Tout sur le synode de Limoges

Eglise Protestante Unie de France, région Ouest 

6ème session du Synode Régional – Limoges 16-18 novembre 2018

 

Le cahier post-synodal est accessible ici 

Lecture de la Déclaration de foi de l'EPUDF

Lien vers les vœux adoptés

Lien vers le culte synodal

Lien vers l’aumônerie du synode par David Mackain et Frédérique Dugas  

 

Pasteur Guillaume de Clermont
Président du conseil régional
EPUdF - Ouest


Télécharger le message du Président du Conseil Régional

 Cap sur la Bible !

« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier » (Ps 119,105)

 In Memoriam 

Alors mes frères, ce n’est point un rêve ?

Les hostilités ont pris fin ?

Les trains de blessés ne laisseront plus une piste rouge dans le ballast ?

Sur les champs de bataille, la nuit, on ne fera plus, de cadavre en cadavre, la cueillette lugubre des plaques d’identité ?

En lisant le décalogue du haut de la chaire évangélique, les pasteurs n’éprouveront plus un rapide vertige devant le commandement : « tu ne tueras point ! » ?

Les flots troublés de la Sainte-Cène vont refléter, à nouveau, la face divine du commun Sauveur de l’humanité.

Non ! Nous ne rêvons point !

Les cloches de Jésus-Christ ont sonné la paix (…).

 

Chers amis, tels sont les premiers mots de la prédication du Pasteur Wilfred Monod, prononcée au cours du culte, le dimanche 17 novembre 1918, il

y a cent ans tout juste.

Quelques jours plus tôt, le 11 novembre 1918 à 11h, les cloches ont sonné sur tout le territoire national.

Dans la nuit du 11 novembre, à Rethondes dans un wagon au cœur de la forêt de Compiègne, l’armistice a été signé pour 36 jours par le Maréchal

Foch pour les Alliés et Matthias Erzberger pour l’Allemagne.

L’armistice sera renouvelé régulièrement jusqu’à la signature du traité de paix du 28 juin 1919 à Versailles, dans la galerie des glaces. La grande guerre vient donc de s’achever.

Et le bilan est effroyable : 10 millions de morts, 6 millions de blessés et mutilés, 3 millions de veuves, 6 millions d’orphelins.

En ce mois de novembre 1918, le cauchemar prend fin, mais l’Europe portera longtemps les stigmates des traumatismes de la grande guerre.

Quelques lieux emblématiques en portent encore la mémoire : la Somme, Notre dame de Lorette, La tranchée des Baïonnettes (Meuse), le mémorial de Vimy (Pas de Calais), le Chemin des Dames (Aisne), le mémorial des Batailles de la Marne,

la tombe du soldat inconnu… et tant d’autres lieux encore. Et particulièrement nos cimetières et nos monuments aux morts.

Et puis, ces plaques de marbres, dans nos temples, sur lesquelles se posent parfois nos regards furtifs. Ces plaques qui portent la mémoire de tous ces jeunes morts sur les champs de bataille pour défendre la liberté.

Ces plaques qui portent aussi la mémoire des millions de familles amputées de l’un des leurs et souvent de plusieurs, qui ont dû se relever pour que la vie reste plus forte que la mort.

Ces plaques, sur lesquelles se sont ajoutés les noms des morts de la deuxième guerre mondiale nous rappellent aujourd’hui le lourd tribut qu’il a fallu payer pour vivre libres, et pour accéder enfin à la plus longue période de paix qu’ait jamais connu

l’Europe dans son histoire.

Mais est-ce définitivement acquis ?

Qui peut dire aujourd’hui que les générations qui nous suivent ne connaitront pas à leur tour le chaos de la guerre ?

Qui peut dire aujourd’hui que les montées des populismes et des nationalismes n’auront pas raison tôt ou tard de cette paix si précieuse ?

Qui peut dire aujourd’hui que les désordres climatiques et les injustices qu’ils provoquent ne finiront pas par mettre à mal les grands équilibres qui garantissent la paix des nations entre elles ?

Qui peut dire aujourd’hui qu’il ne se laissera pas gagner demain ou après-demain par le funeste et sournois sentiment de jugement, de haine et de rejet de son prochain ?

 

La mémoire doit éclairer les temps présents

Dans sa prédication du 17 novembre 1918, Wilfred Monod poursuit un peu plus loin…

Oh ! mes frères, depuis ce dimanche pathétique de 1914 où j'ai prêché, du haut de cette chaire, pour le premier jour de la mobilisation, nous avons, réunis semaine après semaine dans ce sanctuaire, dressé vers le ciel des mains rouges ! (…)

Nos yeux voilés de larmes cherchaient passionnément, au zénith, les constellations immuables de l'Évangile. Nous protestions de toute notre âme contre la besogne infernale, et nous la maudissions. Nous clamions notre loyalisme au Christ, malgré

les apparences : « O Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime ! »

 Aujourd'hui, cette angoisse est dissipée. L'intolérable contradiction cesse de nous étouffer. Réjouis-toi, Eglise de Jésus ! tu retrouves ta libre respiration.

 Mais l'atroce expérience a incrusté en nous une conviction aiguë, c'est que le péché est, ici-bas, une puissance, une réalité concrète, une force active d'obstruction et de ruine, un ferment de souillure et de cruauté, une inlassable et inépuisable

énergie de perdition. Et de même qu'il existe, ici-bas, des formes parasitaires acharnées à la destruction de certains tissus vivants, de même le péché nous apparaît comme le dévorateur-né de la substance humaine par excellence : la personnalité

morale, enfin l'âme ! 
Anathème à la guerre, oui ! mais, surtout, anathème au péché qui produit la guerre (…)

(fin de citation)

Pardonnez-moi, frères et sœurs, d’avoir fait ce détour par la grande guerre, mais par-delà le centenaire et le temps des commémorations, l’actualité en Europe et dans le Monde me semble convoquer cette mémoire parce que nous voyons ressurgir

ici et là des signes inquiétants qui réveillent des souvenirs qui nous semblaient durablement mis au rebut !

« Quand vous voyez un nuage se lever à l’occident, dit Jésus, vous dites aussitôt : la pluie vient. Et cela arrive. Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites : il fera chaud. Et cela arrive. Hypocrites, vous savez distinguer l’aspect de la

terre et du ciel ; comment ne distinguez-vous pas ce temps-ci. (Luc 12,54-56).

Autre temps, autre contexte, mais l’interpellation de Jésus peut aussi nous parler aujourd’hui.

A l’occasion du synode National, Emmanuelle Seyboldt interpellait les délégués avec ces questions :  

« Comment en Eglise, résistons-nous à la force ? Comment résistons-nous aux comportements séducteurs ? Comment résistons-nous à l’attrait de ce qui brille, aux sirènes de la popularité, au goût du pouvoir ? Comment sommes-nous attentifs aux

plus petits, à ceux qui ne sont pas charmants, à ceux qui dérangent notre tranquillité ? Comment résistons-nous à la peur et à la haine, au mal sous toutes ses formes ? Comment nous alertons-nous mutuellement sur les dangers du racisme ?

Comment restons-nous éveillés pour la protection des pauvres, des exclus, des personnes sans abri, des étrangers, des exilés ? »

(Fin de citation)

A l’approche des scrutins européens qui pèseront pour notre avenir, puissions-nous répondre à ces questions et trouver dans les Ecritures et par la foi l’inspiration pour nous engager sur des chemins de la paix, de justice et de vie, et le courage de

résister aux idéologies de la haine et de la mort.

 

D’Angers à Limoges, remise en perspective

J’ai donné comme titre à ce message ‘cap sur la Bible !’prolongeant ainsi la proposition du conseil national de lancer une dynamique nationale d’encouragement à la lecture de la Bible.

Mais avant d’avancer sur ce thème, je voudrais remettre en perspective les messages des années précédentes en abordant, chemin faisant, quelques aspects de la vie de nos églises sur lesquelles je vous livrerai ma réflexion.

En 2015, à l’occasion du synode d’Angers, j’avais choisi pour accompagner mon message l’image du « trésor dans des vases de terre ».

Nous vivions encore les soubresauts du synode de Sète, nous étions dans l’année du renouvellement des conseils presbytéraux, et je découvrais la diversité des églises de la région avec des situations de fragilité qui me semblaient bien décrites par

l’image du « vase de terre et du trésor ».

Trois ans plus tard, même si les années se suivent et ne ressemblent pas forcément, ma préoccupation se porte toujours du côté des fragilités. Et j’en nomme trois : la diminution des forces vives, la diminution des ressources financières, le manque

durable de ministres.

 

La diminution des forces vives.

Dans notre région Ouest, plus de 400 personnes sont engagées dans des ministères locaux et collégiaux. C’est beaucoup et c’est une grande chance.

Mais dans plusieurs églises locales, les conseillers presbytéraux expriment déjà le souhait de ne pas renouveler leur mandat au-delà de 2020. Et cela suscite une vraie inquiétude, justifiée d’ailleurs en plusieurs lieux, parce que l’âge moyen des

membres de nos églises augmente de manière significative. Et déjà aujourd’hui, lorsqu’une démission est enregistrée, il est parfois difficile d’appeler une personne nouvelle.

Nous l’avons vu cette année pour le synode régional avec quelques églises locales qui se sont trouvées dans l’incapacité de désigner un délégué au synode régional, pour remplacer le titulaire empêché » ou démissionnaire…

Je dois d’abord rappeler que la constitution autorise 3 mandats successifs de 4 ans, les compteurs ayant été remis à zéro en 2013.

Donc, pour ceux qui avaient déjà quelques années de mandat avant 2013, qui se sont fait élire en 2013 lors de la création de l’Eglise Protestante Unie de France, et qui ont été réélus en 2016, il leur restera la possibilité de faire un 3ème mandat à

compter de 2020.

Cela dit, les élections prévues en 2020 nous obligeront à anticiper le travail de discernement dès 2019. Et il me semblerait opportun que dès les assemblées générales 2019 le sujet soit abordé avec les membres des Eglises locales.

Mais la question demeure : comment allons-nous faire si nous ne trouvons pas suffisamment de personnes ressources pour constituer nos conseils presbytéraux en 2020 ?

Il n’y a pas 36000 solutions ! Nous avons trois leviers !

Le premier, c’est de diminuer dans les statuts de l’Eglise locale le nombre de membres d’un conseil presbytéral pour le porter à 6, le minimum légal, afin de constituer un conseil presbytéral d’un minimum de 6 personnes.

Le deuxième levier, lorsque nous bénéficions d’une proximité géographique qui le permet, c’est de proposer à des membres d’une église locale une ‘double appartenance’. Ils peuvent alors adhérer à une deuxième association cultuelle, pour y

accepter un mandat électif dans un conseil presbytéral. Nous avons déjà mis cette solution en œuvre dans un secteur de la région.

Le troisième levier, c’est de revoir notre organisation ecclésiale et d’envisager le regroupement d’associations cultuelles. Cela sera nécessaire dans certains secteurs de la région.

Il en va de la survie de nos églises locales, ou plus exactement de la survie de ceux et celles qui les font vivre. Quel intérêt y a t-il à maintenir 3 conseils presbytéraux, avec 3 trésoriers, 3 secrétaires, 3 réviseurs de comptes etc. dans des zones

géographiques où nous pouvons mutualiser les forces vives des églises locales ?

Nos organisations doivent toujours être au service de la mission de l’Eglise.

Et la mission de l’Eglise ne consiste pas à faire fonctionner des associations cultuelles, à maintenir coûte que coûte des conseils presbytéraux et des commissions ou des assemblées. La mission de l’Eglise, c’est de témoigner de l’Evangile qui nous fait

vivre et qui oriente le sens de notre vie et tenter de faire avancer le Royaume de Dieu.

Lorsque nous sentons que toute notre énergie se concentre sur nos instances, sur le fonctionnement de nos structures ecclésiales et sur nos finances, c’est le signe qu’il  faut convertir nos organisations.

 

Les finances… parlons-en !

Sur les finances, nous avons tiré la sonnette d’alarme au Synode National de Lezay. Nous avons exprimé notre souhait que l’Union Nationale ouvre un débat avec les régions sur les dépenses du budget national et sur la participation des régions au

budget national. Depuis plusieurs années, les ressources des églises locales diminuent. Comme le nombre de foyers connus et de foyers participants.

Nous devons donc adapter nos finances à cette réalité.

La difficulté, c’est que l’architecture de nos budgets et de nos engagements date d’un temps et d’une réalité que les moins de vingt ans n’ont pas connu. Et nous avons bien du mal à oser la nouveauté pour nous adapter aux nouvelles contraintes et

dépenser moins au moment où nous aurions besoin de retrouver du souffle dans un certain nombre d’églises locales. Nous nous heurtons souvent à des postes de dépenses qui paraissent sanctuarisés mais qu’il nous faudra bien oser sortir de leur

sanctuaire. Parce que si nous ne le faisons pas, nous finirons par perdre notre force de témoignage sur le seuil de nos temples.


Une crise de vocation qui pèse

La troisième fragilité qui doit être mentionnée ici, c’est le manque durable de pasteurs.

13 proposants seulement pour notre Eglise en juillet 2018. Et probablement 5 ou 6 en juillet 2019. 19 sur deux années, alors qu’il aurait fallu 32 nouveaux ministres sur deux ans pour maintenir le nombre de ministres en poste actuellement. Voilà la

réalité. Dans notre région Ouest, le manque pénalise durablement les mêmes secteurs depuis plusieurs années : la Vendée, le Cognaçais, le Poitou.

Notre Eglise osera-t-elle, ici aussi, la nouveauté ?

Saurons-nous imaginer des nouveaux parcours de formation pour permette à des membres de nos Eglises d’accéder au ministère pastoral sans être titulaire d’un master en théologie ?  Saurons-nous créer d’autres types de ministères au service des

églises locales pour suppléer à l’absence durable de ministres ? Pourrions-nous imaginer des équipes de desservants, ou d’assistants de paroisses ou de diacres, sous l’autorité d’un pasteur ou d’un conseil presbytéral ? Pourrions-nous confier des

charges pastorales à des membres de nos églises engagés par ailleurs dans une vie professionnelle à temps partiel ?

Le conseil national a mis à l’agenda des synodes un débat sur les ministères en 2021. J’espère que ce débat ouvrira des possibilités nouvelles. De mon point de vue, c’est une nécessité !

Pour l’instant, nous faisons de notre mieux pour organiser des solidarités et soutenir les églises sans pasteur et je veux vraiment remercier ici tous ceux qui s’y emploient.

 

Une dynamique missionnaire… à poursuivre !

En 2016, le message que j’avais adressé au synode s’intitulait : Pour une dynamique missionnaire !

Ce message faisait suite à la conférence donnée devant le synode d’Angers en 2015 par le sociologue Jean-François Barbier Bouvet sur les ‘chercheurs de spiritualités’.

2016, c’était un nouveau synode, beaucoup d’entre vous siégeaient pour la première fois, et il me semblait important de nous donner un horizon pour les 4 ans de mandat : une dynamique missionnaire pour 4 ans, c’est à dire jusqu’en 2020.

Je reste fermement attaché à ce message aujourd’hui parce que je suis convaincu que nous avons besoin de cette dynamique qui nous pousse à penser notre témoignage en priorité pour ceux qui ne sont pas membres de nos églises et qui cherchent

le sens de leur vie.

L’équipe régionale pour la formation et l’évangélisation s’est mise au travail cette année.

Elle attend vos sollicitations. Elle est prête pour accompagner et soutenir des initiatives nouvelles, pour proposer des formations, pour soutenir des projets innovants et faire le lien avec la coordination nationale.

Cette dynamique missionnaire porte du fruit : nous la vivons à St Nazaire autour du ministère d’Eric Perrier, à Pontivy autour de Matt et Cathie Riley, à Lezay lorsque l’Eglise locale s’associe le 15 septembre au Word Clean Up Day, à Rochefort avec

l’exposition ‘Ce que je crois, je le dis’, à Quimper autour d’un culte témoignage, à St-Malo dans un culte partage-biblique, à Saumur dans un parcours Alpha, à Orléans avec le parcours (Re)découverte, à Nantes avec les cultes à 4 pattes pour les

familles avec des enfants de moins de 6 ans, à Moncoutant avec le groupe Aquasong’s pour la journée de rentrée, etc. etc.

Il nous faut poursuivre. Inventer des ‘fresh expression’, des activités nouvelles et inédites dans des lieux traditionnels avec le souci que des publics divers et nouveaux se rencontrent. Je vous renvoie au message de 2016.

Mais je suggère que chaque église locale prenne le temps, dans l’année 2019 – si elle ne l’a pas déjà fait -  de travailler sur ce que nous appelons les ‘projets de vie’.

Avec un double objectif : faire le point sur les forces et faiblesses de chaque église locale, c’est à dire regarder l’église locale en vérité : membres, locaux, fichiers, finances, groupes actifs et moins actifs, évolutions récentes et tendances etc.

Et faire émerger un axe de vie, un axe de témoignage pour guider le travail du conseil presbytéral.

Et si j’évoque l’année 2019, c’est précisément pour préparer le discernement et l’appel que nous adresserons à ceux que nous solliciterons en 2020 :

« Nous avons besoin de vous ! Voilà où nous voulons aller, et voilà pourquoi nous vous sollicitons ! ».

Si nous nous contentons de chercher des remplaçants pour de simples fonctions de gouvernance sans être capable de formuler un projet ni d’avoir une vision enthousiasmante et joyeuse pour le témoignage de l’Eglise locale, alors nul doute qu’il

nous sera de plus en plus difficile d’appeler et d’entraîner de nouveaux membres à notre suite.

Je cite ici une fois encore, le message d’Emmanuelle Seyboldt au Synode national : Quand nous affirmons « Jésus-Christ est le Seigneur », cette affirmation vient bouleverser notre vie toute entière, nos priorités, nos choix, notre manière d’être.

Prenez une église locale qui affirme que sa manière de comprendre l’Evangile la conduit à mettre l’accent sur l’accueil : si celui qui passe devant ce temple tous les jours pour aller au travail ne sait pas qu’il s’agit d’un lieu de culte et qu’il y serait

éventuellement le bienvenu, il y a encore du travail !

Une foi incarnée, une spiritualité incarnée : la foi invite à la cohérence !

(fin de citation)

Oui nous devons être capables de formuler une vision, un projet, des engagements concrets qui donnent sens à l’Evangile que nous annonçons.

Il y a tant de défis à relever. Et il y tant de sujets sur lesquels nos églises peuvent s’engager parce que l’Evangile dont elles témoignent entre en résonnance avec ces sujets…

L’écologie et la justice climatique, l’Exil et l’Etranger, l’identité, les questions bioéthiques, l’égalité des femmes et des hommes, la dépendance et l’accompagnement du grand âge, …

Chacun de ces thèmes est une ouverture sur le Monde, pour que nos églises, dans le concert des multiples convictions qui s’expriment, puissent apporter leur contribution en partageant avec le plus grand nombre des paroles de sens.

Et voilà que se dessine ici l’impérieuse nécessité de faire vivre toujours et encore ce patrimoine de l’humanité que constitue la Bible.

Parce qu’elle est à la fois une source inépuisable d’interpellations et de sens pour la vie, mais parce qu’elle est aussi le lieu privilégié de la rencontre avec le Dieu de Jésus-Christ !

Le protestantisme s’est toujours honoré de son enracinement dans les écritures bibliques.

Mais pourra-t-il durablement revendiquer cet enracinement alors même que depuis 10 ans nous mesurons un recul très fort et très significatif du nombre de protestants qui revendiquent une lecture personnelle de la Bible ? (Je vous renvoie à mon

message de l’année dernière !).

 

Cap sur la Bible !

Voilà pourquoi je me réjouis que le conseil national ait initié le lancement d’une dynamique d’encouragement à la lecture de la Bible.

Après ‘Ecoute Dieu nous parle’, après ‘Nos thèses pour l’Evangile’, après le 500e anniversaire de la Réforme, voilà donc une nouvelle occasion de creuser le sillon de notre identité protestante.

Ce n’est pas ‘un projet de plus’. Nous ne serons pas inondés de matériels et de propositions d’animations.

Il s’agit d’une dynamique d’encouragement. Une exhortation à porter particulièrement notre attention, dans notre vie d’Eglise, sur la lecture de la Bible. Et j’y vois une belle opportunité pour accompagner une dynamique missionnaire : c’est à dire

partager avec le plus grand nombre la joie de lire la Bible et d’y découvrir une parole qui fait sens pour aujourd’hui.

Nous vivons cette réalité dans nos cultes, dans notre catéchèse, dans nos journées d’églises, dans nos conseils presbytéraux, dans nos temps de formation, dans nos lieux de visite et d’aumônerie…

Nous partageons cette joie avec ceux qui sont engagés dans nos activités.

Les outils sont nombreux. Les initiatives innovantes pour la lecture biblique communautaire aussi.

Et nous devons particulièrement remercier sur ce point notre animateur biblique régional.

Mais une question reste : comment stimuler et soutenir la lecture personnelle de la Bible ? Comment redonner le goût de la lecture quotidienne de la Bible ? Et nous pensons ici particulièrement à ceux qui se tiennent à distance de nos activités.

Saura-t-on être suffisamment convaincants, imaginatifs et créatifs pour que les Bibles de famille qui dorment au fond des armoires reprennent vie ?

Saura-t-on trouver des idées originales pour que les textes de la Bible trouvent place dans la vie quotidienne des familles que nous connaissons ?

Et ce n’est pas seulement ou d’abord une question d’outils.

Ce qu’il nous faut partager, c’est la conviction que la lecture régulière de la Bible est une source intarissable pour aider chacun dans la relecture de sa vie, dans la compréhension du sens, et dans l’Ecoute de la Parole de Dieu.

Pour entrer dans cette dynamique, le conseil régional a décidé d’adresser à tous les foyers connus de la région Ouest, au début du temps de carême, l’évangile de Marc dans un format grand public. L’idée, c’est vraiment de mettre le texte biblique à

la portée de tous, dans une forme inhabituelle puisque chaque foyer recevra par la poste l’évangile de Marc comme un magazine avec une lettre d’accompagnement.

Pas de découpage en chapitres, pas de versets ni petites notes en bas de page à lire à la loupe. Des illustrations, des explications simples, un choix éditorial en lien avec la société biblique qui vise à désacraliser le texte biblique pour qu’il trouve

facilement sa place dans toutes les familles.

Pour une fois, nous ne solliciterons pas les foyers connus pour aller chercher de l’argent mais nous leur offrirons ce qui nous est cher.

Cette initiative n’est pas une fin en soi. Elle est un point d’appui pour accompagner la dynamique d’encouragement à la lecture de la Bible.

Sans le relai des églises locales, sans une amplification locale par des idées originales et de la créativité, ce projet perdra de son intérêt.

 

Notre champ de mission ? Les hommes et les femmes de notre temps !

Encore une fois, j’insiste : notre créativité ne doit pas s’exercer prioritairement dans la production d’outils, mais du côté de la rencontre personnelle avec le texte, de l’évènement qui permet l’écoute et la mise en discussion de la Parole de Dieu.

Notre champ de mission, ce sont toutes les occasions qui nous sont offertes chaque jour dans notre monde contemporain pour que le texte biblique prenne vie dans le dialogue avec la culture et l’histoire des hommes et que la voix de Dieu y soit

entendue.

Notre champ de mission, ce sont les hommes et les femmes dont nous nous approchons pour parler de l’espérance qui nous fait vivre.

Dans les temps compliqués que nous connaissons, avec des défis si nombreux pour préparer l’avenir de l’humanité, dans un environnement de replis identitaires qui se traduisent par des propositions politiques dont l’histoire porte la sinistre

mémoire, notre champ de mission, c’est aussi l’engament social, économique et politique.

Il ne s’agit ni de construire des discours partisans, ni de dire le bien et le mal dans une position de surplomb, ni de rechercher des audiences ou des appartenances nouvelles en nous honorant de telle prise de parole publique, rien de tout cela !

Il s’agit simplement d’exercer notre devoir de veille pour que notre témoignage soit cohérent avec la Parole de Dieu qui nous fait vivre.

Alors Cap sur la Bible !

Pour sonder toujours plus les écritures. Pour écouter toujours mieux la Parole de Dieu. Et pour rester toujours éveillés sous le chandelier du Christ.

« Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier » (Ps 119,105)

« On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier pour qu’elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison (Matt 5,15)

 

Guillaume de Clermont

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Publié le 16 novembre 2018

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