Message de Pâques

Pâques, c'est donner la vie.

 

Pâques se termine par la résurrection.

Jésus-Christ passe de la mort à la vie. Cela apparaît  impossible et un conte de fées.

En fait, Pâques   c'est tout une semaine qui nous conduit des rameaux à Pâques avec  le passage par le Jeudi Saint, la célébration de la Cène, et le Vendredi Saint, la mort sur la croix.

Pâques c'est cet ensemble, d'un Christ que l'on cloue sur une croix à un Christ qui sort de la tombe.

Donc Pâques ne fait pas comme s’ il n'y avait pas des forces de mort, comme si il n'y avait pas des forces d'anéantissement dans le monde, dans nos vies.

Pâques n'est pas un conte de fées qui nous permettrait de nous endormir plus tranquillement.

Parce que les forces de mort ou d'anéantissement ont crucifié le Christ le Vendredi Saint, elles sont des réalités permanentes.

Dans chacune de nos vies on trouvera ces coins sombres, ces difficultés à vivre, des obstacles parfois majeurs.

On trouvera aussi les discours pessimistes ou nostalgiques. Avant c'était beaucoup mieux.

On trouvera aussi l'égoïsme comme valeur centrale, cardinale pour toute action, parce que de toute façon devant nous, c'est le néant. Nous sommes dans une culture qui n'a d'autres horizons que le néant.

Nos désillusions, nos soucis, les obstacles, le néant sont présents le vendredi saint. Pâques ne fait pas abstraction du tragique. Le vendredi saint avec sa cohorte de plaies existe pour nous tous.

 

Mais à Pâques nous est posé un acte, un évènement face à nos  Vendredi Saint.

Le penseur Malraux que l'ont connait par sa phrase "le XXIe  siècle sera religieux ou ne sera pas", disait aussi  "j'attends le prophète qui osera crier au monde "il n'y a pas de néant". Mais c'est le cri du Christ !!
Entre le Vendredi Saint et nous, s'interpose l'évènement de Pâques.

Et Pâques s'interpose à jamais entre Vendredi Saint et nous.

 

 La situation de Jésus  ne peut pas être plus grave :  il connait toutes les formes de déréliction, délaissé par son peuple,  il se sent abandonné de Dieu, et meurt.

Et Dieu entre dans cette mort, au plus profond de nos âmes ténébreuses, au creux de nos désespérances, au creux de nos enfers, et fait jaillir la résurrection.

 

Pâques c'est un démenti final, absolu au silence ou à la solitude des enfers. C'est une affirmation qu'en dépit de sa présence inévitable, souvent brutale, les différents obstacles,  y compris la mort, n'ont pas d'avenir, n'ont pas le dernier mot.

De façon la plus concentrée, la plus condensée, la plus ultime, Pâques c'est dire face au chaos qui nous entoure, face à l'abime du néant, il y a un lieu, un homme, un évènement, qui se donne en alternative ultime et qui affirme la supériorité, la victoire de la vie sur la mort.

 

On ne sait pas comment se passe les résurrections successives dans nos vies,  et on ne sait pas plus comment peut se passer  la résurrection après notre mort. Dans les  récits de résurrection contenus dans la Bible  le Christ n'est pas ressuscité dans les conditions de ce monde. Il n'est pas reconnu, ni par Marie, ni par ses disciples. On est là dans l'inexprimable, dans le royaume de Dieu, dans le mystère.

 

Pour autant, Pâques nous rejoint, et nous oblige à prendre position.

Soit nous décidons de témoigner de Pâques, soit de rester dans le Vendredi Saint.
Et cela transforme toutes nos vies.

Soit nous laissons pressentir une autre dimension que celle du néant, soit nous entrons dans ce cycle infernal de l'horizon fermé.

 

Laissons-nous habiter par l'Esprit de Pâques, celui qui renverse la table, renverse les tombeaux, celui qui ouvre l'horizon, qui va jusqu'à chercher aux enfers nos fardeaux et nos corps rigides.
Pâques rappelle la remontée du Christ de cet enfer. Il est vivant, il rend vivant ceux qui se laissent éclairer par la lueur de l'aube pascale. La résurrection brise la continuité d'une histoire selon la mort pour l'ouvrir à une autre lumière.

 

Pâques, c'est  le refus du néant, c'est l'assurance que la vie est plus forte que la mort, et cela  change nos relations dans notre quotidien, nos décisions, notre mental, cela change nos préoccupations. Pâques donne la vie. Elle donne la vie éternelle.

 

Pâques c'est dire non au néant. C'est donner la parole à la création, donner de la place aux gestes de résistances à toutes les formes de morts, que ce soit des disputes les plus simples, aux conflits les plus complexes.

 

Pâques, c'est cela : donner la vie.  C'est un parti pris, une foi, une conviction qui nous change de fond en comble. Joyeuses Pâques !

 

                                                                                                                                               Pasteur Alain Pélissier - Pdt du CR EPUDF Sud-Ouest

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
   
   
   
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Publié le 13 avril 2017