Qui dit compostable, dit « composteur»

Au cours du synode régional 2016 (à Saintes), le synode régional a adopté un vœu demandant au conseil régional de s’engager davantage dans la responsabilité écologique en commençant par l’usage de vaisselle jetable biodégradable ou de vaisselle réutilisable lors de tout rassemblement régional (colloques, synodes, pastorales, etc…) et d’encourager et soutenir les églises locales à entrer dans une démarche similaire...

Dans le Cher, nous n'avions pas attendu le vote... Depuis 2012, nous avions remplacé les assiettes en plastique par de la vaisselle compostable. Moins de pétrole, certes. Mais que faire des assiettes ?

Car qui dit compostable, dit « composte ». Ainsi le groupe inter-générations s'est mis à construire un composteur durant les après-midis des « Journées catéchétiques » de l'Eglise. Tout un hiver (2015/2016), les enfants ont réfléchi sur la création. Ils ont choisi les sujets à représenter sur le composteur et puis ...il fallait bien le construire. Les enfants ont opté pour quatre pans qui évoquent les quatre éléments : terre, mer, air et feu. Ils ont conçu des pochoirs et à l'aide de peintures et de pinceaux, les quatre panneaux ont pris belle allure. Les grandes personnes n'étaient pas en reste : une artiste pour rendre les œuvres des enfants un peu plus homogènes ; un papa pour faire manier la visseuse à tous (heureusement que les plus petits avaient cinq ans et étaient fort débrouillards !).

C'est fait, pourrait-on dire. Mais la vraie démarche commence maintenant.

Car il faut amener les personnes qui utilisent le centre paroissial à faire le tri. Les louveteaux qui viennent au centre l'ont bien adopté. Pas de souci à mettre les épluchures dans le grand bac. Mais les autres ?

Samedi dernier, lors d'un grand repas, un des enfants a passé son après-midi à trier la vaisselle d'un coté, et les emballages non recyclables de l'autre coté. Pour trouver ensuite les différentes poubelles bien mélangées. Tous avaient mis la main à la pâte. ...et les réflexes de tri ne sont vraiment pas acquis... L'exemple de la table triée n'avaient pas fait d'émules et les annonces n'étaient pas suffisantes... Car il s'agit bien de sensibilisation !

Et les frais d'une telle décision ? Ils sont réels. Car dans un premier temps, nous avions fait nos achats en grande surface. Par petits paquets. Ce n'était pas énorme, mais tout de même... Mais depuis le Grenelle de l'environnement, on trouve du matériel à acheter en vrac. Et là, même le coût financier devient raisonnable. Car nous avons construit une petite réserve pour gérer notre achat en gros.

Et le gain alors ? Une prise de conscience qui est partagée par les enfants et les jeunes. Une joie de pouvoir faire des choses dans la réalité. C'est une démarche qui sort des complaintes et des fatalismes. Mais c'est également une manière de vivre l'émerveillement face au monde dans lequel nous vivons : quand les assiettes se transforment en terreau, ce n'est pas mal. Quand les plantes peuvent s'enraciner dans nos déchets qu'on ne devine même plus, il reste une part qui nous ouvre à la louange.

 

Angelika Krause (avec tous ceux qui ont œuvre à la mise en place du composteur)

 

 
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Publié le 01 octobre 2017

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