ; quelles implications pour la vie du chrétien ?

  • Un bref aperçu historique et une signification

 Du  latin « advenus », l’Avent signifie « venue, avènement » et s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël. C’est une  période durant laquelle les fidèles se préparent intérieurement à célébrer Noël, événement important, et décisif pour l’humanité, puisque Dieu s’est fait homme parmi les hommes : de sa naissance à sa mort sur la Croix, il a partagé toute la condition humaine en restant éloigné de toute mauvaise cible que l’on peut nommer péché.

Les historiens s’accordent à reconnaître que l’avent est assez incertaine et on ne sait pas exactement quand l’Église a développé ce temps liturgique, mais on en trouve des traces dès le IVe siècle. Il s’agissait surtout d’un avent « eschatologique » encore appelé attente,  tourné vers la « parousie » encore appelé la fin des temps dans le christianisme. Le but était  d’orienter le regard des chrétiens vers le retour du Christ, et de le leur rappeler.

Ce temps liturgique comporte donc la mémoire des trois avènements du Christ : sa naissance (historique) parmi les hommes, à la crèche, il y a 2000 ans ; sa venue (future) dans la gloire à la Parousie (la fin du monde), et sa venue dans nos vies (actuelle), par sa grâce. L’avent s’inscrit donc dans cette dynamique qui construit notre croyance.

 

 

Quelles implications pour les chrétiens héritiers de cette richesse ?

Chacun est appelé à la vigilance et au changement de vie. Il s’agit alors d’un « brexit » quotidien de tout ce qui empêche l’homme d’être libres ; de sortir d’un regard cloisonné sur lui-même, sur son semblables et sur son environnement. Il s’agit de le libérer de tout ce qui le rend esclave et l’empêche de sourire dans la joie de la rencontre.

La parole des Prophètes, qui retentit en chaque liturgie dominicale de l’Avent, redit la nécessité de la conversion et de la préparation du cœur, comme le rappellent nos textes de prédication.

Nous pouvons  à juste titre remarquer que cette période se divise en deux temps importants

  • Le premier dimanche de l’Avent met en exergue l’aspect eschatologique qui primera. La venue de Jésus est annoncée avec faste, venue qui ressemble à une lumière qui éclaire nos obscurités au quotidien. (Une bougie reflétant cette lumière qui es et qui vient est allumée pendant la célébration)
  • Les 2, 3 et 4e dimanches sont axés sur la préparation de la fête même de Noël avec les évangiles qui précèdent la naissance du Christ : les trois annonciations (les annonces de l’ange à Zacharie, le père de Jean-Baptiste ; à la Vierge Marie, et à Joseph), la nativité de  Jean-Baptiste entre autres. 

Excellent temps de l’Avent et joyeuses fêtes de noël en Sa présence bénie.

Pasteur    Alain-Georges NOUGA

Eglise protestante unie de Niort

  

 

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Publié le 25 décembre 2018

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