Eglise protestante unie de France

Région Parisienne

Une paroisse revitalisée

Comment une paroisse peut-elle se réorganiser après l’absence prolongée d’un pasteur ?
L’église de Boissy-Saint-Léger a une origine singulière. Caroline Delessert, veuve du Baron Hottinguer, réalisa en 1874 le projet qu’ils firent ensemble de construire un temple ouvert sur la ville de Boissy et les communes voisines, à côté de leur château du Piple et de l’École Nationale des Institutrices Protestantes. Le temple fut terminé en 1874, l’inauguration officielle eut lieu un an plus tard. Dès l’origine, ce temple fut mis à la disposition de l’Église réformée de France. En 2001, les descendants de la famille Hottinguer firent généreusement donation du temple et du parc attenant à l’ERF. Des atouts de charme L’église de Boissy bénéficie de trois avantages majeurs. Un beau temple de 250 places, élégamment ouvragé qui comporte une fresque sculptée par Auguste Bartholdi, douze ans avant la construction de sa statue de la liberté. Un parc de 15 000 m2, transformé en Association des jardins du temple, clos de murs, avec pelouses, terrains de sport et bois, lui conférant un exceptionnel espace de rencontre. La proximité du collège et lycée Bernard Palissy – établi sur les lieux même de l’ancienne École des Institutrices protestantes – aujourd’hui seul établissement privé protestant d’Ile-de-France. Face à ce triple potentiel, ont longtemps fait défaut la présence pérenne d’un pasteur et l’absence de presbytère. À ce jour, cela relève du passé puisque un presbytère a été construit et que la paroisse dispose d’un pasteur attitré depuis 2011, Thomas Keller. Pour lui, jeune ministre dont c’est le premier poste, son arrivée s’est faite sur une paroisse déjà bien structurée. Les paroissiens étaient par tradition fort impliqués, accoutumés à se prendre en charge, car habitués depuis plusieurs décennies à fonctionner sans pasteur dédié. L’arrivée d’un pasteur a toutefois été porteuse d’une extrême vitalité et a suscité un grand intérêt. Transformer plutôt qu’inventer L’église de Boissy s’est remobilisée autour d’objectifs clairs. Non pas tant en terme de nouvelles activités, mais en terme de besoin d’avoir enfin un animateur de vie d’église qui puisse structurer et créer du lien au sein d’une paroisse plus rassemblée. Les actions existantes ont été reprises, parfois repensées, et sont devenues plus régulières et plus ouvertes. Transformer plutôt qu’inventer. À titre d’exemple, les études bibliques ont mué vers objectif bible, une manière originale de soumettre chaque fois un nouveau texte à un travail d’exégèse afin d’en extraire un message. Dans ce cas il s’agit de délivrer une méthode et des outils. On peut également citer les Apéricultes, groupes de maison qui ont lieu tous les quinze jours chez un particulier pour les 18/35 ans ou bien Horizon-Espoir-Solidarité, l’association d’entraide qui désormais réunit ses compétences pour accompagner les demandeurs d’emploi. Une ouverture nouvelle Les paroissiens témoignent désormais de la multiplicité, de la meilleure organisation des activités proposées. L’église demeure plus ouverte vers l’extérieur. Elle accueille des concerts, l’Église malgache, les groupes de jeunes, les EEUdF dans le parc et elle entretient des relations œcuméniques de qualité avec l’église catholique et les amitiés judéo-chrétiennes de Sucy-en-Brie. Dans une paroisse étendue sur plus de vingt communes, comprenant une centaine de membres, le champ d’actions à mener reste vaste. Le pasteur Keller évoque les synergies potentielles accordées par la présence en un même lieu d’un temple, d’un parc et d’une école. Un vivier précieux à développer, même si en l’état actuel les capacités d’accueil sont limitées car le terrain n’est pas constructible, étant situé en périmètre protégé. Il semble loin le temps où d’aucuns pensaient que les paroisses avec ou sans ministre se valaient. À Boissy-Saint-Léger, les paroissiens témoignent du contraire, d’une église plus soudée, plus complète, plus recentrée et de toute évidence plus sereine. Oui, l’arrivée d’un pasteur est un facteur de revitalisation. Thierry Mourgue
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Publié le 10 avril 2013

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